Les croissances robustes annoncées sont en total contradiction avec la réalité des jeunes générations et de certaines régions du royaume.
De temps à autre, nous assistons à des marches de douars enclavés, on ne peut plus patriotiques, pour appeler au désenclavement.
Par ces marches de la dignité et de l’honneur retrouvé, les habitants de ces régions oubliées, car privées de ressources et de bonne gouvernance territoriale, font passer un message à l’administration centrale via l’administration territoriale : nous existons et nous continuerons d’exister dans ce royaume béni des cieux et nous souhaitons apporter notre pierre à l’édification du Maroc à une vitesse tant désiré par le Souverain.
Le Maroc avance sans conteste, certes, mais pour qui avance-t-il en réalité ? Pourquoi la création de richesses ne bénéficient-elle pas à toutes et à tous ? L’ascenseur social est-il inactif ou sélectif ? Pourquoi « la machine marocaine » est-elle lente à démarrer et gnangnan pour avancer ? Est-ce un problème politique, économique ou plutôt un problème moral et de sens civique ?
Les investissements publics et privés sont de plus en plus gigantesques mais la création d’emplois est toujours en deçà des besoins du pays.
Dès lors, les élucubrations prennent place pour maquiller la réalité sinon justifier les lenteurs et manquements en tous genres. Et ce sont ces élucubrations qui nourrissent la défiance et la colère envers les politiques, tout parti confondu. Leurs discours sont confus, parfois contradictoires, et profondément symptomatiques de la fatigue politique.
Les hommes et femmes politiques marocains sont prévenus, la communication ne peut pas remplacer l’action. La jeunesse marocaine est pleinement consciente aujourd’hui de son environnement local et international. Le monde numérique lui permet de ne plus vivre dans le bouillard. Il lui permet de comparer, d’observer et de mesurer les écarts. Personne ne peut plus lui vendre facilement ni les mythes ni les légendes urbaines.
Les discours de type “complot des spéculateurs”, “campagnes hostiles”, “désinformation”, « ce n’est pas moi c’est l’autre »…sont à proscrire. Les jeunes ont besoin de la vérité authentique et du respect de leur capacité à comprendre, à apprendre, à raisonner et à avoir une pensée critique.
Croire qu’on peut maquiller indéfiniment le réel sous les éléments de langage est une chimère. Les jeunes marocains sont lucides. Il y a tout intérêt à éviter les élucubrations aux prochaines échéances électorales en septembre 2026 pour susciter l’intérêt et donner envie.












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Dire non, dire oui : servir le Maroc sans posture











