Dès l’annonce officielle, le ton a été donné : il s’agit du plus grand chantier aéroportuaire jamais entrepris par l’Office national des aéroports (ONDA). Et, pour le lectorat marocain, particulièrement ceux qui ont vu évoluer l’aéroport ces dernières décennies, l’importance de cette transformation est tangible. Les décideurs ont voulu et réussi à faire vite sans sacrifier la qualité : le processus d’attribution s’est bouclé en à peine 18 mois, avec seulement huit mois entre la publication de l’appel à manifestation d’intérêt en avril 2025 et l’attribution finale du marché.
Ce délai serré, atypique pour une infrastructure de cette envergure, en dit long sur la volonté politique et la capacité de pilotage institutionnel marocain. Il reflète aussi une maturité accrue dans la gestion des grands projets, malgré des défis logistiques évidents.
Pour les Casablancais qui, matin après matin, observent l’activité frénétique autour du site, ce chantier n’est pas une abstraction : il mobilisera des milliers d’emplois, directs et indirects, dynamisant non seulement le BTP mais aussi toute une chaîne de services connexes, de la logistique à la sécurité.
Le nouveau terminal, pensé pour accueillir 20 millions de passagers par an lors de sa première phase, pourra étendre cette capacité jusqu’à 30 millions, avec une surface prévue de 600 000 m². Il sera en mesure d’accueillir jusqu’à 45 avions simultanément, un progrès considérable qui promet d’optimiser tant le flux des voyageurs que l’efficacité opérationnelle.
Il serait réducteur de ne voir dans ce projet qu’une prouesse d’ingénierie. C’est aussi une réponse stratégique à deux réalités contemporaines : l’essor de Royal Air Maroc, qui ne cesse de gagner en rayonnement, et la préparation du Royaume à jouer pleinement son rôle lors d’événements internationaux de grande ampleur, comme la Coupe du Monde de football 2030.
À ceux qui s’inquiètent d’un chantier titanesque conçu selon des standards trop « internationaux », il faut rappeler que le leadership du tandem SGTM–TGCC est une affirmation claire de compétences marocaines dans des projets complexes. Cette dynamique renforce l’écosystème local tout en inspirant la génération montante d’ingénieurs, d’architectes et de jeunes professionnels économiques.
Un autre aspect souvent souligné dans les cercles d’experts est l’intermodalité intégrée au projet. Le terminal sera directement connecté à la future ligne à grande vitesse entre Tanger et Marrakech, une innovation qui ne manque pas de dessiner, dès aujourd’hui, la carte d’un Maroc plus agile et connecté que jamais.
Pour autant, tous ne sont pas sans réserves. Certains analystes pointent du doigt le défi environnemental et énergétique que représente un tel mastodonte. Mais en réponse, les concepteurs promettent une architecture qui mise sur l’efficacité énergétique, la fluidité des parcours passagers et une gestion intelligente des flux, tout en restant respectueuse des standards internationaux.
Dans un monde où les hubs aériens sont des vitrines de puissance économique, ce nouveau terminal représente plus qu’un bâtiment : c’est une affirmation de souveraineté industrielle et d’ambition stratégique. Alors que les travaux doivent s’achever d’ici mi-2029, affirmant la capacité du Maroc à tenir des délais ambitieux, la nation s’avance avec détermination vers l’avenir ancrée dans ses valeurs, ouverte au monde.
Ce chantier colosse n’est pas seulement affaire de béton et de verre. Il porte l’espoir d’une jeunesse qui croit en un Maroc à la pointe des connexions internationales un Maroc qui prend son envol, un vol à la fois.












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