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Maroc : la réforme territoriale décolle avec la loi 64.23 sur l’urbanisme et l’habitat


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 10 Février 2026

Adopté le 20 janvier 2026 par la Chambre des représentants, le projet de loi n° 64.23 ouvre un nouveau chapitre pour l’aménagement du territoire au Maroc. Cette réforme porte sur la création de 12 Agences régionales d’urbanisme et d’habitat, qui ambitionnent de restructurer en profondeur la gouvernance territoriale, d’adapter l’urbanisme aux réalités locales et de soutenir l’investissement. Pour un pays confronté à une urbanisation rapide et à des défis de cohésion sociale et territoriale, cette loi pourrait changer la manière dont les projets se conçoivent, se pilotent et se réalisent.



Dans un contexte où la régionalisation avancée est au cœur des priorités publiques, cette initiative s’inscrit dans un long processus de réformes impulsé par le Roi Mohammed VI et le gouvernement marocain depuis plusieurs années. Divers discours royaux et orientations stratégiques ont souligné la nécessité d’une réforme en profondeur du secteur public, pour corriger les dysfonctionnements persistants et moderniser la planification territoriale.
 

La genèse de cette réforme remonte à juin 2025, lorsque le Conseil du gouvernement a approuvé le projet de loi n° 64.23, présenté par Fatima Ezzahra El Mansouri, alors ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Ce texte ne se contente pas de créer de nouvelles structures : il vise à redéfinir complètement les missions, les compétences et la gouvernance des agences régionales qui se substitueront progressivement aux anciennes agences urbaines.
 

L’un des apports les plus concrets de la loi est la centralisation des décisions régionales. Chaque agence disposera de la personnalité morale et de l’autonomie financière, avec un périmètre d’intervention calqué sur les contours administratifs de chaque région. Elles pourront également créer des représentations à l’échelle préfectorale ou provinciale, afin de rester connectées aux réalités du terrain.
 

Sur le plan pratique, ces agences auront plusieurs missions clés : définir une vision intégrée de la planification territoriale, harmoniser les pratiques d’urbanisme, sécuriser juridiquement les projets, accompagner les investisseurs et faciliter l’accès au logement. Il s’agit là d’une réponse structurée à ce que de nombreux spécialistes et acteurs locaux qualifient d’« éclatement des responsabilités » dans le système d’urbanisme actuel, caractérisé par une multiplication des acteurs, des règles variables selon les territoires et des procédures complexes ralentissant les projets.
 

Ce renouvellement trouve son importance aussi du point de vue économique et social. En offrant un interlocuteur unique et une expertise régionale consolidée, les agences se positionnent comme des facilitateurs d’investissement. Pour les entreprises, mais aussi pour les collectivités locales, il s’agit d’un gage de prévisibilité : ils pourront s’appuyer sur une structure compétente pour anticiper les contraintes techniques, réduire les retards et optimiser les ressources. Cette dimension est d’autant plus cruciale qu’au Maroc, les défis liés à la production de logements, aux infrastructures et à l’aménagement équilibré s’intensifient sous la pression démographique et des mutations urbaines.
 

Au-delà du volet technique et administratif, la loi 64.23 s’inscrit dans une logique de justice territoriale. L’un des objectifs affirmés est de dépasser la concentration excessive des efforts sur les grandes villes pour mieux intégrer les zones rurales et périurbaines, souvent confrontées à des défis tels que l’habitat insalubre ou le manque de services de base. Cette orientation est en phase avec les aspirations d’une jeunesse marocaine qui attend une action publique plus lisible, réactive et inclusive.
 

Comme toute réforme ambitieuse, le chantier ne s’arrête pas à l’adoption de la loi. La mise en œuvre effective de ces agences demeure l’enjeu majeur. Pour que ces structures jouent pleinement leur rôle, elles devront combiner expertise technique, proximité avec les acteurs locaux et capacité d’anticipation stratégique. Sans ces éléments, la régionalisation avancée risque de rester un concept plutôt qu’une réalité tangible sur le terrain.
 

La loi n° 64.23 est ainsi plus qu’un texte juridique : elle reflète la volonté du Maroc de repenser son aménagement du territoire pour le rendre plus cohérent, plus juste et mieux adapté aux défis du XXIᵉ siècle. 






Mardi 10 Février 2026

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