PoÚme, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun
Pour ceux qui aiment encore lire : PoĂšme de Adnane Benchakroun
quelques éclats de rire enfermés sous des projecteurs.
Mais câĂ©tait bien plus grand que ça,
câĂ©tait une bascule, un avant, un aprĂšs.
Et dans ce vacarme neuf, ton visage sâest levĂ©
comme une vĂ©ritĂ© que personne nâattendait.
Tu nâĂ©tais pas un rĂŽle Ă©crit pour faire de lâaudience,
pas une silhouette docile dans le décor.
Tu étais une femme avec sa lumiÚre nue,
ses tremblements, ses silences, sa tendresse.
Et câest peut-ĂȘtre pour cela
quâon tâa regardĂ©e comme on regarde quelque chose de rare.
Il y avait dans ton sourire une innocence sans défense,
une maniĂšre dâĂȘtre lĂ sans masque, sans armure.
Dans un monde déjà pressé de juger,
tu laissais voir ce que dâautres cachent toute une vie.
Tu étais vraie, dangereusement vraie,
dans un systĂšme qui prĂ©fĂšre les personnages aux ĂȘtres humains.
Alors on tâa aimĂ©e fort, vite, presque trop.
Comme on aime une comĂšte sans penser Ă sa chute.
On a applaudi la beauté du moment,
la fraßcheur, la faille, la sincérité.
Mais lâamour des foules, souvent,
sait briller sans jamais savoir protéger.
Adieu Loana, adieu lâinnocence,
adieu la premiĂšre fois quâon croyait voir sans blesser.
DerriÚre le phénomÚne, il y avait une présence,
derriÚre nos écrans, une femme à préserver.
Adieu Loana, Ă notre silence aussi,
Ă tout ce quâon a laissĂ© faire au nom du bruit.
On a pris ta lumiĂšre comme un bien commun,
comme si elle nous appartenait un peu.
On a consommé ton authenticité
sans compter le prix quâelle te coĂ»tait.
On voulait lâĂ©motion en direct,
mais jamais la responsabilité qui va avec.
On tâa vue aimer, tomber, revenir, vaciller,
sous les regards nombreux, rapides, parfois cruels.
Et nous étions là , spectateurs fidÚles,
Ă commenter les fragments dâune vie rĂ©elle.
On suivait le récit,
sans se demander qui te relĂšverait hors champ.
La vérité fait mal quand elle revient tard.
Nous avons tous participé au vacarme.
Par nos regards, nos mots, nos curiosités,
par nos enthousiasmes trop courts et nos fatigues trop vite.
Quand la fragilité devenait trop visible,
beaucoup ont préféré détourner les yeux.
Ce nâest pas seulement ton histoire qui nous poursuit,
câest ce quâelle raconte de nous.
Notre époque adore ce qui déborde,
puis se retire quand le réel devient lourd.
Elle célÚbre les ùmes ouvertes,
mais abandonne souvent celles qui saignent sous la lumiĂšre.
Adieu Loana, adieu lâinnocence,
adieu la premiĂšre fois quâon croyait voir sans blesser.
DerriÚre le phénomÚne, il y avait une présence,
derriÚre nos écrans, une femme à préserver.
Adieu Loana, Ă notre silence aussi,
Ă tout ce quâon a laissĂ© faire au nom du bruit.
Tu portais quelque chose que la télévision ne maßtrise pas :
une humanité trop nette pour ses machines.
Pas une performance, pas une stratégie,
juste une vérité vivante, exposée.
Et cette vĂ©ritĂ©-lĂ , dans lâindustrie du spectacle,
finit souvent par déranger ceux qui la consomment.
Aujourdâhui, il ne reste pas quâun souvenir dâĂ©mission,
pas seulement un générique ou quelques archives.
Il reste une gĂȘne au fond de la mĂ©moire,
une question quâon nâarrive plus Ă faire taire.
Avons-nous regardé une révolution,
ou lâapprentissage collectif de notre propre indiffĂ©rence ?
Parce quâau fond, ce que ton nom rĂ©veille encore,
ce nâest pas seulement la nostalgie.
Câest le regret de nâavoir pas Ă©tĂ© meilleurs,
de nâavoir pas compris Ă temps.
Tu nous as donné du vrai,
et nous nâavons pas toujours su lui rĂ©pondre avec du soin.
Alors cet adieu nâest pas une sortie de scĂšne,
ni la formule froide quâon prononce puis quâon oublie.
Câest une maniĂšre de te rendre ce quâon te doit :
un peu de respect, un peu de pudeur, un peu de vérité.
Dire enfin que derriĂšre le symbole,
il y avait une femme, et quâelle mĂ©ritait mieux que le vacarme.
Adieu Loana, adieu lâinnocence,
adieu la premiĂšre fois quâon croyait voir sans blesser.
DerriÚre le phénomÚne, il y avait une présence,
derriÚre nos écrans, une femme à préserver.
Adieu Loana, Ă notre silence aussi,
Ă tout ce quâon a laissĂ© faire au nom du bruit.
Et peut-ĂȘtre que lâhistoire, la vraie, commence seulement maintenant.
Quand les Ă©crans sâĂ©teignent.
Quand les images cessent de faire diversion.
Quand il ne reste plus quâune question simple, presque nue :
avons-nous su aimer lâĂȘtre humain
autant que nous avons aimé le spectacle ?
Et sâil faut garder quelque chose de toi,
que ce ne soit ni le mythe, ni le scandale, ni la légende.
Que ce soit cette leçon, fragile et immense :
on peut changer la télévision en une nuit,
mais il faut toute une conscience
pour ne pas perdre une femme en chemin.












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