Etrangement, c’est au moment même ou l’humanité avait le plus besoin d’un système de gouvernance mondiale pour faire face le plus efficacement à la pandémie qu’elle s’est avérée encore incapable d’y parvenir. Les pays, même les plus développés, ont une tendance naturelle, en situation de grave crise, à se renfermer sur eux-mêmes.
Chacun pour soi
La plupart des pays ont privilégié un comportement égoïste à la collaboration. Les rares qui se sont distingués en apportant leur appui à ceux dans le besoin, tel le Maroc en Afrique, ne vont toutefois pas manquer de réaliser un retour sur investissement de leur « soft power ».
Les thuriféraires du libéralisme à tout va ont dû également se faire discrets. Les peuples se sont instinctivement tournés vers leurs pouvoirs publics pour chercher soutien face à la crise sanitaire. Les opérateurs économiques n’étaient pas en reste, tout le monde redécouvrant miraculeusement les vertus de l’Etat providence. Laisser subventionner, laisser protéger…
Effondrement de paradigmes
Adieu aussi la sacro-sainte orthodoxie financière, bonjour la monétisation de la dette. Des crédits ? En veux-tu en voilà ! Aux Etats-Unis, la planche à billet à surchauffé. L’Union européenne a mutualisé sa dette, au grand dam des pays frugaux du nord.
Comme les activités économiques peinent jusqu’à présent à reprendre leur vitesse de croisière, on se demande cependant d’où vont provenir les recettes nécessaires pour couvrir les échéances de remboursement. Les prévisions tablent sur une explosion des faillites d’entreprises au cours du 1er trimestre 2021.
L’ère du digital
Télétravail, téléenseignement, tout se fait à distance de sécurité, mais encore faut-il être initié à la manipulation des outils numériques.
Comme la peste noire du 14ème siècle a signé la fin de la féodalité et l’émergence de la bourgeoisie en Europe, la pandémie du coronavirus est indéniablement annonciatrice de l’entrée, au pas de charge, de l’humanité dans l’ère du digital.
Fracture numérique
Même la notion d’exploitation de la force du travail, dans sa conception marxiste, est dépassée, c’est de mise au banc de la société de l’information mondialisée qu’il sera dorénavant question.
Dans quelques jours, la commission spéciale pour le modèle de développement devra remettre son rapport. On espère y lire la vision marocaine de positionnement du pays dans le monde « 4.0 » en devenir.












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