Le football marocain continue de susciter l’admiration à l’international. Depuis São Paulo, l’ancien défenseur brésilien Cafu a livré son regard sur les perspectives du Royaume à l’approche du Mondial 2030, lors d’un entretien accordé à la MAP avant son départ pour Casablanca.
Double champion du monde avec le Brésil en 1994 et 2002, Cafu est le seul joueur de l’histoire à avoir disputé trois finales consécutives de Coupe du monde, en 1994, 1998 et 2002. Fort de cette expérience, l’ancien capitaine de la Seleção voit dans la trajectoire du Maroc les signes d’une ambition construite sur la durée.
« Après la demi-finale de 2022, le Maroc se projette déjà vers 2030 », observe-t-il, mettant en avant le potentiel du pays et les investissements consentis ces dernières années. « Tout est en place pour une Coupe du monde magnifique », estime-t-il.
Une ambition portée par la formation
Pour Cafu, le parcours des Lions de l’Atlas au Mondial 2022 au Qatar a marqué une étape importante dans l’évolution du football marocain. Au-delà du résultat, il retient surtout la maturité tactique et la confiance affichées par les internationaux marocains.
« Ce qui m’impressionne le plus, c’est la maturité des Marocains dans le jeu actuel. Ils savent ce qu’ils valent et qu’ils peuvent rivaliser d’égal à égal avec l’élite mondiale », souligne-t-il.
Cette progression s’appuie notamment sur les efforts déployés en matière de formation. L’Académie Mohammed VI de football, qui a contribué à l’émergence de joueurs comme Azzedine Ounahi, Youssef En-Nesyri et Nayef Aguerd, illustre cette stratégie de développement des talents.
Le sacre de la sélection marocaine U-20 lors de la Coupe du monde au Chili, face à l’Argentine, constitue également un signal encourageant pour l’avenir. Cafu voit dans cette génération une nouvelle source de fierté pour le Royaume.
Humilité, respect et éducation : le message aux jeunes
Au-delà des infrastructures et des résultats sportifs, l’ancien capitaine brésilien insiste sur les valeurs qui accompagnent la réussite. Pour lui, représenter son pays lors d’une Coupe du monde implique une responsabilité particulière envers toute une nation.
« Porter le brassard en Coupe du monde, c’est une responsabilité, un exemple à donner. C’est l’honneur et le bonheur de représenter tout un peuple », affirme-t-il.
Son message à la nouvelle génération repose sur trois principes : l’humilité, le respect et l’éducation. Il invite les jeunes joueurs marocains à saisir les opportunités offertes par le football pour réaliser leurs ambitions et contribuer au rayonnement de leur pays.
Le Maroc et le Brésil, une passion commune
Cafu relève également les liens qui unissent les peuples marocain et brésilien autour du ballon rond. Dans les deux pays, le football occupe une place importante dans la vie collective et nourrit un fort sentiment d’appartenance.
L’ancien international brésilien se dit par ailleurs heureux de voir les relations entre les deux pays se renforcer, notamment grâce à l’amélioration des liaisons aériennes entre São Paulo et Casablanca.
Il participe au vol inaugural de la cinquième desserte hebdomadaire de Royal Air Maroc entre les deux villes. La compagnie nationale a transporté 52.500 passagers sur cette ligne à fin juin, tandis que le marché touristique brésilien a enregistré plus de 30.000 arrivées au Maroc au premier semestre 2026, selon les chiffres rapportés.
Cette visite s’inscrit dans le cadre de la promotion de la destination Maroc menée par Royal Air Maroc et l’Office national marocain du tourisme, sous la bannière « Maroc, Terre de Football ». Le programme prévoit notamment des étapes à Casablanca, Rabat et Marrakech.
Une Coupe du monde pour consolider les ambitions du Royaume
À l’horizon 2030, le Maroc entend faire de l’organisation du Mondial une vitrine de son développement sportif et de son attractivité internationale. Le projet du Grand Stade Hassan II à Benslimane, annoncé avec une capacité de 115.000 places, s’inscrit dans cette perspective.
Pour Cafu, toutefois, la réussite ne se mesure pas uniquement à la qualité des infrastructures. Elle dépend aussi de la capacité à transmettre une culture de l’effort et à donner aux jeunes les moyens de progresser.
L’ancien capitaine de la Seleção se réjouit enfin de l’accueil qui lui est régulièrement réservé au Maroc. « À chaque fois que je me rends au Maroc, je suis impressionné par ses progrès », confie-t-il, saluant l’hospitalité du peuple marocain.
À quatre ans de la Coupe du monde 2030, son regard rejoint ainsi une ambition centrale du football marocain : transformer les succès déjà obtenus en un projet durable, capable de faire émerger de nouvelles générations et de renforcer la place du Royaume sur la scène internationale.












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