Il y a des années charnières. 2025 en fait visiblement partie pour Marsa Maroc. Réuni le 17 mars 2026, le conseil d’administration a arrêté des comptes qui traduisent une dynamique à la fois robuste et maîtrisée.
Le chiffre d’affaires consolidé s’établit à 5,78 milliards de dirhams, en hausse de 16 % par rapport à 2024. Une progression qui s’explique d’abord par l’augmentation des volumes traités dans les ports opérés par le groupe. Mais pas uniquement. En coulisses, l’opérateur affine son modèle en élargissant son offre de services logistiques, un levier discret mais de plus en plus stratégique dans un secteur en mutation.
Cette évolution se reflète dans la rentabilité. L’Excédent brut d’exploitation atteint 3,19 milliards de dirhams, en progression de 22 %. Autrement dit, Marsa Maroc ne se contente pas de croître : il améliore aussi sa capacité à générer de la valeur. Une performance qui renvoie à des efforts continus d’optimisation opérationnelle, souvent invisibles mais déterminants.
Le signal le plus marquant reste toutefois le résultat net part du groupe, qui grimpe à 1,59 milliard de dirhams, en hausse de 25 %. Dans un environnement logistique international encore sous tension, cette capacité à convertir la croissance en bénéfice tangible témoigne d’un certain degré de maturité.
Dans le même temps, le périmètre du groupe évolue. Deux nouvelles entités intègrent la consolidation en 2025. D’une part, West Med Container Terminal, chargée de l’exploitation du terminal à conteneurs Est du port Nador West Med, détenue à 50 % plus une action. D’autre part, Marsa Maroc International Logistics, filiale à 100 % pensée pour accompagner l’expansion à l’international et piloter les participations du groupe.
Ces mouvements ne sont pas anodins. Ils s’inscrivent dans une stratégie plus large d’ouverture et de montée en gamme. Marsa Maroc multiplie, en parallèle, les partenariats structurants : avec TIL et CMA CGM pour les terminaux à conteneurs de Nador West Med, ou encore avec Boluda Towage pour les activités de remorquage et d’assistance portuaire.
À cela s’ajoute une alliance avec Boluda Corporación Marítima. Une opération qui, une fois finalisée, permettra à sa filiale MMIL de détenir 45 % de Boluda Maritime Terminals. De quoi élargir sensiblement le périmètre opérationnel du groupe, désormais présent dans 34 terminaux répartis sur 20 ports.
Derrière cette expansion, l’investissement reste un pilier central. Marsa Maroc déploie un programme ambitieux de près de 21 milliards de dirhams sur la période 2025-2030, dont 2,4 milliards déjà engagés en 2025. À court terme, 4,4 milliards de dirhams sont mobilisés pour moderniser et étendre les capacités portuaires, notamment à Casablanca et Jorf Lasfar. L’objectif est clair : renforcer la compétitivité de l’offre portuaire nationale dans un contexte de concurrence accrue.
Le financement de ce programme repose sur un équilibre entre endettement, génération de cash-flow et contributions des partenaires dans les projets conjoints. Une approche pragmatique, qui permet de soutenir l’expansion sans fragiliser les fondamentaux financiers.
En ligne avec ces performances, le conseil d’administration proposera la distribution d’un dividende de 11 dirhams par action au titre de l’exercice 2025, en hausse de 16 %.
Au fond, Marsa Maroc semble avoir trouvé un point d’équilibre entre croissance, rentabilité et projection internationale. Une trajectoire cohérente avec les ambitions portuaires du Maroc, où l’infrastructure devient un levier clé de compétitivité économique.












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