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​Blé tendre : le Maroc instaure une prime à l’importation pour sécuriser son approvisionnement


Rédigé par le Dimanche 4 Janvier 2026



Face à la volatilité persistante des marchés agricoles internationaux, le Maroc met en place une prime à l’importation du blé tendre. Une mesure ciblée, pensée pour garantir l’approvisionnement national et limiter l’impact des fluctuations mondiales sur un produit de base au cœur de la sécurité alimentaire.

L’annonce s’inscrit dans une logique de précaution assumée. Le gouvernement marocain a décidé d’introduire une prime à l’importation du blé tendre, afin de faciliter l’accès aux marchés extérieurs et d’assurer la continuité de l’approvisionnement national. Cette décision intervient dans un contexte international instable, marqué par des tensions géopolitiques, des aléas climatiques récurrents et une forte volatilité des prix des céréales.

Le blé tendre occupe une place centrale dans la consommation des ménages marocains. Il constitue la base de produits essentiels, au premier rang desquels le pain, dont la stabilité des prix revêt une dimension sociale et politique sensible. Or, la production nationale, fortement dépendante des conditions pluviométriques, reste structurellement insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins. Le recours aux importations demeure donc incontournable, en particulier lors des campagnes agricoles difficiles.

La mise en place d’une prime vise à compenser, au moins partiellement, les surcoûts liés aux prix internationaux élevés ou imprévisibles. Elle permet aux importateurs de continuer à s’approvisionner sans répercuter immédiatement l’intégralité de la hausse sur les circuits de distribution internes. En filigrane, l’objectif est clair : éviter les ruptures, contenir les tensions sur les prix et préserver le pouvoir d’achat des ménages les plus exposés.

Cette mesure s’inscrit dans une panoplie d’outils déjà mobilisés par les pouvoirs publics pour réguler le marché céréalier. Elle rappelle aussi les limites structurelles de la souveraineté alimentaire dans un pays soumis à un stress hydrique croissant. Malgré les efforts de modernisation agricole et les investissements dans l’irrigation, la dépendance aux importations reste une donnée durable, que les autorités cherchent à gérer plutôt qu’à nier.

Sur le plan économique, la prime à l’importation soulève néanmoins des questions de soutenabilité budgétaire. Subventionner indirectement un produit importé a un coût, surtout lorsque les cours mondiaux restent durablement élevés. Le défi consiste donc à calibrer l’aide de manière ciblée et temporaire, sans créer d’effets d’aubaine ni de distorsions excessives sur le marché. La transparence des mécanismes et leur évaluation régulière seront déterminantes pour maintenir la crédibilité de la démarche.

Au-delà de l’urgence conjoncturelle, cette décision relance le débat sur la stratégie agricole de long terme. Comment renforcer la résilience de la filière céréalière face aux chocs climatiques ? Faut-il repenser les priorités culturales, investir davantage dans la recherche variétale ou diversifier les sources d’approvisionnement à l’international ? Autant de questions qui dépassent la seule logique de compensation financière.

En instaurant cette prime, l’État envoie un signal de vigilance et de responsabilité. Il reconnaît la réalité des contraintes extérieures tout en cherchant à en amortir les effets internes. Reste à savoir si cette réponse conjoncturelle s’accompagnera, à moyen terme, d’un ajustement plus profond du modèle agricole, capable de réduire progressivement la vulnérabilité du pays aux soubresauts des marchés mondiaux.





Dimanche 4 Janvier 2026

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