L'ODJ Média

lodj





Omar Berrada revisite l’Andalousie des vaincus dans « Face au Texte »


​Dans une nouvelle émission de Face au Texte, animée par Rida Lamrini, le romancier Omar Berrada a invité les téléspectateurs à regarder l’histoire andalouse autrement : non pas seulement à travers les conquêtes, les dates et les royaumes disparus, mais à hauteur d’hommes.



Bouabdil, sortir du cliché du roi faible :

Au centre de cet échange, deux ouvrages : Le dernier roi de Séville et Bouabdil, destin d’un roi déchu. Deux romans historiques qui font dialoguer, par-delà les siècles, deux figures majeures de l’Andalousie : Al-Mu‘tamid ibn Abbad, roi-poète de Séville au XIe siècle, et Bouabdil, dernier souverain de Grenade au XVe siècle.

Leur point commun ne se limite pas à la chute du pouvoir. Ils incarnent aussi une certaine solitude des vaincus, une fragilité intime derrière la fonction royale et une mémoire souvent simplifiée par les récits officiels.

L’un des enjeux de l’entretien était de redonner une épaisseur humaine à Bouabdil. Trop souvent réduit à l’image d’un souverain incapable ou d’un roi ayant abandonné Grenade sans résistance, il apparaît ici comme un homme pris dans une histoire familiale, politique et militaire plus complexe que les raccourcis populaires.

Omar Berrada rappelle ainsi que l’histoire est fréquemment racontée par ceux qui gagnent. Les vaincus, eux, restent parfois enfermés dans des caricatures. La littérature permet justement de rouvrir le dossier, de restituer les nuances et de donner une voix à ceux que le récit officiel a figés.

Dans cette approche, Bouabdil n’est pas seulement le dernier roi de Grenade. Il devient un homme confronté à l’impuissance, à l’exil, à la perte d’un monde et à la difficulté de survivre à sa propre légende.

Deux rois, une même blessure

Pourquoi rapprocher Al-Mu‘tamid et Bouabdil, séparés par près de quatre siècles ? Parce que leurs destins se rejoignent dans la poésie, l’exil et le sentiment de fin de cycle.

Al-Mu‘tamid fut un souverain puissant, mais aussi un poète dont les vers ont traversé les siècles. Bouabdil, quant à lui, incarne la disparition du dernier royaume musulman d’Al-Andalus. L’un et l’autre portent une mémoire de la chute, mais également une forme de résistance intérieure.

L’émission insiste sur cette idée forte : l’exil ne commence pas toujours au moment où l’on quitte une ville ou un territoire. Il commence parfois bien avant, lorsque l’on comprend que son monde est en train de disparaître.

C’est cet exil intérieur que les romans d’Omar Berrada explorent. Un exil fait de silence, de nostalgie, de dignité blessée et de questions sans réponse.

La poésie comme dernier royaume

Dans les deux récits, la poésie n’est jamais un simple décor littéraire. Elle devient un refuge, une manière de préserver ce qui ne peut plus être défendu par les armes ou par le pouvoir.

Quand les palais tombent, quand les royaumes se dissolvent et que les alliances se brisent, les mots restent. Ils deviennent mémoire, résistance et parfois même revanche sur le temps.

Al-Mu‘tamid l’incarne pleinement : roi, homme de pouvoir et poète. Sa grandeur ne se limite pas à son règne. Elle réside aussi dans cette capacité à transformer la perte en parole. Chez Bouabdil également, la défaite ne clôt pas l’histoire ; elle ouvre une autre dimension, plus intérieure, plus douloureuse mais aussi plus universelle.

C’est peut-être l’un des messages les plus marquants de cet entretien : les conquérants imposent souvent leur récit, mais les poètes savent le prolonger.

Faire vivre la mémoire andalouse

Au fil de l’échange, Omar Berrada souligne aussi l’importance de transmettre. La mémoire andalouse ne peut survivre sans les écrivains, les lecteurs, les enseignants, les éditeurs et tous ceux qui refusent que certaines figures disparaissent derrière les clichés ou l’oubli.

La littérature historique, lorsqu’elle est exigeante, ne cherche pas à remplacer l’Histoire. Elle lui apporte une autre lumière. Elle interroge les silences, les blessures, les contradictions et les émotions que les chronologies ne disent pas toujours.

Dans Face au Texte, la réponse semble claire : les royaumes disparaissent, mais les mots, eux, trouvent parfois le moyen de rester debout.
Mardi 7 Juillet 2026


Breaking news | VSD News | Communiqué de presse | Gaming | Eco Business | Digital & Tech | Santé & Bien être | Lifestyle | Culture & Musique & Loisir | Sport | Auto-moto | Room | Podcasts R212 | Les dernières émissions de L'ODJ TV | Last Conférences & Reportages | Bookcase | LODJ Média



Bannière Réseaux Sociaux

Bannière Lodj DJ








LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html















Vos contributions
LODJ Vidéo