Une annonce symbolique et soigneusement mise en scène
Le choix de la date n’est pas anodin. Le 5 février 1979, Denis Sassou Nguesso accédait pour la première fois au pouvoir. Quarante-sept ans plus tard, c’est tout sourire, chapeau de paille sur la tête, entouré de son Premier ministre Anatole Collinet Makosso et de membres du gouvernement, qu’il a confirmé sa participation au scrutin.
Cette candidature marque l’aboutissement d’un processus engagé fin décembre avec son investiture par le Parti congolais du travail (PCT), puis renforcé le 2 février par le soutien officiel des 18 partis de la majorité présidentielle. Pour le pouvoir, le scénario est clair, verrouillé, et assumé.
Denis Sassou Nguesso a dirigé le Congo-Brazzaville sous le régime du parti unique de 1979 à 1992, avant d’être battu lors des premières élections pluralistes. Il revient au pouvoir en 1997, à la suite d’une guerre civile, puis est élu en 2002, réélu en 2009, et à nouveau en 2016, après une révision constitutionnelle en 2015 supprimant la limitation à deux mandats. Cette longévité fait de lui l’un des dirigeants les plus durables d’Afrique.
Une compétition quasi inexistante
Face au président sortant, un seul candidat est officiellement en lice à ce stade : Anguios Nganguia-Engambé, président du Parti pour l’action de la République (PAR). Déjà candidat à deux reprises, il n’a jamais dépassé 0,2 % des suffrages.
D’autres figures ont évoqué une possible candidature ces derniers mois du pasteur Ntoumi à Destin Gavet, jeune leader du Mouvement Républicain, en passant par Dave Mafoula mais aucun dossier n’a été déposé. L’opposition reste divisée, hésitant entre coalition fragile et boycott pur et simple.
Un scrutin sans suspense ?
À mesure que la date approche, la victoire de Denis Sassou Nguesso semble acquise, potentiellement dès le premier tour, comme lors de toutes les présidentielles depuis 2002. L’actuelle Constitution n’autorise plus qu’un mandat après celui-ci, ce qui donne à cette élection une portée particulière, au moins sur le papier.
À quelques semaines du vote, la présidentielle congolaise ressemble davantage à une formalité politique qu’à une véritable compétition électorale. Reste une question centrale : cette échéance ouvrira-t-elle enfin un débat sur l’après-Sassou, ou prolongera-t-elle encore un pouvoir solidement installé ?












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