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Vers une guerre mondiale à cause l’Ukraine ?




La tension entre les pays occidentaux et la Russie monte à propos de l’Ukraine. Certains médias occidentaux se complaisent à prévenir de la menace d’un conflit imminent entre l’Otan et la Russie, dont en fait personne ne veut.

Lors de la récente rencontre virtuelle entre les présidents américain, Joe Biden, et le russe, Vladimir Poutine, le premier a menacé le second de sanctions si l’armée russe venait à envahir l’Ukraine.

Poutine, pour sa part, a demandé des garanties que l’Ukraine ne sera pas intégrée l’Otan, ce que Biden a refusé de lui accorder.

L’Allemagne, de son côté, a averti la Russie qu’elle pourrait bloquer le gazoduc Nord Stream II à titre de représailles si Moscou envoie ses troupes prendre Kiev.

Une mise en garde plus que douteuse vu les besoins de l’Allemagne en gaz naturel pas trop cher, dans un contexte de renchérissement du coût des ressources énergétiques.

En toile de fond, les républiques sécessionnistes de Lougansk et de Donetsk, peuplées d’Ukrainiens russophones, que Kiev veut ramener dans son giron, à coups de canon s’il le faut.

L’Ukraine ne veut plus entendre parler des accords de Minsk, signés en 2014, qui prévoient un dialogue direct entre Kiev et les républiques sécessionnistes, alors que Moscou s’y accroche comme l’unique solution pour résoudre la question du Donbass.

Des troupes sont massées des deux côtés des frontières, dans ce qui semble être plus une démonstration de force qu’une réelle volonté d’en découdre.

La question est donc de savoir si la Russie a bel et bien l’intention d’envahir l’Ukraine ou pas. En fait, les Russes sont partagés à ce sujet.

Le courant nationaliste russe estime qu’il n’est pas concevable d’abandonner les populations russophones de l’Est de l’Ukraine si Kiev devait envoyer ses troupes reconquérir le Donbass. Surtout que nombre des habitants ont obtenu la nationalité russe.

Mais autant l’armée russe ne va éprouver aucune difficulté à marcher sur Kiev et la prendre en quelques jours, ce que même l’Otan ne pourrait pas empêcher, autant le coût politique d’une telle victoire militaire éclair serait inversement proportionnel au succès des soldats russes.

Ce qui fait que d’autres voies s’élèvent à Moscou pour souligner qu’il s’agit là d’un piège tendu par Washington.

Quand l’armée de Géorgie a affronté celle de Russie, en 2008, les conseillers et experts militaires américains et israéliens ont aussitôt décampé, laissant les Georgiens se démener tous seuls.

Mais cette écrasante défaite de la Géorgie a été impitoyablement exploitée par Washington pour dénoncer la Russie et diaboliser Poutine. Un scénario similaire est anticipé par des experts russes concernant un éventuel conflit avec l’Ukraine.

D’autres commentateurs russes soulèvent, par ailleurs, d’autres raisons pour que les forces du Kremlin ne mettent pas les pieds en Ukraine.

Occuper ce pays en quasi-faillite mettrait Moscou dans l’obligation de le reconstruire et d’assurer les services publics à des Ukrainiens de l’Ouest qui les détestent.

Cette tendance d’opinion en Russie estime que c’est à l’Union européenne de prendre en charge ce pays rongé par la corruption et des mafias qui empêchent toute amélioration de la gouvernance.

Sauf que les Européens ne veulent surtout pas entendre parler d’une intégration de l’Ukraine à l’UE. En fait, tout semble indiquer que personne ne veut de l’Ukraine, sous la coupe d’oligarques mafieux, mais que tous cherchent à l’instrumentaliser.

Les seuls, d’ailleurs, qui espèrent le déclenchement d’un conflit militaire avec la Russie sont les dirigeants ukrainiens, dans l’espoir de faire oublier leur piètre gestion et provoquer une intervention occidentale.

Si l’ex acteur comique devenu président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, ne s’est toujours pas décidé, jusqu’à présent, à franchir le Rubicond, c’est uniquement par crainte que Poutine se montre plus malin que lui.

En cas d’avance des troupes ukrainiennes vers le Donbass, les Russes pourraient très bien de se contenter d’ouvrir leur arsenal aux combattants des républiques sécessionnistes de Donetsk et Lougansk, voir de tirer des salves d’artillerie sur les troupes ukrainiennes, et ce sans avoir à franchir les frontières. Seuls les obus et les missiles feront la traversée.

En fin de compte, l’actuel statuquo arrange presque tout le monde, quoi qu’en dise des médias en mal de sensationnalisme.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Lundi 13 Décembre 2021

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