Selon Brian Moynihan, président-directeur général de Bank of America, près de la moitié de l’activité économique générée par le Mondial, estimée à environ 40 milliards de dollars, aurait été réalisée aux États-Unis, soit un impact évalué à 20 milliards de dollars.
Cette estimation correspond toutefois à l’activité économique globale générée par l’événement et non à un bénéfice net. Elle ne prend pas en compte l’ensemble des dépenses engagées par les autorités publiques et les acteurs privés pour la sécurité, les transports ou encore les infrastructures.
La restauration et l’hôtellerie en première ligne
Le tournoi a stimulé la consommation dans plusieurs secteurs. Bank of America relève une hausse annuelle de 6,3 % des dépenses effectuées par carte bancaire en juin, soit la progression la plus importante enregistrée depuis plus de quatre ans. La banque précise néanmoins qu’une partie de cette augmentation est également liée à des campagnes commerciales indépendantes de la compétition.
Dans les villes hôtes, les dépenses dans les restaurants et les bars ont progressé plus rapidement que dans le reste du pays. Selon des données relayées par Reuters, elles ont augmenté de 5,3 % sur les trois semaines précédant le 27 juin, contre 3,8 % ailleurs aux États-Unis. Ces chiffres n'intègrent toutefois pas les paiements réalisés avec des cartes bancaires étrangères, ce qui laisse penser que l’impact réel pourrait être supérieur.
Le secteur hôtelier s’impose comme le principal gagnant du Mondial. Les revenus par chambre disponible ont progressé de 23 % durant les phases à élimination directe.
Parmi les villes les plus performantes figure San Francisco, où le revenu par chambre disponible a bondi de 55 %, les tarifs moyens de 32 % et le taux d’occupation de 17 % sur un an. Toutefois, le cabinet CoStar souligne que plusieurs grands congrès organisés au même moment ont également contribué à ces performances.
À Philadelphie, les recettes hôtelières ont augmenté de plus de 50 % pendant les journées de compétition, avec un prix moyen de la nuit atteignant 367 dollars. Arlington (Texas) a enregistré un record historique de 31 millions de dollars de recettes hôtelières en juin, tandis qu’à Atlanta, les revenus ont progressé d’environ 15 %, principalement grâce à la hausse des prix plutôt qu’à une augmentation de la fréquentation.
Des bénéfices très variables selon les villes
L’impact économique n’a toutefois pas été uniforme. Selon CoStar, seules trois des onze villes hôtes américaines – San Francisco, Dallas et Los Angeles – ont enregistré une hausse de leur taux d’occupation hôtelier au cours des deux premières semaines du tournoi.
À New York, les prévisions ont été revues à la baisse. L’Association des hôtels estime désormais les retombées supplémentaires à 100 millions de dollars, contre 300 millions initialement attendus. Certains établissements n’ont enregistré qu’une progression de 15 % de leurs recettes.
Houston a même connu une baisse de 2 % de son taux d’occupation, malgré une augmentation de 16 % des tarifs hôteliers, illustrant les limites d’une stratégie reposant essentiellement sur la hausse des prix.
Les effets sur le marché du travail restent également limités. Alors que certains économistes anticipaient la création de près de 40 000 emplois, Reuters indique qu’aucun impact significatif n’était encore observable début juillet.
Une audience record pour la finale
C’est sur le plan médiatique que le succès des États-Unis est le plus spectaculaire. La finale entre l’Espagne et l’Argentine a réuni près de 63 millions de téléspectateurs sur Fox, Telemundo et Peacock, contre 22,3 millions lors de la finale du Mondial 2022 au Qatar.
À elle seule, Fox a attiré 38,9 millions de téléspectateurs. Cette audience exceptionnelle a permis aux tarifs publicitaires de dépasser un million de dollars pour certains spots de 30 secondes lors des rencontres à élimination directe. Selon plusieurs estimations, la chaîne aurait généré au moins 250 millions de dollars de recettes publicitaires grâce aux seules pauses d’hydratation.
Si les États-Unis ressortent comme les grands gagnants économiques de la Coupe du monde 2026, devant le Canada et le Mexique, les bénéfices du tournoi demeurent concentrés sur certains secteurs, notamment l’hôtellerie, la restauration et l’audiovisuel. Les véritables retombées financières ne pourront toutefois être évaluées qu’après la publication des données officielles intégrant le coût global de l’organisation.












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