Rapport PISA 2022 : La culture mathématique, pas vraiment engagée dans le quotidien


L'évaluation des mathématiques revêt une importance particulière pour PISA 2022. Dans ce classement, le Marocain est un mauvais élève. Seulement, l’angle de prise en « considération » des « mathématiques » ne consiste pas dans l’aptitude à effectuer des opérations et à résoudre des équations, mais dans le raisonnement mathématique à la fois déductif et inductif. Il s’agit de comparer les performances des élèves au fil du temps, mais au vu des changements qui s’opèrent dans le monde.
C’est une évaluation de PISA basée sur un apprentissage des mathématiques touchant à la vie au quotidien. Une estimation plutôt politique qui détermine dans quelle mesure les pays préparent leurs élèves à utiliser les maths dans tous les aspects de leur vie personnelle, civique et professionnelle, comme spécifié dans le rapport : « pour une citoyenneté du XXIe siècle à la fois constructive, engagée et réfléchie».



« La culture mathématique est l’aptitude d’un individu à raisonner de façon mathématique et à formuler, à employer et à interpréter les mathématiques pour résoudre des problèmes dans un éventail de contextes du monde réel. Elle nécessite notamment des concepts, des procédures, des faits et des outils pour décrire, expliquer et prévoir des phénomènes ». 

Il s’agit de répondre aux défis sociétaux et d’être mathématiquement compétent et bien équipé pour participer en tant que citoyen réfléchi et engagé.

Or, ces concepts, procédures et outils nous manquent, en matière d’apprentissage, tout autant que la corrélation entre mathématiques et monde réel.

Dans ce cadre, il est tout à fait normal que l’échantillon des élèves marocains choisi dans ce dessein, autrement dit pour cette évaluation PISA, échoue et se retrouve en bas de l’échelle. Il est impératif de souligner que dans notre système éducatif marocain, il y a plusieurs « manquements, parfois des incompétences pédagogiques. Ce qui compte, ce sont les notes et non l’apprentissage réfléchi. On n’apprend pas aux élèves du  primaire le « be à ba » des mathématiques,  pourquoi s’écrivent les chiffres de cette façon ni leur liaison avec les angles, ni à quoi servent les différentes opérations et leur liaison avec la vie. La preuve, les gens qui prennent des cours d’alphabétisation n’ont qu’un seul mot à la bouche : enfin je peux payer la marchandise et lire le Coran. Quoique lire le coran reste difficile pour pas mal de génies mathématiciens. Apprendre intelligemment est ce qui est préconisé.

Il fût un temps où le calcul mental avait sa place en classe, tout autant que la lecture d’un petit chapitre d’un livre au début ou à la fin d’une séance du primaire, et où une table de multiplication était la base des mathématiques. Une obligation qui est d’un autre temps de nos jours. Actuellement, des écoles de soutien et certains clubs pour enfants qui se sont rendus compte de ces failles et manquements dans la scolarisation, optent pour des séances de calcul mental, payés bien sûr par les parents.

De nos jours, on ne donne plus assez d’importance à la table de multiplication, sachant qu’au collège, certains enseignants accordent parfois l’usage des calculettes et calculatrices. Surtout au cours d’une interrogation écrite qui s’éternise, « en longueur », comme si toutes les leçons apprises devraient être évaluées dans cette copie. On travaille avec l’enfant surtout la vitesse  de résolution des exercices, il est censé en résoudre, au moins 3, pour avoir la moyenne. Par ailleurs, une évaluation des connaissances, est divisée en deux exercices assez faciles pour que la moitié de la classe ait sa moyenne, et les autres pour les cracks qui doivent se démarquer. Dans le cadre d’une école privée, les premiers sont à « chasser » de l’école, et ce sont les premiers de la classe, témoins du niveau de l’établissement qui font office de référence et de renommée au niveau des classes de passage au collège, lycée ou universités.

Avant, un professeur de maths ou maître à l’école expliquait la leçon en arabe, en français ou même en « chelha », l’important c’est de comprendre. Aujourd’hui, ni les enseignants de l’école, ni les cours de soutien ne suffisent. Et avec l’épidémie, le confinement et l’alternance entre présentiel et distanciel, les élèves ont perdu la main. Il leur faut du temps, voire des années, pour que l’apprentissage et la scolarisation « rentrent dans les rails » et que les élèves aient un bon apprentissage. Ils ont perdu les bases et la manière.

Notre apprentissage scolaire « prône » ou privilégie plutôt la vitesse et les notes que toute autre chose. Les programmes sont longs et notre système éducatif est en souffrance depuis belle lurette. Le célèbre phrase de Montaigne est inversée : «  Une tête bien pleine vaut mieux qu’une tête bien faite ».

Tout ce qui reste à dire, c’est :

Comment ces élèves de 15 ans considérés comme des cancres, arrivent-ils à briller et à se démarquer une fois à l’étranger après le Bac dans les grandes classes préparatoires et cycle d'ingénierie ?

Qu’est-ce qui fait booster leurs performances outre-mer et les amène à occuper les meilleurs postes dans les meilleures boites internationales ?






Lundi 14 Février 2022

Dans la même rubrique :
< >

Samedi 3 Décembre 2022 - 14:55 Qatar 2022 : Et si on parlait football..!

Les émissions de L'ODJ TV | L'ODJ Room | L'ODJ Podcasts | Communiqué de presse | L'ODJ Lifestyle | Sport | Breaking news | Quartier libre | Santé & Bien être | Culture & Loisir | Conso & Environnement | Replay vidéo outdoor | Digital & Tech | Musiczone | L'ODJ Média | Magazine | Small Business | Home sweet Home | Auto-moto | EduWhatsUp



Magazine créé avec Madmagz.