Les situations décrites sont révélatrices.
Des dirigeants sont imités par des deepfakes suffisamment crédibles pour tromper leurs propres équipes. À chaque fois, la faille n’est pas d’abord technologique : elle est organisationnelle, culturelle et cognitive.
Ces dérives traduisent une confusion croissante entre aide à la décision et substitution à la décision. Parce qu’elle est rapide, performante et accessible, l’IA tend à se voir attribuer une autorité implicite.
Or un système algorithmique ne juge pas : il calcule. Il produit des probabilités, pas du sens. Lorsqu’une organisation abdique cette distinction, elle s’expose à une forme d’ingérence nouvelle, diffuse et souvent invisible, car acceptée au nom de l’efficacité.
C’est précisément à ce point que la sécurité économique rejoint un enjeu plus large, rarement nommé mais désormais central : celui de la souveraineté cognitive. Protéger les données ou les secrets informationnels ne suffit plus.
Il faut aussi préserver la capacité collective à comprendre, à arbitrer et à décider en conscience. La dépendance excessive aux systèmes algorithmiques fragilise cette autonomie intellectuelle et affaiblit, à terme, la maîtrise stratégique.
Les recommandations formulées par la DGSI
Elles rappellent une évidence trop souvent oubliée : la responsabilité ne peut être déléguée à une machine, aussi performante soit-elle. L’intelligence artificielle n’est plus un outil neutre.
Elle structure ce qui est visible, ce qui est jugé pertinent, ce qui apparaît crédible ou urgent. Elle influence les cadres de pensée, les priorités et les comportements.
Ignorer cette dimension revient à accepter une dépendance cognitive progressive, où la délégation technique remplace peu à peu le discernement humain.
Le Flash Ingérence Économique publié en France agit ainsi comme un révélateur. Il montre que la protection des intérêts économiques passe désormais par la protection des conditions mêmes de la pensée et de la prise de décision.
Gouverner l’intelligence artificielle ne relève donc pas uniquement de la technique ou du droit : c’est un enjeu stratégique, culturel et démocratique, au cœur de la souveraineté contemporaine.
Par Dr Az-Eddine Bennani












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Physical AI et paradoxe de la productivité : attention aux fausses évidences











