L'ODJ Média

lodj





Le Maroc jette plus de 113 kg de nourriture par personne chaque année : alerte du CESE


Rédigé par le Jeudi 12 Mars 2026

Le gaspillage alimentaire explose au Maroc : chaque citoyen jette en moyenne 113 kg de nourriture par an. Le CESE tire la sonnette d’alarme et appelle à une stratégie nationale urgente.



Un phénomène qui dépasse nos assiettes

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié mercredi un avis accablant sur le gaspillage alimentaire au Maroc.

En 2022, les ménages marocains ont jeté près de 4,2 millions de tonnes de nourriture, soit 113 kg par personne, contre 91 kg en 2021. Mais ce gaspillage ne se limite pas aux foyers.

Dès la production, la récolte et le transport, certaines filières comme les fruits, les légumes et les céréales enregistrent des pertes pouvant atteindre entre 20 et 40 %.

Chaque année, près de 1,6 milliard de mètres cubes d’eau sont utilisés pour produire des aliments qui finissent à la poubelle, et leur décomposition contribue à la pollution et aux émissions de gaz à effet de serre.

Pourquoi on jette autant ? Les raisons derrière le gaspillage

Le CESE s’est appuyé sur une consultation citoyenne pour mieux comprendre le phénomène. Il en ressort que beaucoup de produits sont jetés simplement parce qu’ils ont changé d’apparence ou d’odeur, même s’ils sont encore consommables.

La confusion autour des dates de péremption pousse également à éliminer des aliments qui restent sûrs.

À cela s’ajoutent le manque de planification des repas, les achats excessifs, la méconnaissance des méthodes de conservation, et la préférence pour le frais, sans oublier que le faible coût de certains produits peut inciter à les jeter.

Les aliments les plus touchés sont les conserves, les plats préparés et les produits frais. Ce gaspillage culmine pendant le Ramadan, quand la surconsommation contraste avec l’esprit de sobriété et de partage, révélant un paradoxe entre générosité, mise en scène sociale et foi.

Une gouvernance fragmentée et des solutions urgentes

Malgré la multiplication des initiatives pour limiter les pertes, les efforts restent dispersés et peu coordonnés.

Le CESE appelle à l’adoption d’une loi spécifique contre le gaspillage alimentaire et à une clarification des règles liées aux dates de péremption, pour distinguer clairement la sécurité sanitaire de la qualité des produits.

Il insiste sur une gouvernance multipartite associant l’État, le secteur privé et la société civile, et propose la création d’un observatoire national pour centraliser les données et orienter les politiques publiques.

Les infrastructures doivent être renforcées, avec des entrepôts frigorifiques fonctionnant à l’énergie solaire et des unités locales de transformation pour valoriser les récoltes périssables.

Innovation et mobilisation citoyenne : le dernier levier

Le CESE souligne également l’importance de l’innovation numérique et de l’engagement citoyen.

Applications de gestion de stocks, plateformes de don alimentaire et réfrigérateurs communautaires peuvent aider à redistribuer les invendus et à réduire le gaspillage.

Le message est clair : chaque citoyen peut agir à son niveau, mais pour que l’impact soit réel, les institutions doivent coordonner leurs actions et créer un cadre national solide.

Le gaspillage alimentaire continuera de peser lourd sur l’économie, les ressources naturelles et l’environnement si aucune stratégie nationale intégrée n’est mise en place.

Le CESE appelle à l’engagement de tous, citoyens et institutions, pour transformer ce défi en opportunité. La balle est maintenant dans notre camp… et dans nos assiettes.





Jeudi 12 Mars 2026

Dans la même rubrique :
< >

Conso & Environnement | Brèves Santé & Bien être & environement | Recettes de cuisine


Bannière Réseaux Sociaux



Bannière Lodj DJ






LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html
















Vos contributions
LODJ Vidéo