L'ODJ Média

lodj






Sécurité hydrique au Maroc 2026 : de la peur de la pénurie à l’architecture nationale de résilience.


Par Abdelghani El Arrasse.

À l’orée du printemps 2026, le Maroc enregistre une amélioration notable de sa situation hydrique et agricole après plusieurs années de sécheresse sévère.

Le taux de remplissage des barrages avoisine désormais les 72 %, un niveau qui redonne confiance aux agriculteurs, aux opérateurs économiques et aux ménages.

Parallèlement, Bank Al-Maghrib prévoit une récolte céréalière d’environ 82 millions de quintaux et une hausse de la valeur ajoutée agricole de près de 14,4 %, ce qui constitue un levier important pour la croissance nationale. Mais réduire cette amélioration aux seules précipitations serait une lecture incomplète.

En réalité, le Maroc récolte aujourd’hui les fruits d’une transformation structurelle profonde de sa politique de l’eau, passée d’une logique de gestion de crise à une véritable stratégie de sécurité hydrique à long terme.



Une agriculture redevenue moteur de croissance et d’emploi.

Un bon rendement agricole ne signifie pas seulement une production alimentaire abondante.

Il entraîne également une amélioration du revenu rural, une stimulation de la demande intérieure, une stabilisation des prix des produits alimentaires et une réduction des importations céréalières. Mais son impact le plus immédiat concerne l’emploi.

L’agriculture demeure l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois au Maroc, en particulier pour les travailleurs peu qualifiés et les zones rurales.

Une campagne agricole favorable génère des milliers d’emplois saisonniers et permanents, non seulement dans les exploitations agricoles, mais aussi dans les activités connexes : transport, agro-industrie, commerce, services et logistique.

Ainsi, cette dynamique devrait contribuer à une baisse du taux de chômage national, notamment dans les régions rurales où la sécheresse avait aggravé la précarité et les migrations vers les villes.

En renforçant les revenus et l’activité économique locale, l’agriculture agit comme un stabilisateur social majeur.

Une stratégie hydrique multidimensionnelle.

Face au stress hydrique structurel accentué par le changement climatique, le Maroc a engagé ces dernières années un vaste programme d’investissements visant à diversifier ses sources d’eau.

D’abord, l’accélération de la construction de barrages a permis d’augmenter la capacité nationale de stockage et de sécuriser l’approvisionnement en période de sécheresse.

Ensuite, le développement de la dessalination de l’eau de mer place le Royaume parmi les pays les plus avancés d’Afrique dans ce domaine.

Ces infrastructures alimentent à la fois les grandes agglomérations et les périmètres agricoles, tout en réduisant la pression sur les nappes phréatiques.

Parallèlement, la réutilisation des eaux usées traitées s’impose progressivement comme un pilier de la gestion durable, notamment pour l’irrigation et les espaces verts.

Les interconnexions hydrauliques : de véritables « autoroutes de l’eau ».

L’un des projets les plus structurants réside dans le transfert d’eau entre bassins hydrauliques.

Ce système permet d’acheminer l’eau des régions excédentaires vers celles qui en manquent, indépendamment des aléas climatiques locaux.

La connexion entre le bassin du Sebou et celui du Bouregreg a ainsi contribué à sécuriser l’alimentation en eau du corridor Rabat–Casablanca, cœur économique du pays.

Cette approche transforme radicalement la relation entre géographie et disponibilité de l’eau : la ressource devient désormais une question d’ingénierie et d’investissement autant que de climat.

Des impacts économiques et sociaux majeurs.

L’amélioration de la situation hydrique produit des effets en chaîne sur l’économie nationale :

- Soutien à la croissance.
- atténuation de l’inflation alimentaire.
- renforcement de la sécurité alimentaire.
- création d’emplois et réduction du chômage.
- stabilisation du monde rural.
- amélioration de l’attractivité pour l’investissement industriel et touristique.

Garantir l’accès à l’eau pour les grandes métropoles constitue en outre une condition indispensable à la poursuite du développement urbain et industriel.

Un optimisme nécessaire mais prudent.

Malgré ces avancées, le Maroc demeure confronté à une rareté hydrique structurelle. Les années pluvieuses restent l’exception plutôt que la norme.

La préservation des acquis passe donc par la poursuite des efforts en matière d’économie d’eau, de modernisation de l’irrigation, de protection des nappes souterraines et d’accélération des projets de dessalement et de transfert inter-bassins.

En conclusion le Maroc de 2026 ne vit pas simplement une bonne saison agricole :

Il consolide les bases d’une souveraineté hydrique indispensable à sa stabilité économique et sociale.

L’eau est désormais un enjeu stratégique comparable à l’énergie ou à l’alimentation.

Dans un contexte mondial marqué par le changement climatique et la compétition pour les ressources, l’avenir appartiendra non pas seulement aux pays riches en eau, mais à ceux capables de la gérer intelligemment au service de la croissance, de l’emploi et de la cohésion nationale.

Rédigé par Abdelghani El Arrasse - Économiste membre de L’AEI.



Mardi 24 Mars 2026



Dans la même rubrique :
< >

Mardi 24 Mars 2026 - 12:10 Le vote déserté

Billet | Chroniqueurs invités | Experts invités | Quartier libre | Chroniques Vidéo | Replay vidéo & podcast outdoor | Podcast Agora


Bannière Réseaux Sociaux


Bannière Lodj DJ

Avertissement : Les textes publiés sous l’appellation « Quartier libre » ou « Chroniqueurs invités » ou “Coup de cœur” ou "Communiqué de presse" doivent être conformes à toutes les exigences mentionnées ci-dessous.

1-L’objectif de l’ODJ est de d’offrir un espace d’expression libre aux internautes en général et des confrères invités (avec leurs accords) sur des sujets de leur choix, pourvu que les textes présentés soient conformes à la charte de l’ODJ.

2-Cet espace est modéré  par les membres de la rédaction de lodj.ma, qui conjointement assureront la publication des tribunes et leur conformité à la charte de l’ODJ

3-L’ensemble des écrits publiés dans cette rubrique relève de l’entière responsabilité de leur(s) auteur(s).la rédaction de lodj.ma ne saurait être tenue responsable du contenu de ces tribunes.

4-Nous n’accepterons pas de publier des propos ayant un contenu diffamatoire, menaçant, abusif, obscène, ou tout autre contenu qui pourrait transgresser la loi.

5-Tout propos raciste, sexiste, ou portant atteinte à quelqu’un à cause de sa religion, son origine, son genre ou son orientation sexuelle ne sera pas retenu pour publication et sera refusé.

Toute forme de plagiat est également à proscrire.

 







LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html

















Vos contributions
LODJ Vidéo