Le débat est moins technique qu'il n'y paraît. Il oppose en réalité deux visions du pays.
La première consiste à relancer la consommation. Ses défenseurs partent d'un constat simple : une partie importante des ménages marocains, et particulièrement la classe moyenne, étouffe. Inflation alimentaire, pression fiscale indirecte, coût du logement, de la santé, de l'éducation et des transports ont progressivement réduit les marges de manœuvre des familles.
Pour cette école de pensée, la priorité doit être de redonner immédiatement du pouvoir d'achat. Baisse de certains impôts, soutien ciblé aux revenus, lutte contre les situations de rente, contrôle plus efficace de certains circuits de distribution, révision de la fiscalité sur les classes moyennes : l'objectif est clair. Faire respirer les ménages pour relancer automatiquement la demande intérieure.
Car lorsque les familles consomment davantage, les commerces vendent davantage, les entreprises produisent davantage et les recettes fiscales finissent par augmenter. Cette approche présente également un avantage politique évident : ses effets sont rapidement perceptibles par les électeurs.
Mais cette stratégie possède aussi ses limites. Une relance exclusivement fondée sur la consommation peut rapidement alimenter les importations plutôt que la production nationale. Elle peut également générer des tensions inflationnistes si l'offre locale n'est pas capable de suivre.
Face à cette vision, une autre école défend la relance par l'offre.
Selon ses partisans, le véritable défi du Maroc n'est pas la consommation mais la création de richesse. Il faut produire davantage, exporter davantage, investir davantage et améliorer la compétitivité de l'économie nationale.
Dans cette logique, l'État doit faciliter l'investissement privé, réduire les contraintes administratives, accélérer les projets industriels, renforcer la souveraineté énergétique, soutenir l'innovation et permettre aux entreprises de grandir plus vite.
L'idée est que la croissance durable naît d'abord de la production et de l'investissement avant de se diffuser vers les revenus et l'emploi.
Cette approche a largement inspiré les politiques économiques de nombreux pays émergents au cours des dernières décennies. Elle a permis au Maroc de bâtir des filières performantes dans l'automobile, l'aéronautique, les énergies renouvelables ou encore les infrastructures.
Mais là encore, une limite apparaît. Lorsque les résultats mettent plusieurs années à se matérialiser, les citoyens peuvent avoir le sentiment que les bénéfices de la croissance leur échappent. Une économie peut afficher de bons indicateurs macroéconomiques tout en laissant s'installer un sentiment de déclassement au sein de larges couches de la population.
C'est probablement là que se situe le véritable enjeu des élections de 2026.
Les Marocains ne semblent plus attendre uniquement des promesses de croissance. Ils attendent une croissance visible dans leur quotidien. Une croissance qui améliore le panier de la ménagère, facilite l'accès au logement, sécurise les parcours professionnels et renforce l'ascenseur social.
Le programme électoral qui dominera le débat public sera sans doute celui qui réussira à dépasser cette opposition artificielle entre offre et demande. Celui qui proposera simultanément une économie plus productive et une société plus inclusive.
La vraie question n'est peut-être plus de choisir entre relance par la consommation et relance par l'offre.
La vraie question est de savoir comment réconcilier l'entreprise et la classe moyenne, la compétitivité et le pouvoir d'achat, la croissance et la dignité.
Car en 2026, les électeurs jugeront moins les théories économiques que leur traduction concrète dans leur vie quotidienne.
Et dans un Maroc où la classe moyenne réclame de nouveau sa place dans le contrat social, le prochain scrutin pourrait bien être celui du pouvoir d'achat autant que celui de la croissance.
Pour cette école de pensée, la priorité doit être de redonner immédiatement du pouvoir d'achat. Baisse de certains impôts, soutien ciblé aux revenus, lutte contre les situations de rente, contrôle plus efficace de certains circuits de distribution, révision de la fiscalité sur les classes moyennes : l'objectif est clair. Faire respirer les ménages pour relancer automatiquement la demande intérieure.
Car lorsque les familles consomment davantage, les commerces vendent davantage, les entreprises produisent davantage et les recettes fiscales finissent par augmenter. Cette approche présente également un avantage politique évident : ses effets sont rapidement perceptibles par les électeurs.
Mais cette stratégie possède aussi ses limites. Une relance exclusivement fondée sur la consommation peut rapidement alimenter les importations plutôt que la production nationale. Elle peut également générer des tensions inflationnistes si l'offre locale n'est pas capable de suivre.
Face à cette vision, une autre école défend la relance par l'offre.
Selon ses partisans, le véritable défi du Maroc n'est pas la consommation mais la création de richesse. Il faut produire davantage, exporter davantage, investir davantage et améliorer la compétitivité de l'économie nationale.
Dans cette logique, l'État doit faciliter l'investissement privé, réduire les contraintes administratives, accélérer les projets industriels, renforcer la souveraineté énergétique, soutenir l'innovation et permettre aux entreprises de grandir plus vite.
L'idée est que la croissance durable naît d'abord de la production et de l'investissement avant de se diffuser vers les revenus et l'emploi.
Cette approche a largement inspiré les politiques économiques de nombreux pays émergents au cours des dernières décennies. Elle a permis au Maroc de bâtir des filières performantes dans l'automobile, l'aéronautique, les énergies renouvelables ou encore les infrastructures.
Mais là encore, une limite apparaît. Lorsque les résultats mettent plusieurs années à se matérialiser, les citoyens peuvent avoir le sentiment que les bénéfices de la croissance leur échappent. Une économie peut afficher de bons indicateurs macroéconomiques tout en laissant s'installer un sentiment de déclassement au sein de larges couches de la population.
C'est probablement là que se situe le véritable enjeu des élections de 2026.
Les Marocains ne semblent plus attendre uniquement des promesses de croissance. Ils attendent une croissance visible dans leur quotidien. Une croissance qui améliore le panier de la ménagère, facilite l'accès au logement, sécurise les parcours professionnels et renforce l'ascenseur social.
Le programme électoral qui dominera le débat public sera sans doute celui qui réussira à dépasser cette opposition artificielle entre offre et demande. Celui qui proposera simultanément une économie plus productive et une société plus inclusive.
La vraie question n'est peut-être plus de choisir entre relance par la consommation et relance par l'offre.
La vraie question est de savoir comment réconcilier l'entreprise et la classe moyenne, la compétitivité et le pouvoir d'achat, la croissance et la dignité.
Car en 2026, les électeurs jugeront moins les théories économiques que leur traduction concrète dans leur vie quotidienne.
Et dans un Maroc où la classe moyenne réclame de nouveau sa place dans le contrat social, le prochain scrutin pourrait bien être celui du pouvoir d'achat autant que celui de la croissance.












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