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Programme 2026-2031 : la promesse sociale à l’épreuve des comptes


Rédigé par La Rédaction le Mardi 20 Octobre 2026

​Renforcer le pouvoir d’achat, améliorer les retraites, ouvrir des perspectives aux jeunes et sécuriser l’approvisionnement en eau : les engagements présentés pour 2026-2031 placent les attentes sociales au premier plan. Leur crédibilité se jouera sur le financement, le calendrier et les résultats.



Mille dirhams de soutien social, une pension minimale de 3 000 dirhams, 100 000 premières expériences professionnelles chaque année : les engagements avancés pour la période 2026-2031 parlent directement au quotidien des Marocains. Ils touchent à ce qui nourrit les inquiétudes des familles : les revenus, l’emploi, le logement et la capacité à faire face aux dépenses essentielles.

L’ambition est large. Elle associe protection sociale, compétitivité économique, souveraineté hydrique et énergétique, lutte contre la corruption et développement territorial. Mais un programme aussi étendu soulève immédiatement une question : comment transformer ces objectifs en améliorations durables, tout en maîtrisant les finances publiques ?

Le pouvoir d’achat au centre des attentes

Le relèvement annoncé du soutien social de 500 à 1 000 dirhams constituerait une évolution sensible pour les ménages concernés. Pour une famille disposant de faibles revenus, quelques centaines de dirhams supplémentaires peuvent modifier les arbitrages entre alimentation, transport, scolarité et soins.

L’efficacité de cette mesure dépendrait toutefois de ses modalités. Quels bénéficiaires ? Quels critères d’éligibilité ? Quelle prise en compte du nombre d’enfants ou de la situation des personnes dépendantes ? Le montant compte, mais la couverture et la régularité des versements déterminent aussi la portée d’une aide.

Le soutien ciblé à l’électricité répond à la même préoccupation. Une compensation automatique pour les ménages éligibles dont la facture ne dépasse pas 100 dirhams pourrait alléger certaines dépenses. Encore faudrait-il préciser le montant pris en charge et éviter qu’un seuil trop rigide ne crée des situations injustes entre familles aux revenus comparables.

Retraites : une ambition qui engage dans la durée

La pension minimale de 3 000 dirhams figure parmi les engagements les plus marquants. Elle pose une question de dignité : après une vie de travail, quel revenu permet de couvrir les besoins essentiels ?

Le passage annoncé à 100 % de la pension pour la veuve renforcerait également la protection du conjoint survivant. Mais ces orientations supposeraient de préciser les régimes concernés, les conditions d’application et les ressources mobilisées.

Car une retraite engage sur plusieurs décennies. Son amélioration doit s’accompagner d’une réflexion sur l’équilibre des caisses, l’élargissement de la couverture et la capacité contributive des actifs. La solidité du financement conditionne la pérennité du progrès social.

Jeunesse : compter les emplois après les formations

Former 100 000 jeunes par an à partir de 2027 et proposer chaque année 100 000 premières expériences professionnelles dessinerait un effort important en faveur de l’insertion.

Le véritable indicateur serait cependant le parcours des bénéficiaires après leur passage dans ces dispositifs. Combien accéderaient à un emploi rémunéré ? Dans quels secteurs ? Avec quelle stabilité et quelles perspectives d’évolution ?

Les entreprises auraient ici une responsabilité centrale. Une première expérience doit permettre d’acquérir des compétences, de découvrir un métier et de construire une trajectoire professionnelle. La qualité de l’encadrement serait aussi importante que le nombre de places proposées.

L’objectif de zéro décrochage scolaire en 2030 prolongerait cette politique en amont. Il demanderait une action sur les difficultés d’apprentissage, mais aussi sur les obstacles matériels : éloignement des établissements, transport, hébergement et précarité familiale.

Le monde rural au rendez-vous des engagements

Le soutien à 100 000 logements ruraux, avec une aide directe de 40 000 dirhams par famille, placerait les territoires ruraux parmi les bénéficiaires de l’effort public.

Cette orientation gagnerait à s’inscrire dans une politique d’ensemble. Un logement décent exige un accès à l’eau, à l’électricité, à l’assainissement et aux services de proximité. La réussite se mesurerait donc à l’amélioration des conditions de vie autant qu’au nombre d’habitations aidées.

La régionalisation participe de cette même logique. L’enveloppe annoncée de 12 milliards de dirhams pour les régions à partir de 2027 poserait la question de la répartition des moyens, de la préparation des projets et de leur exécution. Le fonds de 2 milliards de dirhams destiné à la promotion de l’amazighité devrait, lui aussi, déboucher sur des objectifs identifiables et accessibles aux citoyens.

Eau et énergie : investir pour tenir demain

L’objectif de mobiliser 1,8 milliard de mètres cubes d’eau dessalée d’ici 2031 traduirait une ambition majeure pour la sécurité hydrique. Sa réalisation supposerait des infrastructures, des capacités énergétiques et une maîtrise du coût de l’eau produite.

La cible de 52 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030 demanderait également un indicateur précis. Capacité installée et production effective doivent être distinguées pour permettre une évaluation rigoureuse.

Dans l’agriculture, faire passer la part des semences nationales de 20 % à 50 % viserait à renforcer les capacités du pays. Cet objectif appellerait un effort coordonné de recherche, de production et d’accompagnement des agriculteurs.

La crédibilité se jouera dans l’exécution

Le cadre économique annoncé est exigeant : 5 % de croissance annuelle, 2 % d’inflation, un déficit budgétaire de 3 % et une dette publique ramenée à 62 % à l’horizon 2031. Il faudrait donc financer de nouvelles ambitions sociales tout en consolidant les comptes publics.

La lutte contre la corruption, l’enrichissement illicite et les conflits d’intérêts prendrait ici toute sa portée. Quant à la réservation de 30 % des marchés publics aux PME marocaines, elle devrait s’accompagner d’un accès effectif à la commande et de délais de paiement soutenables.

Ces engagements dessinent une ambition sociale forte. Leur traduction concrète exigera des échéances publiques, des financements identifiés et une évaluation régulière. Pour les citoyens, le jugement se formera dans la vie quotidienne : un revenu mieux protégé, un emploi obtenu, une pension versée, un logement amélioré et des services qui fonctionnent.

Voici les principaux engagements du un « Programme gouvernemental 2026-2031 ».

  1. Sept priorités nationales : État de droit et bonne gouvernance, lutte contre la corruption et la rente, identité et cohésion nationale, dignité, inclusion des jeunes, souveraineté stratégique et économie compétitive.
  2. Objectifs macroéconomiques : une croissance annuelle de 5 %, une inflation de 2 %, un déficit budgétaire de 3 % et une dette publique ramenée à 62 % du PIB d’ici 2031.
  3. Soutien social et retraites : porter le soutien social de 500 à 1 000 DH, fixer un minimum de pension à 3 000 DH et accorder à la veuve 100 % de la pension, contre 50 % selon le visuel.
  4. Facture d’électricité : instaurer une compensation automatique pour les ménages éligibles dont la facture ne dépasse pas 100 DH.
  5. Formation et emploi des jeunes : former 100 000 jeunes par an dès 2027, proposer 100 000 premières expériences professionnelles chaque année et atteindre l’objectif de zéro décrochage scolaire en 2030.
  6. Logement rural : soutenir 100 000 logements ruraux, avec une aide directe de 40 000 DH par famille.
  7. Eau et énergie : mobiliser 1,8 milliard de mètres cubes d’eau dessalée d’ici 2031 et porter la part des énergies renouvelables à 52 % d’ici 2030.
  8. Sécurité alimentaire : faire passer la part des semences nationales de 20 % à 50 %.
  9. Corruption et commande publique : criminaliser l’enrichissement illicite et les conflits d’intérêts, et réserver 30 % des marchés publics aux PME marocaines.
  10. Régionalisation et amazighité : consacrer 12 milliards de DH aux régions à partir de 2027 et créer un fonds de 2 milliards de DH pour la promotion de l’amazighité.
  11. Sahara et Palestine : poursuivre le soutien au plan d’autonomie pour le Sahara marocain et maintenir l’attachement à la solution à deux États pour la question palestinienne.





Mardi 20 Octobre 2026

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