Le Royaume chérifien a frôlé un seuil symbolique en 2025. Avec 19,8 millions de touristes accueillis, le Maroc a réalisé une hausse de 14 % par rapport à 2024, selon les chiffres officiels du ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire. Cette performance place le pays aux portes des 20 millions de visiteurs sur une année, une première historique dans l’histoire du tourisme national.
Sur le terrain, cette progression ne se mesure pas seulement en millions de pas foulant nos médinas et nos plages. Elle se reflète aussi dans la vitalité retrouvée des souks de Marrakech, des remparts de Fès ou des côtes d’Agadir, où les hôteliers parlent d’occupation boostée et les commerçants d’une saison prolongée.
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Le ministère attribue ces chiffres à la mise en œuvre efficace de la Feuille de route du tourisme 2023-2026. Ce plan, engagé sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, mise sur plusieurs leviers concrets : extension des liaisons aériennes, structuration des capacités d’hébergement, promotion de destinations émergentes, diversification de l’offre et amélioration de la qualité des services.
L’impact économique est tout aussi significatif. À fin novembre 2025, les recettes touristiques ont atteint 124 milliards de dirhams, soit une progression de presque 19 % par rapport à 2024. Ce flux de devises qui se rapproche de 13,5 milliards de dollars conforte le tourisme comme un pilier stratégique de la croissance marocaine, générateur d’emplois et de développement territorial.
Il n’est pas rare, dans les couloirs des cafés de Rabat ou des lounges d’aéroports de Casablanca, d’entendre des entrepreneurs évoquer le tourisme comme la “nouvelle locomotive” de l’économie. À ce titre, des villes telles que Tanger, Agadir ou encore Ouarzazate voient leurs perspectives se densifier, avec des projets hôteliers, des circuits thématiques et des offres culturelles qui enrichissent l’expérience du visiteur tout en créant des emplois locaux.
Pour la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, ce cap franchi en 2025 ne se limite pas à une simple performance chiffrée. « L’accueil de près de 20 millions de touristes traduit une transformation profonde du secteur vers un tourisme plus performant, durable et générateur de valeur pour les territoires », a-t-elle souligné.
Mais ce tableau idyllique n’occulte pas des défis réels. Derrière la progression des flux, l’écosystème doit gérer une pression accrue sur les infrastructures, une demande croissante en services de qualité et l’impératif d’une croissance durable et inclusive. L’expérience touristique doit rester compétitive sans sacrifier l’environnement ni l’identité culturelle, ce qui requiert une coordination étroite entre les autorités, le secteur privé et les acteurs locaux.
Dans cette dynamique, l’ouverture vers de nouveaux marchés en particulier asiatiques, comme la Chine est perçue comme un levier essentiel pour élargir la base de visiteurs. Auprès de professionnels du secteur, on insiste sur la nécessité d’adapter l’offre en fonction des attentes spécifiques de ces clientèles lointaines, tant en termes d’expérience que de connectivité aérienne directe.
D’ici 2030, le Maroc s’est fixé un objectif ambitieux : accueillir 26 millions de touristes par an. Ce cap n’est pas qu’un nombre sur un tableau Excel. Il symbolise une volonté de s’inscrire parmi les destinations touristiques mondiales de référence, tout en consolidant l’impact économique local et en générant davantage de retombées positives pour les jeunes générations et les acteurs du tourisme national.
Dans ce contexte, les discussions autour de la prochaine stratégie nationale de tourisme au-delà de 2026 sont intenses. Les professionnels espèrent une feuille de route encore plus audacieuse, capable non seulement de poursuivre la croissance, mais aussi d’approfondir l’intégration du tourisme dans une vision de développement territorial équilibré.
Le cap des 20 millions de visiteurs en 2025 est plus qu’un record c’est un signal fort. Pour le Maroc, il s’agit désormais de transformer cet élan en un modèle de croissance qui profite à tous, aux confins des villes historiques comme dans les zones rurales, tout en affirmant sa place sur la scène touristique mondiale.












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