Le phosphate, pilier géo-économique marocain
Le phosphate reste le cœur du dispositif. En 2024, la production marocaine est estimée à 30 millions de tonnes, en léger recul par rapport à 2023, sans impact sur l’essentiel : 50 milliards de tonnes de réserves, soit la plus grande concentration mondiale jamais recensée.
L’USGS rappelle que si aucune pénurie globale n’est anticipée à court terme, la géographie des gisements est extrêmement concentrée. Dans ce paysage, le Maroc occupe une position dominante et durable. À l’horizon 2027, des extensions de capacités sont en cours pour accompagner la hausse mondiale de la demande en engrais, attendue à près de 52 millions de tonnes de P₂O₅ en 2028.
Dans le commerce international, la part marocaine reste mesurée mais stable. Les États-Unis importent environ 2 % de leur phosphate rock depuis le Maroc, un chiffre modeste mais stratégique sur un marché étroitement surveillé.
Arsenic : un segment discret mais stratégique
Moins visible, l’arsenic place pourtant le Maroc parmi les trois premiers producteurs mondiaux d’arsenic trioxide, aux côtés de la Chine et du Pérou. La production annuelle atteint 6 000 tonnes, avec une capacité de raffinage de 8 000 tonnes, concentrée à Guemassa, près de Marrakech, à partir du gisement de Bou Azzer.
Sur le marché américain, le Maroc fournit 26 % des importations d’arsenic et 34 % de l’arsenic trioxide, utilisé dans le bois traité, les semi-conducteurs et certaines applications chimiques sensibles. Un levier industriel rarement mis en avant, mais loin d’être marginal.
Barite : une dépendance américaine assumée
Troisième axe : la barite. Avec une production d’environ un million de tonnes par an, le Maroc représente 17 % des importations américaines. Ce minerai, clé pour les forages pétroliers et gaziers, s’inscrit dans une filière où les États-Unis dépendent à plus de 75 % des importations.
Sans discours politique ni mise en scène, le rapport de l’USGS dessine un constat clair : le Maroc est un fournisseur structurel de minerais critiques. Phosphate massif, arsenic technologique, barite énergétique… Une influence silencieuse, mais stratégique, à l’heure où les ressources redeviennent un enjeu de puissance globale.












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