Les signaux envoyés par les industriels pour le début de l’année 2026 restent globalement encourageants, même s’ils invitent à la prudence. Dans sa récente note de conjoncture, le Haut-Commissariat au Plan indique que les entreprises de l’industrie manufacturière prévoient une augmentation de leur niveau de production au premier trimestre 2026. Cette anticipation traduit une confiance mesurée des opérateurs, dans un environnement économique encore marqué par des incertitudes internationales.
Cette progression attendue repose avant tout sur la dynamique de plusieurs branches industrielles. L’activité devrait notamment être tirée par l’industrie alimentaire, l’industrie chimique ainsi que la fabrication de produits métalliques, à l’exception des machines et équipements. Ces segments continuent de jouer un rôle structurant dans le tissu industriel national et bénéficient d’une demande relativement soutenue.
Dans les zones industrielles, certains opérateurs évoquent d’ailleurs un rythme d’activité qui reste solide, notamment dans les produits transformés et les intrants industriels. Rien de spectaculaire, mais suffisamment stable pour maintenir les lignes de production actives et préserver les équilibres du secteur.
En revanche, toutes les branches ne devraient pas suivre la même trajectoire. Le HCP souligne que l’industrie automobile et la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques pourraient enregistrer un recul de leur activité au cours du trimestre. Un contraste qui illustre les ajustements permanents auxquels fait face l’appareil productif.
La situation apparaît plus contrastée dans l’industrie extractive. Les entreprises du secteur anticipent une baisse de la production au premier trimestre 2026, évolution principalement liée à une diminution attendue de la production de phosphates. Malgré cette contraction prévue de l’activité, les responsables du secteur tablent toutefois sur une hausse des effectifs employés, traduisant des besoins opérationnels ou des réorganisations internes.
Du côté de l’industrie énergétique, les perspectives sont également orientées à la baisse. La production devrait reculer au premier trimestre en raison d’un repli anticipé dans la branche production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné. Cette évolution devrait s’accompagner d’une diminution des effectifs dans le secteur.
À l’inverse, l’industrie environnementale devrait évoluer dans une relative stabilité. Les entreprises opérant dans le captage, le traitement et la distribution d’eau anticipent une production globalement stable, avec des effectifs qui devraient eux aussi rester inchangés.
Pour mieux comprendre ces perspectives, il faut également revenir sur la situation observée à la fin de l’année 2025. Selon l’enquête du HCP, la production de l’industrie manufacturière aurait augmenté au quatrième trimestre 2025, portée notamment par la progression de l’activité dans l’industrie automobile, l’industrie chimique, la métallurgie et la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques. À l’inverse, l’industrie alimentaire et la fabrication d’équipements électriques auraient enregistré un recul de leur production.
Dans l’ensemble, les carnets de commandes sont jugés à un niveau normal par les chefs d’entreprises, tandis que l’emploi serait resté stable durant cette période. Le taux d’utilisation des capacités de production dans l’industrie manufacturière se serait établi à 74 %, un niveau qui reflète une activité correcte mais encore en deçà du plein potentiel industriel.
Certaines contraintes continuent toutefois de peser sur le secteur. Au quatrième trimestre 2025, 35 % des entreprises manufacturières déclarent avoir rencontré des difficultés d’approvisionnement en matières premières, principalement celles d’origine étrangère. Ces tensions logistiques restent un facteur de vigilance pour les industriels.
Les stocks de matières premières ont été jugés globalement à un niveau normal, mais la situation financière demeure fragile pour une partie des entreprises. Environ 18 % des chefs d’entreprises considèrent leur trésorerie comme « difficile ». Dans certaines branches, notamment l’industrie pharmaceutique, cette proportion atteint près de 40 %, signe de pressions financières plus marquées.
Dans l’industrie extractive, la production du quatrième trimestre 2025 aurait été globalement stable, notamment en raison d’une stagnation de la production de phosphates. Les prix de vente des produits du secteur auraient cependant diminué, tandis que l’emploi serait resté stable.
L’industrie énergétique, pour sa part, aurait enregistré un recul de sa production sur la période, principalement lié à la baisse de l’activité dans la production et la distribution d’électricité et de gaz. Les prix de vente et l’emploi auraient également suivi cette tendance à la baisse.
Quant à l’industrie environnementale, elle aurait maintenu un niveau d’activité stable, soutenu par la continuité des services liés au captage et à la distribution d’eau. Les carnets de commandes y sont jugés normaux et les effectifs n’auraient pas connu d’évolution notable.
Enfin, l’enquête du HCP met en lumière une orientation claire des investissements industriels réalisés en 2025. La majorité des chefs d’entreprises indiquent que leurs dépenses ont principalement été consacrées au remplacement d’une partie des équipements et à l’extension de l’activité. Une stratégie qui traduit la volonté des industriels de moderniser leurs outils de production tout en consolidant leur compétitivité.
L’industrie avance par ajustements successifs. Certains segments accélèrent, d’autres ralentissent, mais l’appareil productif continue de s’adapter. Les intentions de production pour le début de 2026 traduisent surtout une chose : malgré les tensions d’approvisionnement et les équilibres financiers parfois fragiles, les industriels restent engagés dans la consolidation de leur activité et dans la modernisation progressive de leurs outils de production.












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