Au siège de la Confédération générale des entreprises du Maroc à Casablanca, le directeur général des impôts, Younes Idrissi Kaitouni, a présenté cette réforme stratégique devant des opérateurs économiques attentifs. L’objectif : transformer la manière dont l’administration évalue les prix des transactions immobilières, longtemps source d’arbitraire.
Jusqu’ici, l’estimation des prix de cession reposait sur l’approche subjective des vérificateurs, provoquant parfois des révisions contestées. Avec Yakeey, la DGI dispose désormais d’une base de données neutre et sécurisée, capable de produire des comparables fiables pour tous les acteurs.
« Nous voulons dépasser l’expression que je déteste “selon les informations dont dispose l’administration” et fonder nos analyses sur des données réellement exploitables et opposables », a souligné Idrissi Kaitouni. L’outil s’aligne ainsi sur les standards internationaux, offrant une meilleure prévisibilité fiscale.
Au-delà du contrôle, le dispositif corrige une asymétrie d’information : beaucoup de vendeurs et d’acheteurs peinent à estimer correctement la valeur d’un bien. Selon Karim Beqqali, fondateur de Yakeey, cette opacité freine les transactions et alimente la méfiance. Les comparables publics devraient sécuriser les décisions et fluidifier le marché immobilier.
Le lancement pilote aura lieu à Rabat et Casablanca, avec l’implication des notaires et adouls pour recueillir des retours et ajuster le dispositif. Les comparables serviront principalement aux particuliers et comme outil d’analyse du risque pour les promoteurs. Aucun redressement automatique ne sera appliqué : chaque contrôle sera précédé d’une vérification terrain pour comparer le prix déclaré au prix réel du marché.
Cette réforme marque une rupture avec les pratiques antérieures perçues comme arbitraires. En s’appuyant sur des données fiables et sur l’innovation locale, l’administration vise à instaurer une relation de confiance avec les contribuables et à réduire les contentieux.
Si le dispositif confirme ses promesses, il pourrait redéfinir les règles du marché immobilier marocain et diminuer les contentieux qui freinent aujourd’hui croissance et investissement.












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