Un déficit contenu grâce aux comptes spéciaux
Le déficit budgétaire enregistré au terme de l’année 2025 s’établit à 61,6 MMDH, contre 61,5 MMDH un an auparavant. Cet équilibre relatif tient compte d’un solde positif de 30 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA), comme le précise la TGR dans son bulletin mensuel des statistiques des finances publiques de décembre. Sans cet apport, le solde global aurait été nettement plus dégradé, soulignant le rôle central de ces instruments dans l’architecture budgétaire de l’État.
Les CST ont enregistré des recettes de 224,3 MMDH, incluant 31 MMDH de versements du budget général au titre des charges communes d’investissement. Les dépenses émises se sont élevées à 194,8 MMDH, intégrant notamment 6,8 MMDH de remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux. Le solde global des CST ressort ainsi à 29,5 MMDH. De leur côté, les SEGMA ont vu leurs recettes progresser de 6,7 % à plus de 3,35 MMDH, tandis que leurs dépenses ont atteint près de 3 MMDH, en hausse de 7,3 %.
Des recettes fiscales dynamiques mais inégalement réparties
En 2025, les recettes ordinaires brutes se sont établies à 410 MMDH, en hausse de 10,9 %. Cette progression repose essentiellement sur les recettes fiscales, qui ont atteint 358,9 MMDH, soit une augmentation de 14,1 %. Les impôts directs ont enregistré une forte croissance de 19,8 %, traduisant l’effort de mobilisation fiscale et l’amélioration du recouvrement. Les impôts indirects ont progressé de 10 %, tandis que les droits de douane ont augmenté de 6,5 %. Les droits d’enregistrement et de timbre ont, quant à eux, progressé de 10,1 %.
À l’inverse, les recettes non fiscales ont reculé de 7,6 %, illustrant la volatilité de certaines ressources hors impôt. Cette configuration confirme une dépendance accrue du budget de l’État à la fiscalité domestique, dans un contexte où les ménages et les entreprises sont déjà fortement sollicités.
Des dépenses en hausse et une dette toujours plus pesante
Face à cette dynamique des recettes, les dépenses du Budget général continuent de progresser. À fin décembre 2025, les dépenses émises ont atteint 567,4 MMDH, en hausse de 9,9 %. Les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 11,5 %, reflétant le poids des charges structurelles de l’État. Les dépenses d’investissement ont progressé de 8,2 %, confirmant l’effort en faveur des infrastructures et des projets structurants. Les charges de la dette budgétisée ont, pour leur part, augmenté de 7,2 %.
Dans le détail, les intérêts de la dette se sont établis à 43,7 MMDH, en hausse de 13 %, tandis que les remboursements du principal ont atteint 65,9 MMDH, soit une progression de 3,7 %. Les engagements de dépenses, y compris ceux non soumis au visa préalable, se sont élevés à 821,7 MMDH, représentant un taux global d’engagement de 83 % et un taux d’émission sur engagements de 93 %. Par ailleurs, les recettes ordinaires ont été réalisées à hauteur de 111,6 % des prévisions de la loi de finances, les dépenses ordinaires à 101,6 % et les dépenses d’investissement à 100,7 %.
En clôturant 2025 sur un déficit budgétaire quasi inchangé, le Maroc affiche une certaine discipline comptable. Mais au-delà du chiffre, les données de la TGR mettent en lumière des tensions structurelles durables : progression soutenue des dépenses, poids croissant du service de la dette et dépendance renforcée à la fiscalité. Le défi pour les années à venir sera de préserver l’investissement public et les équilibres sociaux tout en inscrivant les finances publiques dans une trajectoire soutenable, inclusive et compatible avec les aspirations économiques des Marocains.
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