Les sanctions disciplinaires et financières infligées aux deux sélections, combinées au rejet du recours déposé par la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), ont été perçues par de nombreux observateurs comme déséquilibrées et insuffisamment motivées. Sur les réseaux sociaux, les réactions se sont multipliées, traduisant un malaise profond face à ce que beaucoup considèrent comme un manque d’équité dans le traitement de ce dossier sensible.
L’éditorialiste Amine Sebti a ainsi relativisé ce qu’il qualifie de « vacarme médiatique », estimant que la thèse d’un prétendu détournement de la CAF a été artificiellement gonflée. Dans une publication sur Facebook, il rappelle que les critiques adressées au Maroc suivent souvent un schéma récurrent : mise en cause de la capacité d’accueil, attaques contre la qualité des infrastructures et la gestion du public, avant d’être progressivement démenties par la réalité du terrain et par les évaluations positives des conditions d’organisation, malgré des contraintes climatiques importantes.
Selon lui, les témoignages de ceux qui ont vécu la compétition de l’intérieur ont fini par affaiblir ces accusations, remplacées ensuite par des insinuations liées à l’arbitrage, aux décisions « en coulisses » et à des théories complotistes qu’il juge peu crédibles et indignes d’attention.
De son côté, le journaliste Youssef Aït El Haj s’est attardé sur le timing de l’annonce des sanctions, évoquant une « décision nocturne » qu’il associe à des pratiques peu transparentes. S’il estime que le fond des décisions ne nécessite pas un long débat technique, il met toutefois en garde contre leur portée symbolique, craignant qu’elles ne contribuent à banaliser une logique de règlement des différends par la force et à créer un précédent préoccupant.
Le ton s’est durci avec la réaction du journaliste Mohamed Telaghi, qui a qualifié les sanctions de « honteuses » et de « scandaleuses ». Il a notamment soulevé la question de l’impartialité de la commission de discipline, présidée par le Sénégalais Ousmane Kane, évoquant un possible conflit d’intérêts. Telaghi pointe également plusieurs zones d’ombre, notamment sur les critères ayant conduit à sanctionner certains joueurs plutôt que d’autres, ou sur la qualification juridique de faits tels que l’intrusion dans la zone VAR, alors que des actes similaires du camp adverse n’auraient pas été traités avec la même sévérité.
Il s’interroge par ailleurs sur l’absence, selon lui, de réactions fermes de la CAF face à des faits graves, tels que des actes de vandalisme, des agressions contre les forces de l’ordre, le retrait de joueurs sénégalais de la pelouse ou encore certaines déclarations de responsables du football sénégalais, jugées préjudiciables à l’image de l’instance continentale.
La polémique a également gagné le monde artistique. L’acteur Zoubir Hilal a exprimé sur Instagram son incompréhension face aux sanctions infligées à des joueurs comme Achraf Hakimi ou Ismaël Saibari, ironisant sur la logique des décisions et soulignant, avec sarcasme, que ce type de contradictions semble devenu familier dans le football africain.
Dans une analyse plus globale, l’acteur Oussama Ramzi a estimé que ces décisions s’inscrivent dans un « scénario absurde », révélateur de dysfonctionnements profonds au sein du football continental. Il a mis en avant le contraste entre les investissements consentis par les pays hôtes pour garantir une organisation exemplaire et l’absence, selon lui, de garanties solides en matière d’équité sportive, allant jusqu’à évoquer un risque de désengagement progressif d’une partie du public marocain vis-à-vis des compétitions africaines.
Enfin, la journaliste et influenceuse Lamia El Bakri a qualifié la situation de « choquante ». Si elle reconnaît la gravité des actes de violence et la nécessité de sanctions fermes, elle estime néanmoins que les décisions prises manquent d’équilibre et ont laissé un sentiment d’injustice largement partagé au sein de l’opinion sportive marocaine.
L’ampleur et la diversité de ces réactions illustrent le climat de tension provoqué par les sanctions de la CAF, dont l’impact dépasse largement le cadre disciplinaire. Entre défense d’une application rigoureuse des règlements et dénonciation de dysfonctionnements structurels, la controverse relance une question centrale : la capacité de l’instance africaine à restaurer la confiance et à garantir une véritable justice sportive, à l’heure où le football africain affiche des ambitions croissantes sur la scène internationale.












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