Le projet prend forme autour d’un investissement global estimé à 190 millions d’euros, dont 95 millions d’euros pourraient être apportés par l’IFC sous forme de prêt. L’institution financière internationale doit encore soumettre le dossier à son conseil d’administration, avec une échéance fixée au 11 mai 2026.
Au cœur de cette initiative se trouve le phosphogypse, principal sous-produit issu de la transformation du phosphate en acide phosphorique. Longtemps considéré comme un résidu industriel complexe à gérer, il est désormais intégré dans une réflexion plus large portée par le groupe OCP : celle de la valorisation et de l’économie circulaire.
L’installation prévue à Jorf Lasfar permettra de stocker jusqu’à 22 millions de tonnes de phosphogypse. Le site atteindra une hauteur de stockage pouvant aller jusqu’à 60 mètres, illustrant l’ampleur des volumes industriels traités par le complexe chimique.
Au-delà du simple stockage, le projet s’inscrit dans une vision de long terme. L’objectif affiché est de sécuriser la gestion de ce sous-produit tout en ouvrant la voie à de futures applications dans plusieurs secteurs : agriculture, infrastructures routières et matériaux de construction. Ces pistes de valorisation restent encore en phase de développement, mais elles structurent déjà la stratégie industrielle du groupe.
L’IFC ne se limite pas à un rôle de financement. L’institution prévoit également un accompagnement technique et stratégique pour explorer des modèles économiques viables autour du phosphogypse. Cette approche s’inscrit dans sa mission de soutien au secteur privé et à la transition durable dans les pays en développement.
Ce partenariat s’ajoute à une coopération plus large entre OCP et l’IFC, initiée en 2021. Ensemble, les deux institutions travaillent sur plusieurs axes : développement de systèmes alimentaires durables en Afrique, projets d’énergies renouvelables, production d’engrais verts, mais aussi promotion de l’inclusion sociale et de l’égalité des genres.
Dans cette dynamique, le plan d’investissement 2023-2027 du groupe OCP, évalué à 13 milliards de dollars, confirme l’ambition industrielle du groupe. Il vise notamment à renforcer la production d’énergie, d’eau et d’intrants bas carbone comme l’ammoniac et l’hydrogène.
Ce projet de Jorf Lasfar dépasse la seule logique de stockage. Il traduit une évolution plus profonde : celle d’une industrie qui cherche à transformer ses contraintes environnementales en leviers de valeur et de compétitivité à long terme.












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