Une projection qui change d’échelle
Le rapport du CEBR ne parle pas de mirage économique. Il s’appuie sur des hypothèses jugées prudentes : croissance régulière, inflation maîtrisée et stabilité relative du dirham. Résultat : une hausse de 76 % du PIB en quinze ans, suffisante pour installer durablement le Maroc parmi les soixante premières économies mondiales.
Pour un pays souvent classé comme économie émergente intermédiaire, le signal est fort. Cette progression confirme que le Maroc n’est plus seulement en phase de rattrapage, mais qu’il s’inscrit désormais dans une logique de consolidation à long terme.
Des fondamentaux économiques solides
Cette perspective optimiste repose sur des bases réelles. En 2024, la croissance du PIB réel s’est établie autour de 3,8 %, preuve d’une économie résiliente face aux chocs internationaux. Les services continuent de tirer la croissance, l’industrie gagne en densité, et la demande intérieure reste dynamique.
Les institutions internationales abondent dans ce sens. La Banque mondiale a récemment revu à la hausse ses prévisions pour 2025, les situant entre 3,6 % et 4,4 %, tandis que le ministère de l’Économie et des Finances table sur 4,5 % en 2026, porté par une meilleure campagne agricole et la montée en puissance des secteurs non agricoles.
Industrie, investissements et position stratégique
Le rapport souligne un point clé : la diversification de l’économie marocaine. Automobile, aéronautique, agroalimentaire, offshoring et services à valeur ajoutée réduisent progressivement la dépendance aux secteurs les plus volatils. Les zones industrielles, les infrastructures logistiques et les projets structurants renforcent l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers.
La position géostratégique du Maroc, à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et du Moyen-Orient, joue également en sa faveur. Elle facilite le commerce, les chaînes de valeur régionales et les partenariats internationaux. Autre indicateur positif : le PIB par habitant pourrait atteindre 9 095 dollars en 2040, signe d’une amélioration progressive du niveau de vie moyen.
Des défis qui restent bien réels
Mais attention, tout n’est pas gagné d’avance. Ces projections supposent la continuité des réformes. La dépendance climatique de l’agriculture, le déficit commercial structurel et le chômage, notamment chez les jeunes diplômés, restent des points de vigilance majeurs. Sans création d’emplois suffisante et montée en compétences, la croissance pourrait perdre de son impact social.
Le message du rapport britannique est clair : le potentiel est là, et la trajectoire est crédible. Reste maintenant à transformer ces chiffres en prospérité partagée. Les quinze prochaines années seront décisives. Investissements, emploi, résilience climatique et inclusion sociale seront les vrais tests de cette ambition économique.












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