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Une nouvelle Afrique en gestation


La 35ème session ordinaire de l’Union Africaine, tenu les 5 & 6 février à Addis-Abeba, a révélé une nouvelle Afrique en gestation. Les putschs militaires y sont toujours à la mode, mais les prises de positions idéologiquement motivées sont rejetées.



Le Maroc, qui vient d’être élu membre du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine (UA) pour trois années, s’est fait la voix du pragmatisme concernant le statut d’observateur accordé à Israël.

« Il se trouve, aujourd’hui, que 44 pays africains ont des relations avec Israël », a précisé le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita. « Si cette réalité ne plait pas à 4 pays, il faut la changer d’abord sur le terrain ».

Le problème pour des pays comme l’Algérie et l’Afrique du Sud, qui militent pour le retrait à Israël du statut d’observateur au sein de l’UA, c’est qu’ils ne sont même pas aptes à changer chez eux la triste réalité de leurs difficultés socioéconomiques et politiques.

L’ère des slogans est révolue

L’équilibre des forces a été profondément modifié sur le continent et l’étoile des pays pseudo-progressistes a cessé, tout simplement, de briller. Ils sont encore capables de tenter de semer la zizanie dans les rangs de l’UA et d’y créer du chahut, mais pas plus.

De fait, l’UA préfère se positionner en interlocuteur à la fois des Palestiniens et des Israéliens, dans le cadre de la solution des deux Etats, plutôt que de rester cantonnée dans la stérile posture du déni de la réalité.

Surtout que les 54 Etats membres de l’UA ont bien d’autres chats à fouetter. Le thème de la rencontre au sommet des chefs d’Etat africains désigne clairement les priorités : « Bâtir une résilience en matière de sécurité nutritionnelle sur le Continent africain : renforcer l’agriculture, accélérer le développement socioéconomique et du capital humain ».

Le paramètre démographique

Les Africains sont passés de 100 millions de bouches à nourrir, en 1900, à 1,4 milliards actuellement. L’indice de fécondité du continent est le plus élevé du monde, 4,4 enfants par femme, avec un Niger qui affiche le record mondial de 6,8 enfants par femme.

Selon les estimations des démographes, la population de la seule Afrique subsaharienne devrait tripler au cours de ce siècle, passant de 1 à 3 milliards d’individus.

C’est faute de prendre suffisamment en considération ce facteur démographique que l’on lit encore autant d’inepties sur le développement du continent.

Plus d’enfants que de richesses

Avec un taux de croissance moyen de 5% au cours de la précédente décennie, l’économie africaine est la plus dynamique du monde. Mais sans grand impact sur la réduction de la pauvreté.

Affirmer que le marché africain sera, dans l’avenir, le plus attractif du monde est stupide, puisque l’on ne peut comptabiliser comme consommateurs potentiels que les franges solvables de la population du continent.

Les africains font plus d’enfants qu’ils ne créent de richesses, et c’est là ou le bât blesse. L’Afrique compte 17% de la population de la planète, mais ne génère que 3% du Pib mondial.

60% des habitants du continent exploitent 16,5% de terres arables de la planète, mais 33 pays africains ont besoin d’aide extérieure pour couvrir leurs besoins alimentaires.

Mathématique démocratique

Le découpage colonial a donné naissance à des Etats africains ethniquement non-homogènes, ou la logique démocratique exclue toute réelle volonté politique de réduction des naissances.

Pour remporter les élections, il faut collecter de nombreuses voix, sinon le pouvoir va passer à la tribu concurrente.

Ainsi, la crise politique au Mali ne peut être expliquée autrement. Les Touaregs, les Maures et les Tounkas du Nord du Mali, qui représentent à peine 10% de la population, préfèrent se ranger sous le fanion d’Al Qaeda ou Daech plutôt que d’être gouvernés par des Bambaras, ethnie majoritaire avec 28% de la population, qui eux-mêmes ne s’entendent pas avec les Peuls, et ainsi de suite.

Le perturbateur ethnique

Le Mali est l’un des 4 pays africains qui n’ont pas été invités à participer à la 35ème session ordinaire de l’UA, à Addis-Abeba, avec le Burkina-Faso, la Guinée et le Soudan, théâtres de coups d’Etat menés par des militaires.

Sauf que même le pays d’accueil du sommet africain, l’Ethiopie, est actuellement déchiré par un grave conflit, les Tigréens voulant prendre le pouvoir aux Oromos.

Le président de la Commission de l’Union africaine,  Moussa Faki Mahamat, a tout fait raison de mettre en garde contre « une dangereuse résurgence des changements anticonstitutionnels ainsi que le fléau du terrorisme qui prend une ampleur inégalée en gagnant des régions du continent jusque-là épargnées ».

Admettre la réalité

Mais jusqu’à quel point les constitutions reflètent-elles la réalité ethnique et l’histoire conflictuelle entre groupes rivaux dans ces pays africains en crise ?

De ce point de vue, la situation d’Israël ne diffère pas beaucoup de celle de certains pays africains. La clairvoyance dont ils font preuve en matière de politique extérieure n’a d’égal que leur totale cécité face à la réalité ethno-religieuse de leurs crises internes.

Comme l’a si bien souligné Nasser Bourita, l’UA a changé, ce n’est plus la chasse gardée d’aucun pays. Mais elle peine toujours à tracer sa propre voie.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Dimanche 6 Février 2022

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