Un investissement majeur resté inactif
Le marché de gros, situé à proximité de la zone industrielle de Youssoufia à Rabat, avait été conçu pour devenir l’un des centres logistiques alimentaires les plus modernes du pays.
Sa construction a mobilisé d’importants capitaux publics, reflétant la volonté des décideurs d’offrir aux acteurs du commerce alimentaire un espace conforme aux normes sanitaires, doté de zones de stockage adaptées et de facilités pour la distribution des produits frais et secs.
Sur le papier, l’infrastructure devait remplacer des espaces obsolètes, offrir un environnement mieux organisé et réduire les coûts logistiques des opérateurs.
Pourtant, malgré ces objectifs affichés, le marché reste fermé depuis sa réception des travaux, et aucune explication détaillée n’a été communiquée sur la raison de ce blocage prolongé.
Un impact concret sur les acteurs économiques
Pour les commerçants, grossistes et producteurs qui animaient auparavant les anciens marchés, cette stagnation est source d’inquiétude.
La mise en service d’une plateforme logistique moderne devait faciliter l’écoulement des marchandises, optimiser la chaîne d’approvisionnement et répondre aux normes de qualité et de sécurité alimentaire.
Or, dans l’état actuel des choses, ces bénéfices restent purement théoriques.
L’absence d’une solution alternative et l’attente prolongée d’une mise en exploitation portent atteinte à la fluidité commerciale et à la compétitivité du secteur sur le plan national.
Cette situation affecte aussi le pouvoir d’achat des consommateurs et le quotidien des professionnels du secteur, qui doivent continuer à travailler dans des conditions jugées inadaptées par beaucoup d’entre eux.
Une controverse qui gagne l’espace public
Au sein du Conseil communal de Rabat, cette question a fait l’objet de débats animés. Certains élus ont interpellé les autorités sur la nécessité d’exiger des comptes précis quant aux retards répétés et aux coûts engagés.
Ils dénoncent notamment l’absence de communication claire autour des obstacles qui empêchent l’ouverture d’un équipement d’importance majeure.
La controverse s’intensifie également dans les milieux économiques et logistiques, où plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer un manque de transparence dans la gestion des grandes infrastructures publiques.
Le coût global du projet, comparable à d’autres investissements lourds dans la capitale, pique la curiosité des observateurs, qui s’interrogent sur les mécanismes de pilotage et de gouvernance du dossier.
Quels freins à la mise en service ?
À ce stade, aucune explication officielle complète n’a été rendue publique sur les raisons exactes de la fermeture persistante du marché.
Des rumeurs évoquent différentes hypothèses : délais dans les démarches administratives, configurations techniques à revoir, problèmes de raccordement aux réseaux ou encore désaccords entre acteurs publics et privés.
Cependant, aucune de ces hypothèses n’a été confirmée de manière officielle par les autorités municipales ou les responsables du projet, ce qui alimente encore davantage les spéculations.
La transparence fait défaut, selon certains acteurs, ce qui crée un climat d’incertitude autour d’un équipement dont la mise en service serait pourtant stratégique pour le tissu économique local.
Les attentes des professionnels du secteur
Pour les opérateurs économiques, ce marché devait permettre de réduire les coûts de transaction, de garantir des standards sanitaires plus élevés et de soutenir les activités des petites et moyennes entreprises (PME) en facilitant l’accès aux circuits de distribution.
Beaucoup espèrent que sa mise en exploitation ouvrira la voie à des gains d’efficacité et à une réduction du gaspillage alimentaire, un enjeu majeur dans les économies en développement.
Certains grossistes témoignent d’une pression croissante sur les anciens marchés existants, jugés saturés et inadaptés à un commerce moderne.
L’infrastructure achevée aurait dû fortement contribuer à désengorger ces espaces traditionnels, améliorer la rotation des stocks et sécuriser les opérations quotidiennes.
Le coût du retard pour l’économie locale
Au-delà du débat politique, la situation a une incidence économique concrète.
Un marché de gros représente un maillon essentiel dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire :
Il structure les flux de produits agricoles et alimentaires, facilite les échanges entre producteurs et distributeurs, et influence directement les prix pour les consommateurs.
Un retard prolongé dans l’ouverture d’une telle infrastructure peut entraîner des coûts indirects significatifs : maintien de services improductifs, pertes d’opportunités de croissance, difficultés dans la logistique des denrées périssables, et concurrence accrue entre lieux de vente informels ou non réglementés.
Une mise en service attendue pour relancer la dynamique
Alors que l’investissement a été réalisé et que le projet est achevé, la mise en service du marché de gros de Rabat apparaît comme une étape cruciale pour revitaliser le secteur commercial alimentaire dans la région.
Pour les professionnels et les citoyens, cette ouverture est vue non seulement comme une mesure économique mais aussi comme un facteur de sécurité sanitaire, de modernisation et de développement local.
Dans une ville en pleine expansion et situé au cœur d’un corridor économique important, cet équipement a le potentiel de transformer durablement les circuits logistiques et de distribution des produits alimentaires à condition que les responsables trouvent enfin une issue à cette longue période d’attente et d’incertitude.












L'accueil















