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Maroc gazier : vers une indépendance énergétique tangible à l’horizon 2026


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 3 Mars 2026

À force de patience et d’investissements stratégiques, le Maroc commence à voir poindre les premiers résultats palpables de sa politique d’exploration et de valorisation du gaz naturel. De Gharb à Tendrara, en passant par le large atlantique, le Royaume affine sa trajectoire énergétique. Pourtant, malgré des avancées réelles, de nombreux défis demeurent avant d’atteindre une production nationale significative capable de changer la donne énergétique du pays.



Le Maroc, longtemps dépendant quasi exclusivement des importations d’énergie fossile, se retrouve aujourd’hui à un tournant prometteur de son histoire énergétique. Pour la première fois, des volumes commercialement exploitables de gaz ressource jadis uniquement importée ou transitée commencent à s’additionner dans des bassins terrestres et maritimes. Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie plus large dirigée par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) visant à réduire la vulnérabilité énergétique du Royaume tout en soutenant un mix énergétique plus propre et plus autonome.

Sur le plan terrestre, le bassin du Gharb, au nord du pays, demeure la colonne vertébrale de la production actuelle. Exploité depuis des années, ce champ rejette aujourd’hui du gaz naturellement riche en méthane vers un tissu industriel dense autour de Kénitra. Plusieurs clients industriels – de l’automobile aux matériaux de construction – s’alimentent via un réseau de gazoducs qui s’étendent depuis ce bassin.
 

Le bassin d’Essaouira, source historique de gaz et de condensats depuis les années 1980, continue de jouer un rôle industriel significatif, notamment pour les activités de l’Office Chérifien des Phosphates à Youssoufia où le gaz alimente des unités de séchage et de calcination.
 

Mais c’est bien dans l’Oriental, au site de Tendrara, que se profile l’événement gazier majeur du Royaume. Après plusieurs années de travaux d’exploration et de développements techniques, le projet entre dans une phase décisive. Fin 2025 et dans le courant de 2026, les premiers volumes de gaz collectés via le système de gazéification micro‑LNG devraient alimenter les industries locales, marquant la première production de GNL national.
 

Ce jalon est d’autant plus important qu’il symbolise une évolution concrète : passer de la simple présence de gaz dans le sous‑sol à une exploitation qui fait sens pour l’économie marocaine. Les capacités envisagées – même modestes à leurs débuts – ouvrent la voie à un approvisionnement plus résilient pour les unités industrielles, tout en réduisant progressivement la dépendance aux importations, souvent coûteuses et soumises aux aléas des marchés internationaux.
 

Plus au large, le potentiel offshore au niveau de Lixus, notamment autour du gisement d’Anchois, attire aussi l’attention. Bien que les résultats des forages aient parfois été jugés inférieurs aux attentes en termes de volumes, les indices recueillis incitent encore à la patience et à l’exploration accrue dans ces zones océaniques.
 

Malgré ces avancées encourageantes, l’essor gazier marocain reste confronté à des défis structurels. L’exploitation, le transport et le stockage de gaz naturel exigent des investissements colossaux et des partenariats solides avec des compagnies nationales et internationales. L’ONHYM multiplie ces alliances, avec aujourd’hui plus d’une dizaine de partenaires, afin de partager risques et expertises en exploration et production.
 

Parallèlement, des bassins périphériques comme ceux de Zag, Boudenib, Missour, Doukkala ou Tadla continuent de révéler des indices prometteurs qui pourraient, à terme, enrichir le portefeuille gazier national.
 

Mais au‑delà de la ressource elle‑même, c’est aussi l’infrastructure qui fait débat. La transformation du gazoduc Maghreb‑Europe, récupéré par l’ONHYM après l’expiration d’un accord trilatéral, en un axe fiable de transit et de distribution illustre l’effort continu de sécurisation de l’approvisionnement. Cette démarche a rendu possible le fameux reverse flow – l’acheminement de gaz depuis l’Espagne vers le Maroc – garantissant la continuité de l’alimentation nationale après l’arrêt unilatéral de transit en 2021.
 

En définitive, le Maroc amorce sa trajectoire vers une production nationale de gaz significative. Les succès de Tendrara symbolisent une étape historique, mais le chemin vers une autonomie énergétique durable reste long. L’enjeu n’est plus seulement d’extraire, mais de structurer un écosystème énergétique robuste, capable d’intégrer ce gaz à une économie marocaine en pleine mutation et consciente de ses ambitions climatiques et industrielles.
 

À l’heure où le monde redessine ses chaînes énergétiques, le Maroc n’est plus simple spectateur. En s’appuyant sur ses potentialités gazières, il bâtit, pas à pas, les fondations d’une indépendance énergétique plus affirmée, au service de sa croissance et de la résilience de son économie.






Mardi 3 Mars 2026

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