Un soutien pour diversifier les marchés
La mesure est désormais officielle. Publiée dans le Bulletin officiel, elle découle d’un arrêté conjoint du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, du ministre de l’Intérieur et du ministre délégué chargé du Budget. Le texte fixe le montant et les modalités d’octroi d’une aide financière de 750 dirhams par tonne destinée à soutenir la promotion et la diversification des exportations marocaines de tomates fraîches.
Le dispositif concerne les exportations réalisées par voie terrestre ou maritime vers les pays africains ainsi que vers les destinations situées hors Union européenne et Royaume-Uni. Il s’applique sur chaque saison d’exportation allant du 1er septembre au 31 août de l’année suivante.
Mais l’aide ne couvre pas l’ensemble des volumes exportés. Elle vise uniquement les quantités qui dépassent la moyenne annuelle enregistrée entre le 1er septembre 2010 et le 31 août 2020. L’idée est simple : encourager l’expansion réelle des exportations plutôt que subventionner des volumes déjà consolidés.
Deux indicateurs servent ainsi de référence. Le premier correspond au volume moyen exporté par chaque unité exportatrice durant la période de référence. Le second se base sur la moyenne globale des volumes exportés par l’ensemble des opérateurs. Cette seconde base sert également pour les entreprises nouvellement présentes à l’export ou celles qui n’avaient pas réalisé d’expéditions durant la période retenue.
Des démarches encadrées
Pour bénéficier de cette aide, les unités exportatrices doivent déposer un dossier auprès de la direction régionale de l’agriculture ou du bureau régional de l’investissement agricole relevant de leur zone d’activité. La demande doit être introduite dans un délai maximum de six mois après la fin de la saison d’exportation.
Une prolongation unique de trois mois peut être accordée, notamment lorsque l’opérateur présente une demande écrite avant l’expiration du délai ou en cas de force majeure dûment justifiée.
Une fois la demande déposée, les services compétents disposent de 30 jours pour vérifier les documents fournis. Lorsque des expertises techniques sont nécessaires, ce délai peut être prolongé de 60 jours supplémentaires.
À l’issue de l’examen, l’administration notifie sa décision. L’exportateur peut recevoir une lettre confirmant l’acceptation du dossier et précisant le montant de l’aide accordée. En cas d’irrégularités, une note d’observations est transmise afin de permettre la régularisation du dossier.
Le demandeur dispose alors de 30 jours pour apporter les corrections nécessaires. Si les ajustements demandés ne sont pas effectués dans ce délai, un refus motivé est notifié. L’opérateur conserve toutefois la possibilité de solliciter un réexamen dans un délai de cinq mois, à condition de présenter les justificatifs attestant de la régularisation.
Des exportations en hausse
Ce soutien intervient alors que les exportations marocaines de tomates continuent de progresser sur le marché international. Le Royaume s’impose aujourd’hui comme le troisième exportateur mondial, avec 11 % de part de marché et un taux de croissance annuel moyen d’environ 11 %, nettement supérieur à la moyenne mondiale estimée à 3 %.
À l’échelle internationale, les importations de tomates atteignent 7,7 millions de tonnes, pour une valeur d’environ 12,1 milliards de dollars. L’Union européenne élargie, incluant le Royaume-Uni, reste le principal pôle d’importation, représentant 42 % des volumes et 54 % de la valeur mondiale.
Dans cet espace commercial stratégique, le Maroc occupe la deuxième place des fournisseurs avec 24 % de part de marché, une position également observée sur le marché britannique.
Durant la campagne 2024-2025, ce bloc européen a absorbé 577.000 tonnes de tomates marocaines, contre 535.000 tonnes l’année précédente, soit une progression de 8 %.
Parallèlement, les exportations vers l’Afrique subsaharienne ont atteint 31.000 tonnes, enregistrant une hausse de 23 %, tandis que les ventes vers les pays du Golfe ont atteint 3.000 tonnes, en progression de 39 %.
Au total, 621.000 tonnes de tomates marocaines ont été exportées durant la campagne 2024-2025, contre 570.000 tonnes lors de la campagne précédente.
Cette dynamique reste largement portée par la région du Souss-Massa, véritable moteur de la filière maraîchère d’exportation. Lors de la campagne 2024-2025, la région a concentré 609.000 tonnes d’exportations, confirmant sa place stratégique dans l’agriculture marocaine orientée vers les marchés internationaux.
Au-delà de l’aspect financier, la logique du dispositif apparaît claire : élargir les débouchés des exportations agricoles marocaines. Si l’Europe demeure un partenaire majeur, la progression des ventes vers l’Afrique et certains marchés émergents montre que la diversification des marchés devient un enjeu stratégique pour la filière.












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