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Élections et élites…

Les élites, iront-elles voter ?


“Le véritable progrès démocratique n’est pas d’abaisser l’élite au niveau de la foule, mais d’élever la foule vers l’élite.” Georges Elgozy

L'Esprit des mots “Le philosophe est le marchand de sommeil des élites.” Sénèque



Par Dr Samir Belahsen

Les dictionnaires définissent l’ « élite » comme l’ensemble de ceux qui sont considérés comme les meilleurs d’un groupe ou d’une catégorie.

C’est l’ensemble des personnes qui occupent les premiers rangs dans la société et, plus particulièrement ceux qui exercent des pouvoirs importants : élites politiques, économiques, administratives, médiatiques, intellectuelles…

Cette définition englobe un regard positif et même apologétique et un regard critique et dénonciateur.

Les discours anti élites  sont principalement opposés aux courants démocratiques et marxistes. On peut citer comme théoriciens de ce discours Gaetano Mosca, Vilfredo Pareto et Robert Michels . Pour eux dans toutes les sociétés, les pouvoirs sont accaparés et exercés par une ou des élites et que les masses sont condamnées à leur obéir, ce qui est contraire aux postulats de base de la démocratie.

Accepter que le clivage fondamental entre les élites et les masses est contraire à la théorie marxiste des classes.
 
Les sciences sociales se sont intéressées aux élites de deux points de vue : leur renouvellement et leur unité.

Je pense que dès qu’une élite unie est consciente de son état et de ses intérêts, on peut parler de classe…

L’existence des élites qui exercent les principaux pouvoirs pose un problème à la démocratie , le principe d’égalité entre les citoyens se trouve mis à mal.

Mon intention, dans cette chronique, n’est pas de rentrer dans un débat théorique mais de me placer dans une perspective d'interrogations portant de ce qui est Actuel au Maroc.

Sur ces colonnes, j’avais exprimé mon point de vue sur le rôle de la classe moyenne ou l’élite intellectuelle est souvent classée…
J’ai toujours pensé que les principales évolutions comme les principales révolutions ne pouvaient se faire sans une classe moyenne, dont l’élite intellectuelle, consciente de son rôle « historique ».

A la veille des élections législatives et communales nous pouvons légitimement poser quelques questions :

La première question :  Les élites, iront-elles voter ?

Historiquement, au Maroc on dirait que certaines élites snobent les urnes. Au-delà du ressenti général, les résultats officiels de la participation dans certains quartiers le prouvent.

Cette fois , j’ai envie de répondre, elle le doit.

D’abord parce qu’elle est concernée par les choix à venir.

La tendance de la majorité sortante étant de lui faire payer l’essentiel du cout de la protection sociale généralisée.

Elle est concernée en plus par des choix sociétaux qui pourront se poser : l’égalité, les langues d’enseignement …
 
La deuxième question : Que faire pour que les élites économiques et intellectuelles aillent voter ?

Elles ne le feraient, à mon sens, que si elles sont convaincues de l’importance de l’enjeu.

Un certain discours ambiant veut que le nouveau modèle de développement étant le cadre « consensuel », il n’y aurait pas d’enjeu…Je ne le crois pas.

Le NMD n’est pas un programme et les différents partis n’en ont pas la même lecture.

Il y a au moins deux grandes tendances, la première ultralibérale qui veut laisser le marché réguler, elle a fait ses preuves pendant les deux quinquennats avec les résultats qu’on connaît.

Même si les partis de la majorité, le PJD et le RNI principalement, veulent en faire l’impasse, le bilan est là : moins de croissance, plus d’inégalités…Un libéralisme pur et dur… et avec l’aide de l’État.(en termes de subventions, de niches fiscales et de protection)

La deuxième grande tendance veut une société plus égalitaire. Elle est consciente de la nécessité d’un état providence garantissant une meilleure distribution des richesses, une régulation de la concurrence et une protection sociale pour tous.

Il y a bien entendu sur le champ politique des partis qui n’ont aucun choix clair et qui ne font que brouillard.

C’est dire que des enjeux, il y en a…

Espérons que la campagne électorale mette en évidence les vrais clivages et les positions réelles des uns et des autres.

Le 8 septembre, chacun fera son choix.

Dr Samir Belahsen






Dimanche 15 Août 2021

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