Une audience perturbée dès l’ouverture
L’audience a débuté dans la matinée en l’absence de Tariq Ramadan, alors que sa présence était attendue pour l’ouverture des débats. Le ministère public a indiqué que l’accusé serait actuellement hospitalisé à Genève, sans qu’aucune pièce médicale officielle ne soit produite à ce stade devant la cour.
Estimant que cette situation faisait obstacle au bon déroulement du procès, l’avocat général a demandé à la présidente de la cour d’ordonner un mandat d’arrêt international, considérant que l’accusé pourrait chercher à se soustraire à la justice.
La défense plaide un report
Les avocats de Tariq Ramadan ont pour leur part demandé un renvoi de l’audience pour raisons médicales, contestant toute volonté de fuite. Ils soutiennent que l’état de santé de leur client l’empêcherait temporairement de comparaître et affirment qu’un report permettrait de garantir ses droits à la défense. L’audience a été suspendue et doit reprendre dans l’après-midi, le temps pour la cour de statuer sur la suite de la procédure et sur la demande du parquet.
Une procédure marquée par de nombreux recours
Depuis l’ouverture de l’affaire, il y a près de 8 ans, la défense a engagé plusieurs démarches judiciaires, incluant des recours successifs et, récemment, une demande de récusation de la présidente de la cour pour une partialité alléguée. Ces initiatives ont contribué à retarder la tenue du procès.
Initialement, les juges d’instruction avaient décidé de renvoyer Tariq Ramadan devant la justice pour des faits concernant 4 femmes. Saisie par la défense, la cour d’appel a finalement retiré l’un des dossiers du champ des poursuites, limitant le procès aux accusations portées par 3 plaignantes.
Des qualifications pénales redéfinies
La cour d’appel a également écarté la qualification d’« emprise » retenue durant l’instruction. Les magistrats ont estimé que cette notion, définie comme une privation totale du libre arbitre, ne pouvait être caractérisée dans les relations évoquées. En revanche, les juges ont relevé que les témoignages décrivaient des faits présentés comme violents.
Au fil de la procédure, la position de l’accusé a évolué. Après avoir nié toute relation intime, Tariq Ramadan a reconnu en 2018 l’existence de relations extraconjugales, qu’il qualifie de consenties, tout en évoquant une dimension de domination. La décision de la cour sur la demande de mandat d’arrêt international est désormais attendue, dans un dossier judiciaire particulièrement suivi.












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