Au Maroc, un chantier qui s’arrête ne laisse pas seulement une grue immobile dans le ciel. Il freine les maçons, les architectes, les menuisiers, les transporteurs, les fabricants de matériaux et, au bout de la chaîne, les familles qui espéraient enfin devenir propriétaires. Les chiffres du premier trimestre 2026 appellent donc à la vigilance. Sans panique, mais sans aveuglement non plus.
Marché immobilier marocain : un recul qui ne peut plus être minimisé
Le Maroc aime le bâtiment parce qu’il le voit vivre. Une résidence qui sort de terre, ce sont des emplois, des commandes chez les fournisseurs, des cafés qui ouvrent autour d’un nouveau quartier, des familles qui se projettent. Lorsque les transactions se contractent, la secousse dépasse largement le promoteur immobilier.
Les derniers chiffres de Bank Al-Maghrib et de l’ANCFCC sont clairs. Au premier trimestre 2026, les transactions immobilières ont reculé de 40,2 % par rapport au trimestre précédent, tandis que les prix ont baissé de 2,4 %.
En comparaison annuelle, le recul des ventes atteint 9,3 %.
Rabat enregistre une chute de 55,4 %,
Marrakech de 51,5 %
Casablanca de 37,8 %.
Ce ne sont plus de simples signaux faibles. C’est une alerte sérieuse
Faut-il pour autant parler d’effondrement ? Non. Le marché marocain n’est pas à l’arrêt. Les crédits à l’habitat ont progressé de 2,9 % au premier trimestre 2026, ceux destinés à la promotion immobilière de 4,8 %. Les ventes de ciment ont même bondi de 31,8 % en avril. Le bâtiment tient encore debout, mais la mécanique se dérègle entre production, financement et capacité réelle d’achat.
Personne ne regrettera le temps des opérations floues, des terrains laissés en friche pendant des années ou des ventes conclues sur des arrangements hasardeux. Le marché a besoin de transparence. L’acquéreur marocain mérite d’être protégé. L’État a raison de combattre la spéculation foncière et de sécuriser les transactions.
La réforme de la taxe sur les terrains non bâtis poursuit cette logique. Dans les zones bien équipées, la taxation peut désormais varier entre 15 et 30 dirhams par mètre carré. L’intention est légitime : pousser les propriétaires de terrains urbains à construire, vendre ou mobiliser leur foncier au lieu d’attendre une hausse artificielle des prix.
Mais le terrain d’un promoteur n’est pas toujours un terrain disponible. Il peut être bloqué par une autorisation qui tarde, une voirie inachevée, un raccordement absent ou un document administratif qui circule d’un bureau à l’autre. Taxer indistinctement le spéculateur et l’opérateur empêché d’avancer serait une erreur. Le coût remonte toujours. Et il finit dans le prix affiché au jeune couple qui hésite déjà devant la mensualité bancaire.
Le quitus fiscal illustre bien cette tension. La nouvelle procédure dématérialisée annoncée en avril promet une délivrance sous quarante-huit heures pour les dossiers régularisés. C’est un progrès. Reste à voir si cette promesse sera tenue avec la même efficacité à Casablanca, Rabat, Tanger, Agadir et dans les villes moyennes. Une réforme ne change vraiment la vie que lorsqu’elle fonctionne au guichet, pas seulement dans un communiqué.
Marché immobilier marocain : un recul qui ne peut plus être minimisé
Le Maroc aime le bâtiment parce qu’il le voit vivre. Une résidence qui sort de terre, ce sont des emplois, des commandes chez les fournisseurs, des cafés qui ouvrent autour d’un nouveau quartier, des familles qui se projettent. Lorsque les transactions se contractent, la secousse dépasse largement le promoteur immobilier.
Les derniers chiffres de Bank Al-Maghrib et de l’ANCFCC sont clairs. Au premier trimestre 2026, les transactions immobilières ont reculé de 40,2 % par rapport au trimestre précédent, tandis que les prix ont baissé de 2,4 %.
En comparaison annuelle, le recul des ventes atteint 9,3 %.
Rabat enregistre une chute de 55,4 %,
Marrakech de 51,5 %
Casablanca de 37,8 %.
Ce ne sont plus de simples signaux faibles. C’est une alerte sérieuse
Faut-il pour autant parler d’effondrement ? Non. Le marché marocain n’est pas à l’arrêt. Les crédits à l’habitat ont progressé de 2,9 % au premier trimestre 2026, ceux destinés à la promotion immobilière de 4,8 %. Les ventes de ciment ont même bondi de 31,8 % en avril. Le bâtiment tient encore debout, mais la mécanique se dérègle entre production, financement et capacité réelle d’achat.
Personne ne regrettera le temps des opérations floues, des terrains laissés en friche pendant des années ou des ventes conclues sur des arrangements hasardeux. Le marché a besoin de transparence. L’acquéreur marocain mérite d’être protégé. L’État a raison de combattre la spéculation foncière et de sécuriser les transactions.
La réforme de la taxe sur les terrains non bâtis poursuit cette logique. Dans les zones bien équipées, la taxation peut désormais varier entre 15 et 30 dirhams par mètre carré. L’intention est légitime : pousser les propriétaires de terrains urbains à construire, vendre ou mobiliser leur foncier au lieu d’attendre une hausse artificielle des prix.
Mais le terrain d’un promoteur n’est pas toujours un terrain disponible. Il peut être bloqué par une autorisation qui tarde, une voirie inachevée, un raccordement absent ou un document administratif qui circule d’un bureau à l’autre. Taxer indistinctement le spéculateur et l’opérateur empêché d’avancer serait une erreur. Le coût remonte toujours. Et il finit dans le prix affiché au jeune couple qui hésite déjà devant la mensualité bancaire.
Le quitus fiscal illustre bien cette tension. La nouvelle procédure dématérialisée annoncée en avril promet une délivrance sous quarante-huit heures pour les dossiers régularisés. C’est un progrès. Reste à voir si cette promesse sera tenue avec la même efficacité à Casablanca, Rabat, Tanger, Agadir et dans les villes moyennes. Une réforme ne change vraiment la vie que lorsqu’elle fonctionne au guichet, pas seulement dans un communiqué.
Immobilier Maroc : relancer sans nourrir la spéculation
Le débat sur les petites surfaces doit aussi sortir des slogans. Il faut combattre les logements indignes et les produits pensés uniquement pour la location courte durée. Mais il serait tout aussi absurde d’imposer un modèle unique de logement. Un étudiant, un jeune salarié, un MRE à la recherche d’un pied-à-terre et une famille nombreuse n’ont ni le même budget ni les mêmes attentes.
Le Maroc a besoin d’une offre diversifiée, mieux construite, mieux située et surtout plus proche du pouvoir d’achat réel. La relance ne passera pas par une nouvelle fièvre spéculative. Elle passera par des autorisations plus rapides, un foncier mieux classé, des règles prévisibles et une concurrence loyale.
Quand le bâtiment ne va pas, rien ne va tout à fait. Mais lorsqu’il est encadré avec intelligence, il redevient une force tranquille : celle qui construit des logements dignes, des emplois durables et un peu de confiance dans l’avenir.
Le Maroc a besoin d’une offre diversifiée, mieux construite, mieux située et surtout plus proche du pouvoir d’achat réel. La relance ne passera pas par une nouvelle fièvre spéculative. Elle passera par des autorisations plus rapides, un foncier mieux classé, des règles prévisibles et une concurrence loyale.
Quand le bâtiment ne va pas, rien ne va tout à fait. Mais lorsqu’il est encadré avec intelligence, il redevient une force tranquille : celle qui construit des logements dignes, des emplois durables et un peu de confiance dans l’avenir.












L'accueil
















