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Vivre avec son cancer pendant plus de 30 ans : Une Histoire Marocaine


Moustaches grisonnantes, sourire aux lèvres, yeux pétillants sous ses lunettes et malgré sa claudication à la marche, Khaled, avance avec précaution sous le regard bienveillant de son épouse.

Par Dr Anwar Cherkaoui



Il s’installe sur un fauteuil. Avec une voix basse, il évoque le chemin parcouru avec son cancer du cerveau, qu’il combat avec ténacité depuis le début des années 1990.

Aujourd’hui, en avril 2021, 31 ans après l’apparition des premiers signes de la maladie, Khaled évoque sa passion pour les mathématiques et son projet de préparer un doctorat dans une université Anglaise.

Actuellement, il a un grand poste de responsabilité dans l’administration Marocaine. El malgré l’allongement de l’âge de la retraite, il obtiendra bientôt sa retraite de la fonction publique. Khaled est diplômé d’une grande université Suisse.

Depuis le début des années 90, Khaled a cohabité avec son cancer cérébral, grâce à un suivi médical et thérapeutique très rigoureux.

Le passage au 21ème siècle a été plein de soubresauts pour Khaled.

Il divorce avec sa première femme, il bénéficie de l’ablation chirurgicale de sa tumeur cérébrale et il se remarie.

Boutaina, sa deuxième épouse, partage sa vie, depuis cette date. Ils sont aujourd’hui, parents de 2 enfants. Deux garçons jumeaux, nés par fécondation in vitro  en 2005.

Boutaina, se rappelle avec fibrillation, qu’elle a du faire un voyage jusqu’àu Fnideq, au nord du Maroc, pour récupérer un médicament nécessaire à la fertilité de la femme, acheminé depuis la France, via l’Espagne.

Et cela, dans la perspective d’une fécondation in vitro.

A l’époque, ces médicaments n’étaient pas encore commercialisés au Maroc.

Leur médecin cancérologue radiothérapeute a réalisé des prouesses avec khaled.

Les machines de radiothérapie de l’époque, certes efficaces, mais sont  non moins assez agressives localement pour les patients.

Par ailleurs, ce même médecin leur a déconseillé toute conception du fait que la fertilité masculine était défaillante momentanément du fait de la chimiothérapie.

Khaled se souvient avec émotion de l’ablation chirurgicale de son astrocytome ( tumeur développée à partir des cellules gliales, qui constituent le tissu de soutien des neurones), à Rabat, par un excellent neurochirurgien. Il est resté 4 heures sur le billard.

Il tient par ailleurs à remercier l’organisme marocain de prévoyance sociale, qui lui a permis de bénéficier des meilleurs traitements disponibles au Maroc.

Et bien qu’il avait la possibilité d’être pris en charge en France, il a préféré les équipes médicales marocaines, ce qui lui a par ailleurs permis d’être entouré d’un soutien familial, psychologiquement indispensable.

Et tout en soulevant son béret, comme signe d’un au revoir, il effleure avec douceur, la cicatrice qui traverse son crâne de devant en arrière.

Tendant l’autre main à son épouse, qui, au volant de leur voiture, les ramènera toute à l’heure à Casablanca  au foyer familial.

Par Dr Anwar Cherkaoui





Rédigé par le Samedi 24 Avril 2021


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