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GLP-1 et sport de haut niveau : pourquoi ces médicaments suscitent-ils autant de questions ?


Initialement développés pour traiter le diabète, puis l’obésité, les agonistes du GLP-1 s’imposent aujourd’hui au cœur d’un débat qui dépasse le domaine médical. Leur utilisation par certains sportifs, évoquée récemment par Serena Williams, attire désormais l’attention des autorités antidopage, qui s’interrogent sur leur potentiel impact sur les performances.



Le retour de Serena Williams relance le débat

Les agonistes du GLP-1, dont font partie certains traitements contre l’obésité, font de nouveau parler d’eux après les déclarations de Serena Williams.

L’ancienne numéro un mondiale a expliqué que son retour à la compétition à Wimbledon avait été facilité par l’utilisation de Zepbound, un médicament qui l’a aidée à perdre du poids après sa deuxième grossesse.
 

La joueuse américaine de 44 ans est également devenue ambassadrice d’une entreprise de télémédecine spécialisée dans ce type de traitements.
 

Cette prise de parole intervient alors que ces médicaments font l’objet d’une attention croissante dans le monde du sport de haut niveau.


Pourquoi les autorités antidopage s’y intéressent-elles ?

Les agonistes du GLP-1 figurent sur la liste des substances surveillées par l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2024.
 

Selon Jean-François Naud, directeur du Laboratoire de contrôle du dopage de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), ces traitements pourraient permettre à certains athlètes de perdre rapidement du poids afin de concourir dans une catégorie inférieure, notamment dans des disciplines comme la boxe.
 

Il souligne également que certains médicaments actuellement en développement pourraient limiter la perte de masse musculaire, un élément susceptible de présenter un intérêt dans des sports où le rapport poids-puissance est déterminant, comme le cyclisme.


Une éventuelle interdiction encore débattue

Pour qu’un médicament soit interdit par l’Agence mondiale antidopage, deux des trois critères suivants doivent être réunis : améliorer les performances sportives, représenter un risque pour la santé ou être contraire à l’esprit sportif.
 

David Pavot, professeur de droit du sport à l’Université de Sherbrooke, rappelle que les effets secondaires de ces traitements expliquent qu’ils soient aujourd’hui réservés principalement aux personnes atteintes de diabète ou d’obésité.
 

Une éventuelle interdiction pourrait toutefois avoir d’autres conséquences. Alexandre Caron, professeur de pharmacie à l’Université Laval, estime qu’une telle décision risquerait d’accentuer les préjugés entourant ces médicaments et les patients qui les utilisent pour des raisons médicales.
 

De son côté, David Pavot souligne que l’allongement de la liste des substances interdites complique parfois la prise en charge médicale des sportifs de haut niveau.


Une utilisation difficile à mesurer chez les sportifs

À ce jour, aucune étude ne permet d’évaluer précisément le recours aux agonistes du GLP-1 chez les athlètes olympiques ou professionnels.
 

En revanche, Luke Cox, chercheur en sciences du sport à l’Université de Swansea, s’est intéressé à leur utilisation chez les culturistes. Selon ses travaux publiés en mai dans la revue Addiction Research & Theory, ces traitements connaissent une popularité croissante dans cette discipline.
 

Le chercheur estime que cette tendance pourrait également concerner d’autres sports où la réduction de la masse grasse et l’optimisation du poids constituent des objectifs importants.
 

Ses recherches portent notamment sur le rétatrutide, un médicament encore en phase d’essais cliniques et indisponible sur le marché. Il précise que les sportifs qui utilisent ce type de molécules le font généralement en dehors des indications médicales officielles.


De nouvelles molécules en développement

Plusieurs laboratoires pharmaceutiques développent actuellement de nouveaux agonistes du GLP-1 en mettant en avant une perte de poids accompagnée d’une préservation plus importante de la masse musculaire.
 

Alexandre Caron nuance toutefois cette hypothèse. Selon lui, la diminution de la masse musculaire observée après une perte de poids importante n’est pas propre aux agonistes du GLP-1. Elle peut également survenir après un régime alimentaire ou une chirurgie bariatrique.
 

Il rappelle que les personnes souffrant d’obésité possèdent souvent une masse musculaire plus élevée en raison du poids qu’elles supportent quotidiennement. Une fois ce poids réduit, les besoins musculaires diminuent naturellement.
 

Le rétatrutide pourrait néanmoins représenter une avancée importante. D’après Alexandre Caron, cette molécule serait la première à pouvoir rivaliser avec la chirurgie bariatrique en matière de perte de poids.


Les GLP-1, des traitements avant tout médicaux

Les agonistes du GLP-1 ont d’abord été développés pour le traitement du diabète. Ils stimulent la production d’insuline et reproduisent l’action d’une hormone libérée par l’intestin pendant les repas, favorisant ainsi la sensation de satiété.
 

Leur efficacité sur la perte de poids a ensuite conduit à leur autorisation dans la prise en charge de l’obésité. Si leur usage continue de s’étendre dans le domaine médical, leur place dans le sport de haut niveau reste aujourd’hui au centre d’un débat qui mêle enjeux de santé, d’éthique et de performance.


Mardi 21 Juillet 2026



Rédigé par Salma Chmanti Houari le Mardi 21 Juillet 2026

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