Le Maroc a pris l’habitude de penser son développement en grands chantiers. Ports, autoroutes, zones industrielles, lignes ferroviaires, centrales solaires, stades, data centers : le réflexe est compréhensible. Une économie qui avance doit investir, bâtir, connecter, moderniser. Mais il existe un autre gisement, moins visible et pourtant considérable : tout ce qui existe déjà, dort parfois, circule mal, se partage peu ou reste prisonnier d’un usage individuel.
Des camions reviennent vides après avoir livré une marchandise. Des tracteurs restent inutilisés une grande partie de l’année. Des entrepôts ont de la capacité disponible. Des ateliers possèdent des machines rarement exploitées à plein régime. Des compétences existent, mais ne rencontrent pas les entreprises qui en ont besoin. Des petites structures paient seules ce qu’elles pourraient mutualiser : transport, stockage, logiciels, marketing, formation, export, cybersécurité ou comptabilité.
La Fédération internationale RIME, défend une idée simple : le Maroc pourrait provoquer un choc de productivité non pas en attendant dix ans de nouvelles infrastructures, mais en organisant mieux ses actifs sous-utilisés. L’idée est séduisante. Elle mérite surtout d’être prise au sérieux, car elle met le doigt sur une faiblesse économique plus profonde : le Maroc est solidaire dans la vie sociale, mais encore insuffisamment collaboratif dans la vie productive.
Le paradoxe est là. Notre société connaît la famille élargie, la solidarité de voisinage, les réseaux de diaspora, les tontines, les coopératives, les associations de quartier, les initiatives religieuses et caritatives. Dans les moments difficiles, les Marocains savent se mobiliser vite. Après un séisme, une catastrophe, une maladie ou un décès, les réflexes d’entraide sont réels. Pourtant, lorsque l’on passe de la solidarité humaine à la coopération économique, les automatismes se grippent.
L’entrepreneur marocain reste souvent seul. Il protège son carnet d’adresses, ses fournisseurs, ses prix, ses méthodes et parfois même ses difficultés. Il hésite à partager une information, une machine ou un client. Il craint que son voisin devienne son concurrent, que son associé devienne son rival, que son salarié parte avec son savoir-faire, que sa donnée circule sans contrôle. Cette prudence n’est pas toujours irrationnelle. Elle est souvent le produit d’un environnement où la confiance demeure fragile.
Car pour coopérer, il faut croire que les règles seront respectées. Il faut être sûr d’être payé. Il faut pouvoir signer un contrat et savoir qu’il sera appliqué. Il faut disposer d’un recours rapide en cas de conflit. Il faut aussi accepter que l’on puisse gagner ensemble, sans imaginer immédiatement que l’autre gagnera davantage. Or, dans de nombreux secteurs, l’expérience quotidienne nourrit plutôt la méfiance : retards de paiement, engagements informels, concurrence déloyale, sous-facturation, absence de traçabilité, conflits interminables, pratiques de contournement.
Dans ces conditions, le réflexe naturel devient défensif. On préfère acheter seul, transporter seul, recruter seul, investir seul, exporter seul. Même lorsque cela coûte plus cher. Même lorsque cela réduit la compétitivité. Même lorsque l’on sait qu’une alliance serait plus rationnelle.
C’est particulièrement visible chez les TPE et PME. Une grande entreprise peut absorber plus facilement les coûts de la transformation numérique, du conseil juridique, de la logistique ou de l’intelligence artificielle. Une petite entreprise, elle, n’a pas toujours cette marge. Elle ne peut pas s’offrir une équipe data, une direction export, une plateforme de commerce électronique sophistiquée, un entrepôt automatisé ou un consultant en cybersécurité. Mais dix entreprises du même territoire, du même secteur ou de la même chaîne de valeur pourraient peut-être le faire ensemble.
C’est là que le Maroc perd une partie de son énergie productive. Non pas parce qu’il manquerait d’entrepreneurs ou d’idées, mais parce que trop d’acteurs économiques avancent chacun dans leur couloir. Les uns investissent dans des outils qui seront sous-utilisés. Les autres renoncent faute de moyens. Les troisièmes importent une solution alors qu’une capacité locale existe déjà à quelques kilomètres. Le pays accumule ainsi des micro-gaspillages qui, mis bout à bout, deviennent un problème macroéconomique.
Le fret est un exemple frappant. Un camion qui roule à vide n’est pas seulement une anomalie logistique. C’est du carburant consommé sans valeur créée, du temps perdu, de la pollution inutile, une pression supplémentaire sur les prix et un manque à gagner pour le transporteur. La proposition d’une plateforme numérique mettant en relation chargeurs et transporteurs répond donc à une logique de bon sens. Dans une économie où les marges sont fragiles et où les coûts logistiques pèsent lourd, réduire les trajets à vide peut avoir un effet réel sur la compétitivité nationale.
La même logique s’applique à l’agriculture. Dans de nombreuses régions, l’accès à la machine reste un frein majeur pour les petits exploitants. Acheter un matériel coûteux pour l’utiliser quelques semaines par an n’est pas toujours rationnel. Mais louer une machine disponible chez un grand exploitant, via une plateforme encadrée, pourrait modifier l’équation. Le partage d’équipement agricole ne résoudra pas à lui seul les difficultés du monde rural. Il ne remplacera ni l’eau, ni le crédit, ni l’assurance, ni l’accès aux marchés. Mais il peut rendre les moyens de production plus accessibles et plus rentables.
Il faut toutefois éviter l’enthousiasme naïf. Une application ne crée pas automatiquement de la coopération. Le Maroc a déjà vu fleurir des plateformes, des incubateurs, des forums, des promesses de digitalisation et des présentations PowerPoint très convaincantes. Le problème n’est pas de créer une énième interface numérique. Le problème est de construire une confiance opérationnelle.
Qui garantit le paiement entre les utilisateurs ?
Qui prend en charge les litiges ?
Qui vérifie l’état du matériel loué ?
Qui couvre les assurances ?
Qui protège les données commerciales ?
Qui empêche qu’une plateforme devienne un simple intermédiaire prédateur, captant de la valeur sans en redistribuer suffisamment ?
Qui accompagne les petits acteurs qui ne maîtrisent ni les outils numériques ni les procédures administratives ?
C’est ici que l’État, les collectivités territoriales, les banques et les organisations professionnelles ont un rôle majeur à jouer. L’État ne doit pas forcément devenir l’opérateur de toutes les plateformes. Il doit créer les conditions de confiance : règles simples, garanties de paiement, médiation rapide, identité numérique fiable, mécanismes d’assurance, accès à la formation, protection contre les abus de position dominante.
Les organisations patronales et professionnelles doivent, elles aussi, évoluer. Trop souvent, elles se limitent à représenter un secteur, défendre des intérêts ou organiser des événements. Cela reste utile, mais insuffisant. Elles pourraient devenir des producteurs de services communs : centrales d’achat, laboratoires mutualisés, plateformes logistiques, formations sectorielles, bases de données partagées, groupements d’exportation, dispositifs collectifs de cybersécurité ou d’intelligence économique.
Le Maroc a besoin d’organisations qui ne parlent pas seulement au nom des entreprises, mais qui travaillent concrètement pour elles.
Le sujet touche également à l’informel. On le présente fréquemment comme un problème de contrôle, de fiscalité ou de concurrence déloyale. Il est tout cela, évidemment. Mais il est aussi le signe qu’une partie de l’économie fonctionne en dehors des dispositifs classiques parce que ceux-ci paraissent trop coûteux, trop lents ou trop éloignés de la réalité quotidienne. Une stratégie collaborative peut constituer une porte d’entrée vers la formalisation, à condition qu’elle apporte un bénéfice immédiat.
Un livreur indépendant, un transporteur local, un artisan ou un petit commerçant ne sortira pas de l’informel par amour du formulaire administratif. Il le fera s’il obtient en échange plus de clients, une protection sociale, un meilleur accès au crédit, une visibilité accrue et des coûts réduits. La formalisation ne doit pas être vécue comme une punition administrative. Elle doit devenir une opportunité économique.
L’intelligence artificielle peut accélérer ce mouvement. Elle peut rapprocher en temps réel une offre et une demande, optimiser un trajet, prévoir une disponibilité, détecter une capacité inutilisée, recommander un fournisseur ou identifier un besoin de formation. Mais, là encore, l’IA ne remplacera jamais la confiance. Elle peut rendre la coopération plus efficace. Elle ne peut pas la décréter.
Le vrai défi est culturel et managérial. Il consiste à faire évoluer une partie du patronat marocain, des institutions et des pouvoirs publics vers une idée assez simple : la compétitivité ne naît pas uniquement de la rivalité. Elle naît aussi de la capacité à organiser des intérêts communs.
Il ne s’agit pas de nier la concurrence. Une économie sans concurrence devient vite paresseuse, protégée et inefficace. Mais une concurrence sans coopération devient tout aussi stérile. Elle pousse les acteurs à casser les prix, sous-investir, copier au lieu d’innover et survivre plutôt que grandir.
Le Maroc collaboratif ne sera pas celui où tout le monde partage tout avec tout le monde. Ce serait irréaliste. Ce sera celui où des entreprises concurrentes accepteront de mutualiser ce qui ne fait pas leur différence stratégique : la logistique, la formation, les achats, certains services numériques, l’énergie, le stockage, la cybersécurité, la gestion des déchets ou l’accès à l’export.
La question n’est donc pas : pourquoi le Maroc n’est-il pas collaboratif ? La question est plutôt : combien de richesse perdons-nous chaque année parce que nous ne le sommes pas assez ?
À l’heure où le pays cherche à renforcer son tissu industriel, à intégrer davantage de PME dans les chaînes de valeur, à réduire son déficit commercial, à formaliser l’emploi et à réussir sa transition numérique, la réponse mérite mieux qu’un slogan. Elle mérite une stratégie nationale de coopération productive.
Car le prochain saut économique marocain ne viendra peut-être pas seulement de ce que nous allons construire. Il viendra aussi de ce que nous aurons enfin appris à partager.
Des camions reviennent vides après avoir livré une marchandise. Des tracteurs restent inutilisés une grande partie de l’année. Des entrepôts ont de la capacité disponible. Des ateliers possèdent des machines rarement exploitées à plein régime. Des compétences existent, mais ne rencontrent pas les entreprises qui en ont besoin. Des petites structures paient seules ce qu’elles pourraient mutualiser : transport, stockage, logiciels, marketing, formation, export, cybersécurité ou comptabilité.
La Fédération internationale RIME, défend une idée simple : le Maroc pourrait provoquer un choc de productivité non pas en attendant dix ans de nouvelles infrastructures, mais en organisant mieux ses actifs sous-utilisés. L’idée est séduisante. Elle mérite surtout d’être prise au sérieux, car elle met le doigt sur une faiblesse économique plus profonde : le Maroc est solidaire dans la vie sociale, mais encore insuffisamment collaboratif dans la vie productive.
Le paradoxe est là. Notre société connaît la famille élargie, la solidarité de voisinage, les réseaux de diaspora, les tontines, les coopératives, les associations de quartier, les initiatives religieuses et caritatives. Dans les moments difficiles, les Marocains savent se mobiliser vite. Après un séisme, une catastrophe, une maladie ou un décès, les réflexes d’entraide sont réels. Pourtant, lorsque l’on passe de la solidarité humaine à la coopération économique, les automatismes se grippent.
L’entrepreneur marocain reste souvent seul. Il protège son carnet d’adresses, ses fournisseurs, ses prix, ses méthodes et parfois même ses difficultés. Il hésite à partager une information, une machine ou un client. Il craint que son voisin devienne son concurrent, que son associé devienne son rival, que son salarié parte avec son savoir-faire, que sa donnée circule sans contrôle. Cette prudence n’est pas toujours irrationnelle. Elle est souvent le produit d’un environnement où la confiance demeure fragile.
Car pour coopérer, il faut croire que les règles seront respectées. Il faut être sûr d’être payé. Il faut pouvoir signer un contrat et savoir qu’il sera appliqué. Il faut disposer d’un recours rapide en cas de conflit. Il faut aussi accepter que l’on puisse gagner ensemble, sans imaginer immédiatement que l’autre gagnera davantage. Or, dans de nombreux secteurs, l’expérience quotidienne nourrit plutôt la méfiance : retards de paiement, engagements informels, concurrence déloyale, sous-facturation, absence de traçabilité, conflits interminables, pratiques de contournement.
Dans ces conditions, le réflexe naturel devient défensif. On préfère acheter seul, transporter seul, recruter seul, investir seul, exporter seul. Même lorsque cela coûte plus cher. Même lorsque cela réduit la compétitivité. Même lorsque l’on sait qu’une alliance serait plus rationnelle.
C’est particulièrement visible chez les TPE et PME. Une grande entreprise peut absorber plus facilement les coûts de la transformation numérique, du conseil juridique, de la logistique ou de l’intelligence artificielle. Une petite entreprise, elle, n’a pas toujours cette marge. Elle ne peut pas s’offrir une équipe data, une direction export, une plateforme de commerce électronique sophistiquée, un entrepôt automatisé ou un consultant en cybersécurité. Mais dix entreprises du même territoire, du même secteur ou de la même chaîne de valeur pourraient peut-être le faire ensemble.
C’est là que le Maroc perd une partie de son énergie productive. Non pas parce qu’il manquerait d’entrepreneurs ou d’idées, mais parce que trop d’acteurs économiques avancent chacun dans leur couloir. Les uns investissent dans des outils qui seront sous-utilisés. Les autres renoncent faute de moyens. Les troisièmes importent une solution alors qu’une capacité locale existe déjà à quelques kilomètres. Le pays accumule ainsi des micro-gaspillages qui, mis bout à bout, deviennent un problème macroéconomique.
Le fret est un exemple frappant. Un camion qui roule à vide n’est pas seulement une anomalie logistique. C’est du carburant consommé sans valeur créée, du temps perdu, de la pollution inutile, une pression supplémentaire sur les prix et un manque à gagner pour le transporteur. La proposition d’une plateforme numérique mettant en relation chargeurs et transporteurs répond donc à une logique de bon sens. Dans une économie où les marges sont fragiles et où les coûts logistiques pèsent lourd, réduire les trajets à vide peut avoir un effet réel sur la compétitivité nationale.
La même logique s’applique à l’agriculture. Dans de nombreuses régions, l’accès à la machine reste un frein majeur pour les petits exploitants. Acheter un matériel coûteux pour l’utiliser quelques semaines par an n’est pas toujours rationnel. Mais louer une machine disponible chez un grand exploitant, via une plateforme encadrée, pourrait modifier l’équation. Le partage d’équipement agricole ne résoudra pas à lui seul les difficultés du monde rural. Il ne remplacera ni l’eau, ni le crédit, ni l’assurance, ni l’accès aux marchés. Mais il peut rendre les moyens de production plus accessibles et plus rentables.
Il faut toutefois éviter l’enthousiasme naïf. Une application ne crée pas automatiquement de la coopération. Le Maroc a déjà vu fleurir des plateformes, des incubateurs, des forums, des promesses de digitalisation et des présentations PowerPoint très convaincantes. Le problème n’est pas de créer une énième interface numérique. Le problème est de construire une confiance opérationnelle.
Qui garantit le paiement entre les utilisateurs ?
Qui prend en charge les litiges ?
Qui vérifie l’état du matériel loué ?
Qui couvre les assurances ?
Qui protège les données commerciales ?
Qui empêche qu’une plateforme devienne un simple intermédiaire prédateur, captant de la valeur sans en redistribuer suffisamment ?
Qui accompagne les petits acteurs qui ne maîtrisent ni les outils numériques ni les procédures administratives ?
C’est ici que l’État, les collectivités territoriales, les banques et les organisations professionnelles ont un rôle majeur à jouer. L’État ne doit pas forcément devenir l’opérateur de toutes les plateformes. Il doit créer les conditions de confiance : règles simples, garanties de paiement, médiation rapide, identité numérique fiable, mécanismes d’assurance, accès à la formation, protection contre les abus de position dominante.
Les organisations patronales et professionnelles doivent, elles aussi, évoluer. Trop souvent, elles se limitent à représenter un secteur, défendre des intérêts ou organiser des événements. Cela reste utile, mais insuffisant. Elles pourraient devenir des producteurs de services communs : centrales d’achat, laboratoires mutualisés, plateformes logistiques, formations sectorielles, bases de données partagées, groupements d’exportation, dispositifs collectifs de cybersécurité ou d’intelligence économique.
Le Maroc a besoin d’organisations qui ne parlent pas seulement au nom des entreprises, mais qui travaillent concrètement pour elles.
Le sujet touche également à l’informel. On le présente fréquemment comme un problème de contrôle, de fiscalité ou de concurrence déloyale. Il est tout cela, évidemment. Mais il est aussi le signe qu’une partie de l’économie fonctionne en dehors des dispositifs classiques parce que ceux-ci paraissent trop coûteux, trop lents ou trop éloignés de la réalité quotidienne. Une stratégie collaborative peut constituer une porte d’entrée vers la formalisation, à condition qu’elle apporte un bénéfice immédiat.
Un livreur indépendant, un transporteur local, un artisan ou un petit commerçant ne sortira pas de l’informel par amour du formulaire administratif. Il le fera s’il obtient en échange plus de clients, une protection sociale, un meilleur accès au crédit, une visibilité accrue et des coûts réduits. La formalisation ne doit pas être vécue comme une punition administrative. Elle doit devenir une opportunité économique.
L’intelligence artificielle peut accélérer ce mouvement. Elle peut rapprocher en temps réel une offre et une demande, optimiser un trajet, prévoir une disponibilité, détecter une capacité inutilisée, recommander un fournisseur ou identifier un besoin de formation. Mais, là encore, l’IA ne remplacera jamais la confiance. Elle peut rendre la coopération plus efficace. Elle ne peut pas la décréter.
Le vrai défi est culturel et managérial. Il consiste à faire évoluer une partie du patronat marocain, des institutions et des pouvoirs publics vers une idée assez simple : la compétitivité ne naît pas uniquement de la rivalité. Elle naît aussi de la capacité à organiser des intérêts communs.
Il ne s’agit pas de nier la concurrence. Une économie sans concurrence devient vite paresseuse, protégée et inefficace. Mais une concurrence sans coopération devient tout aussi stérile. Elle pousse les acteurs à casser les prix, sous-investir, copier au lieu d’innover et survivre plutôt que grandir.
Le Maroc collaboratif ne sera pas celui où tout le monde partage tout avec tout le monde. Ce serait irréaliste. Ce sera celui où des entreprises concurrentes accepteront de mutualiser ce qui ne fait pas leur différence stratégique : la logistique, la formation, les achats, certains services numériques, l’énergie, le stockage, la cybersécurité, la gestion des déchets ou l’accès à l’export.
La question n’est donc pas : pourquoi le Maroc n’est-il pas collaboratif ? La question est plutôt : combien de richesse perdons-nous chaque année parce que nous ne le sommes pas assez ?
À l’heure où le pays cherche à renforcer son tissu industriel, à intégrer davantage de PME dans les chaînes de valeur, à réduire son déficit commercial, à formaliser l’emploi et à réussir sa transition numérique, la réponse mérite mieux qu’un slogan. Elle mérite une stratégie nationale de coopération productive.
Car le prochain saut économique marocain ne viendra peut-être pas seulement de ce que nous allons construire. Il viendra aussi de ce que nous aurons enfin appris à partager.












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