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​Notation souveraine : le Maroc regagne l’« investment grade »

Une trajectoire macroéconomique jugée crédible et mérite une note BBB-/A-3 assortie d’une perspective stable.


Rédigé par La rédaction le Mercredi 25 Février 2026



Un bon signal de crédibilité sous conditions

Le Maroc vient de franchir un seuil symbolique mais stratégique. Dans son rapport annuel Africa Credit Rating Trends 2025, publié le dix-neuf février, Standard & Poor’s (S&P) confirme le retour du Royaume dans la catégorie investment grade, avec une note BBB-/A-3 assortie d’une perspective stable. Une première en Afrique dans le cycle actuel des notations, marqué ailleurs par des tensions budgétaires persistantes, des vulnérabilités externes et un accès aux marchés de plus en plus sélectif.

Cette décision ne constitue pas une simple mise à jour technique. Elle traduit une appréciation globale de la trajectoire macroéconomique du pays, jugée suffisamment robuste pour résister aux chocs successifs — pandémie, inflation importée, stress énergétique, sécheresses répétées — sans rupture majeure de financement ni dérapage incontrôlé des équilibres publics.

Dans son analyse, S&P met en avant plusieurs facteurs convergents. D’abord, la gestion budgétaire, caractérisée par une volonté affichée de consolidation progressive, malgré le maintien d’un effort d’investissement public élevé. Le déficit budgétaire, après avoir servi d’amortisseur social et économique, est appelé à se rapprocher graduellement de seuils plus soutenables.

Ensuite, la stabilité monétaire et la crédibilité du cadre macroéconomique jouent un rôle central. L’inflation, bien qu’ayant atteint des niveaux inédits ces dernières années, a été contenue sans perte de contrôle, tandis que les réserves de change demeurent jugées adéquates pour couvrir les besoins extérieurs du pays.

Enfin, la capacité d’accès aux marchés internationaux constitue un marqueur déterminant. L’émission récente d’un emprunt obligataire en euros, dans des conditions jugées favorables comparativement à de nombreux pays émergents, a renforcé la perception d’un État capable de se financer sans dépendre exclusivement de l’aide multilatérale ou de financements d’urgence.

Un contraste africain assumé

Le rapport de S&P souligne un contraste net : si quelques pays africains ont bénéficié d’améliorations de notation ou de perspectives, la tendance globale reste fragile. Plusieurs économies du continent demeurent exposées à des risques élevés de refinancement, à une dette libellée en devises coûteuse et à des chocs politiques ou sécuritaires persistants.

Dans ce paysage, le Maroc apparaît comme un cas relativement atypique : économie diversifiée, base exportatrice en mutation (automobile, aéronautique, phosphates, services), flux touristiques dynamiques et transferts des Marocains du monde jouant un rôle stabilisateur. Autant d’éléments qui renforcent la lecture positive des agences de notation.

Pour autant, le retour à l’investment grade ne saurait être interprété comme une validation définitive du modèle économique. S&P elle-même rappelle les zones de fragilité structurelle : un chômage élevé, notamment chez les jeunes diplômés, un PIB par habitant encore modeste, une forte exposition aux aléas climatiques et une dépendance persistante à certains marchés extérieurs.

La question centrale n’est donc pas seulement celle de la soutenabilité financière, mais celle de la qualité de la croissance. L’investissement public, massif et structurant, devra produire des effets plus visibles en matière de productivité, d’emploi et de réduction des inégalités territoriales. À défaut, la crédibilité financière risque de rester déconnectée de la perception sociale et économique intérieure.

Dans la pratique, le statut investment grade élargit le cercle des investisseurs institutionnels susceptibles d’acheter de la dette marocaine, réduit le coût du financement et renforce l’image du pays auprès des partenaires internationaux. Mais il impose aussi une discipline accrue : toute dérive budgétaire, choc externe mal absorbé ou ralentissement prolongé des réformes pourrait rapidement se traduire par une révision de perspective, voire de note.

Autrement dit, la notation fonctionne comme un contrat implicite entre l’État et les marchés. Elle repose sur une promesse de continuité, de lisibilité et de maîtrise des risques, plus que sur une performance ponctuelle.

Adnane Benchakroun : vice président de l"alliance des économistes Istiqlaliens

« Le retour du Maroc au statut investment grade chez Standard & Poor’s est un signal fort, mais surtout un signal rare dans le contexte africain actuel. Cela traduit moins une performance ponctuelle qu’une lecture de crédibilité dans la durée : capacité à absorber les chocs, à maintenir une discipline budgétaire relative et à préserver l’accès aux marchés internationaux sans spirale de défiance.

Il faut toutefois éviter toute lecture euphorique. Une notation n’est ni une récompense politique ni une fin en soi. C’est un contrat implicite avec les marchés, conditionné à la poursuite des réformes, à la maîtrise de la dette et à la transformation de l’investissement en croissance inclusive.


Le vrai test commence maintenant : convertir cette crédibilité financière en gains économiques tangibles — emploi, productivité, résilience climatique. Sans cela, l’investment grade reste un label, pas encore une garantie. »





Mercredi 25 Février 2026

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