PoÚme, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun
Pour ceux qui aiment encore lire : PoĂšme de Adnane Benchakroun
Le pacha de la rumba met le feu sous nos pas,
Eh ya ya, de GuĂ©liz jusquâĂ Sidi Youssef Ben Ali,
Quand Marrakech sâenflamme, câest son cĆur qui nous conduit.
Il marche avec le vent des vieux soirs de JamaĂą,
Un sourire en bandouliĂšre, un soleil dans la voix,
Il connaĂźt les ruelles, les secrets, les regards,
Les tambours de la ville lui répondent le soir.
Sa veste sent le cĂšdre, la menthe et le safran,
Il parle comme un prince et danse comme un enfant,
Il fait lever les tables et chavirer les reins,
Avec trois notes de cuivre et le désert au loin.
Eh ya ya, fais tourner la médina,
Le pacha de la rumba met le feu sous nos pas,
Eh ya ya, de GuĂ©liz jusquâĂ Sidi Youssef Ben Ali,
Quand Marrakech sâenflamme, câest son cĆur qui nous conduit.
Dans les cafĂ©s qui veillent jusquâau milieu du matin,
On lâattend comme lâorage quâon bĂ©nit dans les jardins,
Les anciens tapent des mains, les jeunes crient son nom,
Et la nuit prend des couleurs quâon ne voit quâici, au fond.
Il a le pas tranquille des hommes quâon respecte,
Le rire des amoureux, la chaleur des dialectes,
Quand il lance un âyallahâ, tout le quartier sâĂ©veille,
MĂȘme les murs ocres dansent sous les lunes vermeilles.
Il chante la kasbah, les fiacres et les roses,
Les blessures quâon oublie, les destins quâon dĂ©pose,
Chaque phrase a du sable, du miel et de lâardeur,
On dirait quâil recolle la ville avec le cĆur.
Eh ya ya, fais tourner la médina,
Le pacha de la rumba met le feu sous nos pas,
Eh ya ya, de GuĂ©liz jusquâĂ Sidi Youssef Ben Ali,
Quand Marrakech sâenflamme, câest son cĆur qui nous conduit.
Il a croisé cent nuits dans les palaces brûlants,
Mais prĂ©fĂšre les terrasses oĂč lâon rĂȘve en parlant,
LĂ oĂč la ville se donne sans costume et sans fard,
Avec ses mains de lumiĂšre et ses chansons de hasard.
Les femmes font claquer leurs bracelets comme des pluies,
Les hommes lÚvent les épaules au tempo de la vie,
Et les enfants du quartier reprennent son refrain,
Comme si la fĂȘte entiĂšre tenait au creux de ses mains.
Il ne promet pas lâor ni les royaumes lointains,
Seulement un peu dâoubli pour les peines du matin,
Une rumba pour tenir, une rumba pour aimer,
Une rumba pour la ville qui refuse de plier.
Quand la basse roule bas comme un secret de famille,
Les cĆurs se dĂ©verrouillent, les tristesses vacillent,
Marrakech nâest plus dĂ©cor, elle devient une peau,
Un battement gigantesque, un brasier, un écho.
Eh ya ya, fais tourner la médina,
Le pacha de la rumba met le feu sous nos pas,
Eh ya ya, de GuĂ©liz jusquâĂ Sidi Youssef Ben Ali,
Quand Marrakech sâenflamme, câest son cĆur qui nous conduit.
Il connaßt les départs, les retours, les silences,
Les promesses quâon enterre au milieu des vacances,
Mais il joue plus fort encore quand la vie se cabre,
Comme un homme qui transforme les blessures en palabres.
Ses musiciens sont des frĂšres de cadence et de nuit,
Leurs accords font voyager mĂȘme ceux qui fuient lâennui,
Et le oud vient embrasser la guitare un instant,
Comme si lâAndalousie revenait par le vent.
Ă lâaube, quand tout retombe sur les pavĂ©s fatiguĂ©s,
Il laisse dans lâair un feu quâon ne peut pas Ă©teindre,
Le pacha sâĂ©loigne un peu, mais la ville le sait bien :
Tant quâil restera la rumba, Marrakech tiendra debout demain.
Eh ya ya, fais tourner la médina,
Le pacha de la rumba met le feu sous nos pas,
Eh ya ya, de GuĂ©liz jusquâĂ Sidi Youssef Ben Ali,
Quand Marrakech sâenflamme, câest son cĆur qui nous conduit.












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