Au troisième trimestre 2025, les indices des valeurs unitaires à l’importation ont reculé de 5,8 % en glissement annuel, tandis que ceux à l’exportation ont affiché une hausse très modérée de 0,4 %, selon la dernière note du Haut-Commissariat au Plan (HCP). Ces indicateurs reflètent des tendances contrastées au sein du commerce extérieur marocain et invitent à une lecture attentive, tant pour les opérateurs économiques que pour les décideurs publics.
Sur le terrain, cette baisse des prix d’importation n’est pas un hasard mais la somme de évolutions sectorielles bien précises. Les produits finis d’équipement industriel et les demi-produits ont vu leurs valeurs unitaires diminuer de 8,7 %, une performance qui pèse fortement sur l’ensemble des importations. Le recul notable des énergies et lubrifiants (-11,6 %) témoigne quant à lui d’une adaptation des marchés marocains à des prix mondiaux de l’énergie plus bas qu’attendu. D’autres segments, comme les produits finis de consommation (-3,1 %), l’alimentation, boissons et tabacs (-3,8 %) ou encore les produits bruts d’origine animale et végétale (-2,3 %), complètent ce tableau d’un coût des importations en retrait.
Du côté des exportations, l’embellie est timide mais non négligeable. L’augmentation de 0,4 % de l’indice global cache en réalité des dynamiques disparates. Les demi-produits, un intermédiaire industriel clé, ont tiré la croissance à la hausse avec un bond de 10,7 %, tandis que les produits bruts d’origine minérale ont progressé de 4,1 %. Ces segments traduisent un certain niveau de compétitivité sur des marchés spécifiques.
Cependant, d’autres groupes ont freiné cette progression :
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les produits finis d’équipement industriel ont vu leur indice baisser de 4,2 %,
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les produits finis de consommation de 1,6 %,
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l’alimentation, boissons et tabacs de 3,0 %,
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l’énergie et lubrifiants de 22,3 % et
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les produits bruts d’origine animale et végétale de 17,3 %.
Pour un observateur qui suit de près l’évolution de l’économie nationale, ces chiffres ont un goût double : d’un côté, la baisse des prix à l’import peut contribuer à une réduction des pressions inflationnistes sur les entreprises et les consommateurs marocains. Cela peut se traduire par une certaine marge de manœuvre pour les secteurs dépendants de matières premières et d’équipements importés. De l’autre, la progression très modérée des prix à l’export pose la question de la compétitivité réelle des produits marocains sur les marchés internationaux, surtout dans un contexte où plusieurs partenaires commerciaux pivots – Europe en tête – font face à leurs propres cycles économiques contraints.
Perspectives
L’économie marocaine a maintenu une dynamique positive en 2025, avec une croissance du PIB qui s’est établie autour de 4 % au T3, selon d’autres publications du HCP. Cette progression, soutenue par la demande intérieure, montre une résilience qui mérite d’être saluée. Néanmoins, la faiblesse des valeurs unitaires à l’export invite à réfléchir sur la stratégie d’insertion de notre pays dans les chaînes de valeur mondiales : davantage de produits à plus forte valeur ajoutée, une montée en gamme des exportations, et une diversification plus affirmée des marchés sont autant de leviers à activer.
En somme, ces indicateurs dessinent un Maroc qui réussit à contenir certains coûts mais qui doit encore progresser pour valoriser pleinement ses atouts à l’international. Ce constat mérite une attention renouvelée des acteurs économiques et des politiques publiques, dans une époque où chaque décimale de croissance compte pour les entreprises et les ménages.
Dans un monde où les flux commerciaux sont plus volatils que jamais, le Maroc se trouve à un carrefour : maîtriser l’import pour protéger le marché intérieur tout en renforçant l’export pour assurer une croissance durable et inclusive.












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