Attractivité confirmée et défis à relever
Dans les salons feutrés des ministères comme dans les cafés populaires de Rabat ou Casablanca, on parle d’un mot qui fait sourire mais aussi hausser les sourcils : redressement. Oui, le Maroc affiche des projections de croissance confortables pour 2026, mais derrière ces chiffres, la réalité vécu par nombre de citoyens reste contrastée.
Selon le rapport macroéconomique national, l'économie marocaine devrait enregistrer un taux de croissance autour de 4,5 % en 2026, soit un niveau similaire à celui envisagé pour 2025, porté par une agriculture revigorée et une reprise des activités non agricoles. Cette performance, dans un contexte international encore incertain, peut être perçue comme un signal positif fort, surtout si l’on tient compte d’une inflation maîtrisée autour de 2 %, ce qui n’était pas gagné d’avance il y a quelques années.
Sur le terrain, cette croissance se ressent dans les campagnes, où le retour des pluies a dynamisé les cultures et redonné de l’espoir aux agriculteurs, souvent mis à rude épreuve par des saisons sèches successives. De Casablanca à Oujda, certains commerçants confient que la demande locale reste vigoureuse, alimentée par une consommation qui se stabilise et des revenus qui, lentement, reprennent du souffle.
Pourtant, ce tableau n’est pas sans zones d’ombre. Des institutions internationales comme la Banque mondiale ou le HCP évoquent un ralentissement modéré de la croissance vers 4 %, lié notamment à des incertitudes commerciales globales et à une demande étrangère plus hésitante. Autrement dit, le moteur économique tourne, mais il risque de perdre un peu de sa vigueur si l’environnement externe se dégrade.
L’un des points qui mérite une attention particulière est la création d’emplois, surtout pour une population active jeune et dynamique. Les chiffres officiels montrent que malgré des taux de croissance positif, l’emploi ne progresse pas toujours au même rythme, laissant une partie de la jeunesse en quête d’opportunités durables. Là encore, être attentif aux données réelles du marché du travail est essentiel pour mesurer l’impact concret du redressement économique.
Du côté des politiques publiques, le maintien de taux directeur à 2,25 % par Bank Al-Maghrib reflète une volonté de soutenir l’activité tout en maîtrisant l’inflation, un équilibre délicat en période de reprise économique.
En fin de compte, si les premiers signaux pour 2026 confirment une trajectoire économique globalement positive, ils révèlent aussi que le redressement reste fragile et partiel. Pour qu’il soit réellement vécu par les citoyens – à travers des emplois, des salaires et une qualité de vie améliorés – il faudra que les réformes structurelles continuent, que les investissements privés se multiplient et que l’économie nationale gagne en résilience.
Le Maroc est sur une trajectoire de croissance, certes encourageante, mais le véritable test consistera à transformer ces chiffres en progrès social tangible. Le redressement n’est pas seulement une affaire de pourcentages, mais bien une conquête quotidienne pour les Marocains qui souhaitent voir leurs aspirations économiques et sociales se réaliser au tournant de 2026.












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