L'ODJ Média

Portail L'ODJ Média



Maroc : quatre secteurs concentrent 66 % des échanges étrangers à la Bourse en 2024


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 9 Décembre 2025

Les investisseurs étrangers continuent d’afficher des choix sectoriels très ciblés sur le marché actions marocain. D’après le rapport 2024 de l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), quatre secteurs seulement banques, bâtiment & matériaux, distribution, et télécommunications représentent à eux seuls 66 % du volume transigé par des étrangers sur le marché actions en 2024. Le secteur bancaire domine nettement avec 31,2 % des échanges étrangers. Vient ensuite le secteur « Bâtiment et Matériaux de Construction », à hauteur de 13,3 %, puis le secteur « Distributeurs » (11,6 %) et enfin les télécommunications (9,8 %).



Un intérêt concentré et des mouvements marqués.

Derrière ces pourcentages, des évolutions frappantes. Le secteur bancaire, par exemple, a vu le volume transigé passer de 2,1 milliards de dirhams (MMDH) en 2023 à 2,5 MMDH en 2024. Même dynamisme dans le BTP/Matériaux : les échanges sont passés de 392 millions de dirhams à 1,1 MMDH un bond significatif. 
 

Ces chiffres révèlent une préférence nette des investisseurs étrangers pour des valeurs « classiques », perçues comme stables ou à rendement certain plutôt que pour des secteurs plus volatils ou émergents. Ce comportement illustre une stratégie prudente, orientée vers le rendement, la stabilité et peut‑être un repositionnement post‑crise.


Une prudence marquée des étrangers malgré l’embellie générale

Pourtant, si ces quatre secteurs captent l’essentiel des volumes étrangers, les étrangers dans leur ensemble ne pèsent pas lourd dans l’ensemble des échanges. Selon l’AMMC, en 2024, la part des investisseurs étrangers dans le volume global transigé sur le marché central reste modeste, autour de 5 % en recul de 5 points par rapport à 2023. 
 

Paradoxalement, la valeur des actions détenues par les investisseurs étrangers a grimpé à 182 milliards de dirhams, +7,8 % sur un an, tirée par la hausse de l’indice de la Bourse de Casablanca qui a gagné +22,16 % en 2024. 
 

Ce constat révèle une logique : moins d’opérations, mais des positions plus longues, davantage de conservation. Les étrangers semblent privilégier l’investissement de moyen/long terme, misant sur l’appréciation de leurs portefeuilles plutôt que sur un trading actif.


Pourquoi cette concentration ?

Plusieurs raisons peuvent l’expliquer :

  • Liquidité et visibilité : banques, BTP, distribution, télécoms sont des secteurs bien établis, avec des titres liquides et un historique de résultats, rassurant pour les investisseurs étrangers.

  • Performance macro‑économique : la reprise économique post‑pandémie, la dynamique de la construction et les besoins en infrastructures peuvent rendre le BTP attrayant. Quant aux banques ou télécoms, elles bénéficient d’un portefeuille de clients large, ce qui offre une certaine résilience.

  • Rendement et dividendes : ces secteurs sont souvent perçus comme versant des dividendes réguliers, un critère prisé quand on cherche la stabilité.
     

    Ce profil d’investissement concentré sur quelques secteurs montre que le marché reste bien segmenté, structuré autour de piliers historiques. Pour les étrangers, le risque est limité. Mais cela révèle aussi un manque relatif de diversification : des secteurs comme l’industrie, les nouvelles technologies, les services innovants ou les PME émergentes semblent moins captiver les flux étrangers.

    Pour le Maroc, c’est un signal : l’appel à un développement plus large, à une diversification des secteurs cotés, et à l’ouverture vers l’économie de la connaissance. Cela pourrait attirer un type d’investisseur différent plus orienté croissance, innovation, et long terme.

    L’analyse du rapport 2024 de l’AMMC montre un marché actions marocain où l’argent étranger circule de façon concentrée : quatre secteurs dominent deux tiers des échanges. Cela reflète à la fois une préférence pour la sécurité et la stabilité, et une certaine timidité à s’aventurer dans des segments plus risqués ou innovants. Pour le Maroc, le défi est clair : stimuler la diversification, rendre attractives de nouvelles niches, et élargir le pactole au-delà des valeurs traditionnelles. Ce serait un pas vers un marché capital plus inclusif et un signal d’espoir pour les investisseurs marocains et internationaux attirés par l’avenir du Royaume.






Mardi 9 Décembre 2025

Breaking news | Plume IA | Analyses & Finance & Bourse | Communiqué de presse | Gaming | Eco Business | Digital & Tech | Santé & Bien être | Lifestyle | Culture & Musique & Loisir | Sport | Auto-moto | Room | L'ODJ Podcasts - 8éme jour | Les dernières émissions de L'ODJ TV | Last Conférences & Reportages | Bookcase | LODJ Média | Avatar IA Live


Avertissement : Ces analyses sont fournies à titre purement informatif et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Elle a été réalisée par la rédaction de L'ODJ Média, sur la base des données publiées par la société et des tendances du marché. Les investisseurs sont invités à effectuer leurs propres recherches et à consulter des experts financiers avant toute prise de décision.


Bannière Lodj DJ

Bannière Réseaux Sociaux




News Finance & Bourse

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html

Last publication

Parution de L'Eco Business du 26 janvier 2026

L’heure de vérité pour l’État marocain : Évaluer pour ne plus subir

Ce numéro d'Eco Business du 26-01-2026 analyse la transformation profonde de l'État marocain vers une culture de la performance et de l'évaluation. Bien que la Constitution de 2011 et la Loi Organique des Finances imposent désormais une obligation de résultats, le texte souligne un paradoxe bureaucratique persistant. L'administration semble freinée par des habitudes rigides, un manque de données fiables et une digitalisation parfois superficielle. Le dossier explore également les défis de la fonction publique, l'influence des rapports du FMI et le nouveau rôle stratégique de la Cour des Comptes. Enfin, un appel à la mobilisation est lancé à travers une Charte pour la Jeunesse, visant à renforcer les droits et les attentes des nouvelles générations.


À feuilleter en ligne sans modération, la version PDF à télécharger ci-dessus







Vos contributions
LODJ Vidéo