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Maroc, puissance minérale stratégique : de l’exportation brute au cœur des chaînes mondiales de valeur


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 9 Février 2026

Au fil des dernières années, le Maroc a affirmé sa place non seulement comme détenteur de vastes réserves de ressources essentielles, mais aussi comme un acteur désireux de transformer ces richesses en leviers de développement industriel. Cette dynamique s’est récemment illustrée à Washington, où, face aux grandes puissances, le Royaume a posé de nouvelles ambitions pour son avenir économique et sa contribution aux chaînes d’approvisionnement mondiales.



À Washington, au siège du Département d’État des États-Unis, la présence diplomatique marocaine n’a pas été anodine. Le 4 février, lors d’une réunion ministérielle dédiée aux minerais stratégiques, sous l’égide du secrétaire d’État américain Marco Rubio, le Maroc n’a pas seulement rappelé l’étendue de ses ressources, il a surtout précisé ses intentions : passer d’un rôle de simple exportateur à celui de partenaire industriel de premier plan dans les technologies d’avenir.
 

Dans le sous-sol marocain se nichent des trésors que le monde industrialisé recherche avec impatience. Avec environ 70 % des réserves mondiales de phosphates, soit près de 50 milliards de tonnes, le Royaume détenait déjà une carte maîtresse dans le jeu mondial des fertilisants indispensables à la sécurité alimentaire planétaire. Mais au-delà du phosphate, se trouvent du cobalt de haute pureté, du cuivre, du manganèse, du zinc, du plomb, de l’argent et des terres rares ces dernières indispensables aux moteurs électriques, aux aimants ou aux piles modernes.
 

Ce constat n’est pas purement rhétorique. Des constructeurs mondiaux de la mobilité électrique, de Tesla à Renault ou BMW, suivent de près les projets marocains, sensibles à la traçabilité éthique du cobalt local, un facteur de plus en plus clé pour les chaînes de production responsables.
 

Cela dit, la richesse n’est pas encore pleinement convertie en puissance industrielle. Une grande partie des ressources est toujours exportée sous forme brute ou semi-traitée, ce qui expose l’économie marocaine aux cycles des prix mondiaux et limite sa capacité à capter la valeur ajoutée. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) alerte déjà : sans une feuille de route robuste pour la transformation locale, le pays risque de stagner dans un rôle subalterne.
 

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, l’a rappelé à Washington avec force : « il ne s’agit pas seulement d’extraire, mais de valoriser ». Pas uniquement des phosphates pour l’agriculture, mais des composants de plus en plus sophistiqués tel le phosphate pour batteries LFP, ou d’autres intrants des technologies vertes.
 

Pour les experts marocains, cette vision n’est pas un simple slogan. Il faut traduire cette stratégie en investissements tangibles : centres de transformation, usines spécialisées, plateformes technologiques et réformes incitatives. Selon des sources gouvernementales, l’objectif est d’augmenter significativement les revenus des autres minerais stratégiques, aujourd’hui évalués à environ 6,5 milliards de dirhams, pour les hisser à 15 milliards d’ici 2030.
 

Cependant, tout n’est pas rose. Le potentiel des terres rares, souvent cité comme un atout sur le long terme, reste encore largement inexploité. Malgré des indices prometteurs, notamment dans le Haut Atlas et le Sud, des investissements colossaux en technologie, capacité de transformation et recherche sont requis pour rendre ces ressources opérationnelles.
 

Dans ce contexte, le Maroc est à un carrefour. Le défi est double : consolider sa sécurité alimentaire mondiale via le phosphate, tout en s’imposant comme un acteur clé des technologies propres. Les retombées économiques et sociales pour le pays seraient immenses, allant de l’emploi hautement qualifié à la diversification industrielle. Et surtout, pour un pays jeune et tourné vers l’avenir comme le Maroc, c’est une opportunité de plus d’asseoir sa place sur la scène internationale, d’attirer des investissements responsables et d’encourager une croissance inclusive.

Alors que les grandes puissances redéfinissent leurs stratégies d’approvisionnement en minéraux critiques, le Maroc, riche de son histoire et de ses ressources, a l’occasion de faire un saut qualitatif. Ce n’est plus seulement une question de richesse géologique, mais de vision économique et de capacité à transformer ses atouts en croissance durable pour aujourd’hui et pour les générations à venir. 






Lundi 9 Février 2026

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