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Quand les hôpitaux publics deviennent le maillon faible
À ce tableau déjà sombre s’ajoute un contraste choquant. Tandis que le secteur public agonise, le privé prospère. De grands groupes hospitaliers, comme Akdital, étendent leur réseau à travers le pays, offrant des infrastructures modernes et des soins rapides… mais à des tarifs inaccessibles pour la majorité. Le financement de l’assurance maladie, qui devrait soutenir l’hôpital public, alimente largement ce secteur privé florissant. Résultat : un Maroc à deux vitesses, où l’argent ouvre les portes des cliniques, tandis que la pauvreté condamne à patienter — parfois jusqu’à l’irrémédiable.
Le problème n’est pas seulement budgétaire. Transparency International a récemment pointé la régression du Maroc dans son indice de perception de la corruption. Le secteur de la santé est en première ligne : "favoritisme dans les recrutements, détournements de fonds, achats d’équipements gonflés, contrats douteux"selon Transparency International !
Chaque scandale fragilise davantage la confiance des citoyens et alimente la colère. Le gaspillage de ressources, dans un domaine où chaque dirham devrait sauver des vies, devient insupportable.
Santé en crise, citoyens en colère : le test du système marocain
Face à ces manquements, les manifestations se multiplient. Dans les grandes villes comme dans les villages reculés, la demande est claire : de meilleurs hôpitaux, des routes praticables pour y accéder, des réseaux mobiles pour alerter et informer. La santé devient un cri collectif, un marqueur de la dignité bafouée. La colère populaire ne vise pas seulement les carences du système, mais aussi les promesses répétées du gouvernement restées lettre morte.
La crise actuelle ne peut être réduite à une question d’infrastructures vétustes. Elle pose un problème de gouvernance. Elle révèle la distance grandissante entre un État qui multiplie les annonces (Des CHU en cours de construction dans chaque région) et une population qui n’y croit plus. Elle montre aussi que le développement économique vanté dans les rapports officiels ne profite pas aux services de base. La santé est le thermomètre du contrat social : quand elle décline, c’est tout le pacte national qui vacille.
Il est encore temps d’agir. Le Maroc dispose d’un vivier de compétences médicales, souvent parties à l’étranger faute de perspectives locales. Il possède des capacités budgétaires, prouvées par l’ampleur des investissements consentis dans d’autres domaines. Ce qui manque, c’est une volonté claire de placer la santé au sommet des priorités, loin des logiques de rente et des calculs électoraux. Sans ce sursaut, la fracture entre public et privé continuera de s’élargir, transformant la santé en privilège réservé aux plus aisés.












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Et si l’Espagne n’acceptait toujours pas un Maroc devenu un peu son égal ?












