Une réforme qui fait débat
Le texte, qui concerne près de trois millions de chiens errants, instaure de nouvelles règles pour les communes et les propriétaires d’animaux.
Mais une disposition fait particulièrement réagir : nourrir, soigner ou héberger un animal errant dans l’espace public pourra être sanctionné par une amende allant de 500 à 2.000 dirhams.
Une nouvelle organisation pour les animaux errants
Adopté par les deux Chambres du Parlement, le projet de loi entrera en vigueur après sa publication au Bulletin officiel.
Le texte prévoit la création de centres spécialisés, gérés par les communes, chargés de capturer les animaux errants, de les identifier, de les soigner, de les nourrir et de limiter leur reproduction grâce à la stérilisation.
Les animaux vaccinés et identifiés pourront ensuite être relâchés dans leur environnement ou proposés gratuitement à l’adoption.
Une aide aux animaux désormais encadrée
L’article 44 est au cœur des discussions. Il interdit de nourrir, soigner ou héberger un animal errant dans l’espace public en dehors du dispositif prévu par la loi.
Les contrevenants risquent une amende comprise entre 500 et 2.000 dirhams. Une mesure qui suscite déjà de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux, où plusieurs internautes craignent que des gestes de solidarité soient désormais sanctionnés.
Des obligations renforcées pour les propriétaires
La réforme impose également de nouvelles règles aux propriétaires d’animaux. Chaque animal devra disposer d’un carnet sanitaire, être enregistré sur une plateforme électronique et porter un numéro d’identification permanent.
Le non-respect de ces obligations pourra être puni d’une amende de 1.000 à 5.000 dirhams.
Le texte sanctionne aussi l’abandon et la divagation volontaire d’un animal par des amendes pouvant atteindre 20.000 dirhams. Les propriétaires souhaitant s’en séparer devront désormais le remettre à un centre spécialisé.
Par ailleurs, les actes de torture, de maltraitance ou de mise à mort volontaire d’un animal errant pourront entraîner jusqu’à six mois de prison et 20.000 dirhams d’amende.
L’euthanasie restera autorisée uniquement dans des cas précis, sous contrôle vétérinaire.
Les associations expriment leurs inquiétudes
Les défenseurs des animaux estiment que la loi risque surtout de pénaliser les citoyens et les bénévoles qui prennent aujourd’hui soin des animaux abandonnés, faute de structures suffisantes.
Ils réclament davantage de campagnes de stérilisation, de vaccination et d’identification, ainsi que la création rapide de centres publics dans toutes les communes.
Si la loi prévoit une période de transition de deux ans pour mettre en place les nouvelles structures, plusieurs observateurs s’interrogent déjà sur la prise en charge des animaux durant cet intervalle. Le débat est donc loin d’être clos.












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