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​Sécheresse : après les barrages et le dessalement, le Maroc doit-il réparer ses sols ?


Rédigé par La rédaction le Mercredi 19 Août 2026



Lorsqu’on parle de politique de l’eau au Maroc, trois mots reviennent immédiatement : barrages, dessalement et transferts hydriques.

Ils sont indispensables.

Mais l’Europe redécouvre actuellement une quatrième infrastructure, beaucoup plus ancienne : le sol.

Face aux vagues de chaleur et aux sécheresses qui touchent le continent, l’agriculture dite régénératrice gagne du terrain. Elle repose notamment sur la couverture des sols, la diversification des cultures, l’amélioration de la matière organique et certaines pratiques permettant à la terre de retenir davantage l’eau.

Reuters rapporte ce 19 août que la sécheresse et les chaleurs européennes accélèrent ce mouvement. Les pertes agricoles liées aux épisodes climatiques récents sont estimées à environ 2,3 milliards d’euros dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, tandis que banques, assureurs et grandes entreprises agroalimentaires commencent à financer directement l’adaptation des exploitations.

Pourquoi des banques et des assureurs s’intéressent-ils soudain à la qualité des sols ?

Parce qu’un sol plus résilient devient un actif économique.

S’il conserve davantage d’humidité, l’exploitation résiste mieux à certaines sécheresses.

Si les rendements deviennent moins volatils, le risque financier diminue.

Et si le risque diminue, les conditions de crédit et d’assurance peuvent évoluer.

Le Maroc devrait regarder cette évolution de très près.

Notre stratégie hydrique repose principalement sur l’augmentation de l’offre : construire davantage d’infrastructures pour produire, transporter ou économiser l’eau.

Mais une autre partie de la réponse se trouve peut-être directement sous nos pieds.

Un sol dégradé laisse l’eau ruisseler ou s’évaporer plus rapidement.

Un sol riche en matière organique peut mieux la retenir.

L’enjeu ne consiste évidemment pas à présenter l’agriculture régénératrice comme une solution miracle.

Les techniques dépendent des régions, des cultures, du climat et des conditions économiques. La transition comporte aussi des coûts et peut nécessiter plusieurs années avant de produire tous ses effets. Reuters souligne d’ailleurs que le passage à grande échelle reste difficile et nécessite accompagnement financier et normes plus claires.

Mais le principe mérite une place beaucoup plus importante dans notre débat national.

Le Maroc investit des milliards pour chercher l’eau dans la mer, les barrages et les transferts interbassins.

Pourquoi ne mesurerions-nous pas également la capacité de nos terres agricoles à conserver chaque millimètre de pluie qu’elles reçoivent ?

Le prochain grand plan national de l’eau pourrait donc comporter un chapitre supplémentaire.

Non seulement construire davantage de réservoirs.

Mais transformer une partie des millions d’hectares agricoles marocains en milliards de petits réservoirs naturels.

Nos sols.





Mercredi 19 Août 2026

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