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Mondial 2026 : une Afrique en progrès, entre performances, ambitions et nouveaux défis


Par Bargach Larbi.

La Coupe du Monde n’est pas qu’une compétition sportive destinée à la confrontation entre les nations. C’est un concept dans lequel cohabitent plusieurs dimensions. Le contenu sportif est bien évidemment prioritaire, mais d’autres aspects, financiers, géopolitiques, psychologiques ou liés à l’image et à la notoriété du pays ou du régime en place, ont toute leur importance.



L’Afrique, de plus en plus influente dans les instances internationales, a réussi à gratter quelques places dans le nouveau format à 48 équipes, expérimenté lors du Mondial en cours aux USA, au Mexique et au Canada.

Bargach Larbi
Bargach Larbi
Cette évolution n’est pas sans conséquence. Jadis petites nations, les équipes africaines étaient inconditionnellement soutenues par l’ensemble de l’Afrique. En grandissant, ces équipes suscitent aujourd’hui un sentiment de jalousie que les réseaux sociaux démultiplient.

Ce sentiment, inquiétant, peut très vite disparaître et se transformer en fierté partagée si les équipes participantes continuent à briller. C’est ce qu’il faut espérer : les conflits et rivalités entre régimes n’y feront rien. Un beau parcours est un beau parcours et il sera salué par tous.

En 2026, dix équipes ont participé à la phase de groupes et neuf d’entre elles se sont qualifiées pour les seizièmes de finale.

Dans cette nouvelle étape, seule la victoire compte, quelle que soit sa forme. Sur ce registre le résultat a été douloureux pour le continent. Seules deux équipes, le Maroc et l’Égypte, ont réussi à se qualifier pour le tour suivant, et encore à l’issue de l’épreuve des penalties.

Elles portent désormais, malgré les réseaux sociaux, l’espoir de tout un continent. Sur 39 matchs joués, l’Afrique a remporté 10 victoires, réalisé 2 matchs nuls et a été défaite 17 fois. Ses attaquants ont marqué 48 buts et en ont encaissé 59.

Sans la Tunisie, qui réalise l’un des pires parcours de l’histoire des participations africaines, les statistiques s’améliorent de façon considérable : 10 victoires, 12 nuls et 14 défaites, et surtout 46 buts pour et 47 contre, soit un goal-average tout à fait honorable de (-1).

Vu sous cet angle, les résultats obtenus par l’Afrique sont pour le moins en progression par rapport aux éditions précédentes. Ils améliorent le positionnement africain.

Dans un premier bilan, à affiner au fur et à mesure, on peut dire que :

- Le Maroc et l’Égypte, les deux pays encore en course, sont les plus belles satisfactions de la CAF. Les deux sélections ont largement mérité de passer en huitième. Le Maroc, en imposant une identité de jeu spectaculaire, devient le premier pays africain avec le statut de favori sur des matchs à élimination directe.

Ce sera ce soir face au Canada. Un statut dangereux qu’il faudra gérer avec intelligence et respect de l’adversaire. L’Égypte, en jouant sur ses qualités, son envie d’en découdre, ainsi que sur la technique et l’expérience de ses joueurs.

Les deux sont invaincus à ce stade, avec un goal-average positif de +3 pour le Maroc et de +2 pour l’Égypte. 

- Le Cap-Vert, meilleur parcours de l’histoire africaine pour une première participation, aurait mérité un meilleur sort. Les petites vexations de l’arbitre du match, très conciliant avec l’Argentine, n’ont pas suffi à les déstabiliser. Il faudra compter avec eux à l’avenir. Ce pays justifie à lui seul l’élargissement de la compétition à 48 équipes.

- La Côte d’Ivoire et la République du Congo réalisent un très beau parcours. Elles n’ont pas suffisamment cru en leur chance et ont été victimes d’un reliquat de naïveté propre aux équipes généreuses.  

- Le Sénégal aurait pu être l’une des grosses surprises de ce tournoi. L’équipe nationale du Sénégal a tous les ingrédients d’une grande équipe. Elle est malheureusement desservie par une gouvernance non conforme aux standards de la bonne gestion. C’est factuel et repris par des médias sénégalais, à partir des propos d’un de ses meilleurs joueurs, qui a décidé de quitter la sélection tant que le staff reste en place.

- L’Algérie a déçu ceux qui croyaient en ses capacités à réaliser une belle Coupe du monde. Face à la Suisse, tous les défauts de l’équipe sont apparus au grand jour. Depuis 2022, et la sortie au premier tour de la CAN, les Fennecs ont un peu perdu leur statut de grands d’Afrique. La sélection algérienne vit encore dans la nostalgie de la brillante génération de Belmadi. Elle va probablement tourner la page et aborder un nouveau cycle, meilleur.

- L’Afrique du Sud et le Ghana sont restés en deçà de ce que l’on pouvait attendre de leur effectif et de leur expérience. On n’a plus le droit, en tant qu’Africain, de considérer que l’essentiel est de participer. C’est le ressenti qui prévaut après leurs prestations.

- La Tunisie, enfin. Par respect pour mes nombreux amis tunisiens, je ne ferai pas de commentaire, sauf celui de dire que je ne reconnais plus les Aigles de Carthage.

- Un pays a manqué à l’Afrique : le Nigeria et ses brillants attaquants. C’est bien dommage. En football, il n’y a que le résultat qui compte. C’est la source de toutes les émotions. Les résultats positifs enregistrés par les équipes africaines ont changé les mentalités.

De simples spectateurs les Africains sont devenus acteurs. C'est une belle progression.  Elle est insuffisante Ils doivent aspirer à prendre les premiers rôles. Pour cela ils doivent voir grand. Le Maroc en postulant à l'organisation de la Coupe du monde, en construisant un des centres d'entraînement les plus modernes et en améliorant sa gouvernance a montré le chemin.

C'est la voie à choisir en l'améliorant.  Ceux qui ont choisi la voie des Réseaux sociaux pour dénigrer seront très vite déçus. C'est une impasse. L'émulation a toujours donné de meilleurs résultats que la rivalité stérile. La persévérance, qui consiste à rechercher les meilleures solutions aux problèmes, est bien plus indiquée que l'acharnement qui consiste à répéter à l'infini les mêmes erreurs.

Dima Maghrib.

Bargach Larbi.



Lundi 6 Juillet 2026


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