Entretien avec Dr Hajar Saoud auteur de la thèse : Gouvernance stratégique et digitalisation des politiques publiques : modélisation et évaluation
De droite à gauche : Pr. Jalila AIT SOUDANE ; Pr. Morad SBITI ; Dr. Hajar Saoud ; Pr. Driss GUERRAOUI ; Pr. Abdelhay BENABDELHADI ; Pr. Asmae ZINOUN.
Dans l’amphithéâtre 1 de l’Université Mohamed V le public et les membres du jury écoute avec une attention soutenue et intense la présentation d’une thèse de grande actualité portant sur le phénomène NEET qui touche près de 3 millions de jeunes au Maroc .
La thèse qui répond aux critères de qualité "avancée de la connaissance au travers d’une recherche innovante est l’aboutissement d’un travail d’enquêtes sur le terrain et de conceptualisation qui ont nécessité un investissement intellectuel intense reconnu par le jury qui a accordé la mention très honorable à Hajjar Saoud.
Spécialiste des politiques publiques dédiées à la jeunesse, riche d’une expérience acquise auprès d’ONG nationales et internationales Dr Hajjar Saoud a présenté un travail d’une qualité indéniable tant dans la méthodologie choisie que dans la pertinence de l’analyse , des propositions et des projections , un travail relatif aux jeunes ,qui pourra nourrir à coup sûr la réflexion des responsables des politiques publiques.
La thèse qui répond aux critères de qualité "avancée de la connaissance au travers d’une recherche innovante est l’aboutissement d’un travail d’enquêtes sur le terrain et de conceptualisation qui ont nécessité un investissement intellectuel intense reconnu par le jury qui a accordé la mention très honorable à Hajjar Saoud.
Spécialiste des politiques publiques dédiées à la jeunesse, riche d’une expérience acquise auprès d’ONG nationales et internationales Dr Hajjar Saoud a présenté un travail d’une qualité indéniable tant dans la méthodologie choisie que dans la pertinence de l’analyse , des propositions et des projections , un travail relatif aux jeunes ,qui pourra nourrir à coup sûr la réflexion des responsables des politiques publiques.
Madame Hajjar Saoud a bien voulu à cette occasion accorder cet entretien à la rédaction de l'ODJ Média
Pour modéliser et évaluer le système d’inclusion des jeunes NEET, vous avez d’abord cherché à définir précisément ce phénomène. Qu’avez-vous découvert ?
Le terme NEET, apparu au Royaume-Uni dans les années 1980, visait à mettre en lumière une réalité ignorée : les statistiques du chômage omettent ceux qui ne sont pas en recherche active. Cette catégorie englobe des profils hétérogènes, des jeunes découragés, des personnes en souffrance physique ou mentale ainsi que des femmes assumant des responsabilités familiales, en passant par ceux qui développent des compétences de manière informelle. Plutôt qu'un profil unique, le concept de NEET recouvre une multitude de trajectoires de vie souvent invisibles pour les institutions. Au Maroc, c’est presque un jeune sur quatre entre 15 et 24 ans, et surtout des femmes, souvent à la campagne. Mais derrière ce chiffre, il y a des réalités qui n’ont rien à voir entre elles. Ce que je retiens, c’est qu’être NEET, ce n’est pas un statut : c’est un moment dans un parcours. On y entre, on en sort, on y revient. Tant qu’on ne regarde pas dans le détail, on passe à côté des jeunes qu’on entend justement aider.
Vous avez adopté une approche multidisciplinaire pour comprendre ces trajectoires. Quelle a été votre démarche ?
J’ai voulu partir des jeunes eux-mêmes, de leurs histoires, plutôt que des cases administratives. Et j’ai croisé plusieurs disciplines : la gestion publique, la sociologie, la psychologie du travail.
Sur le terrain, ça a duré six ans, de 2017 à 2023, sur cinq territoires. J’ai rencontré près de 390 personnes (des jeunes, mais aussi des associations et des responsables institutionnels) à travers des entretiens, des groupes de discussion, de l’observation, des ateliers et des récits de vie de jeunes en grande difficulté. J’ai tenu à travailler en darija, parce que la façon dont un jeune raconte sa propre situation en dit déjà beaucoup. Ce que ça révèle, c’est qu’il y a des parcours « lisibles », ceux que les institutions repèrent, et des parcours « illisibles », ceux qui passent sous le radar. Et que les difficultés de ces jeunes ne sont pas seulement personnelles : elles tiennent aussi à la manière dont les dispositifs sont organisés. Un exemple m’a marquée : faute de lieux publics ouverts, c’est souvent dans les locaux des associations que j’ai pu mener mon étude. Pour beaucoup de ces jeunes, les espaces gérés par l’État sont, souvent, considérés comme des espaces inaccessibles.
Comment votre travail peut-il contribuer à améliorer les politiques publiques ?
En rappelant qu'on ne peut pas mesurer l’inclusion uniquement avec des chiffres. Les indicateurs statistiques sont indispensables : ils nous disent combien de jeunes sont en situation de NEET. En revanche, ils disent beaucoup moins ce qu’ils deviennent, pourquoi certains y entrent, en sortent ou y reviennent. L’idée-clé, c’est de passer d’une logique de dispositifs à une logique de parcours. Cela suppose de compléter les indicateurs quantitatifs par des indicateurs plus qualitatifs, capables de suivre les transitions, les ruptures, les retours, mais aussi la qualité de l’accompagnement et la durabilité de l’insertion. Décrocher un emploi précaire ou informel ne signifie pas forcément sortir de la vulnérabilité. Enfin, ma recherche met en lumière un acteur souvent oublié : les associations de proximité. Elles sont souvent le premier, et parfois le seul, interlocuteur de jeunes que les institutions ne touchent plus. Elles accueillent, orientent et accompagnent, souvent avec peu de moyens et sans véritable reconnaissance institutionnelle. Mieux reconnaître leur rôle, c’est aussi renforcer l’efficacité des politiques publiques.
Dans votre travail, le numérique occupe une place importante. Quel rôle peut-il jouer ?
D’abord, disons ce qu’il ne doit pas être : une simple histoire d’équipement ou de nouvelles plateformes. Son vrai intérêt, c’est de relier les acteurs entre eux et de garder la trace des parcours dans le temps. Aujourd’hui, les informations existent, mais elles sont éparpillées et ne circulent pas d’un service à l’autre. J’ai proposé un outil qui fonctionne comme une mémoire des parcours, pour que le système apprenne de ce qu’il observe. Mais j’insiste sur un point : avec un public déjà fragilisé, le numérique peut autant réduire les inégalités que les aggraver. Il y a d’abord une question d’accès toute simple (une connexion, un équipement, la maîtrise de l’outil) et ce sont justement les jeunes les plus éloignés, en milieu rural ou les jeunes femmes au foyer, qui en sont le plus privés. Si on fait du numérique la seule porte d’entrée, on finit par exclure ceux-là mêmes qu’on veut atteindre. Sur le terrain, j’ai vu ces barrières d’accès réapparaître jusque dans les outils censés aider. Le numérique doit donc rester un moyen parmi d’autres, jamais le seul canal. Il vient en appui au contact humain (accompagnateur/accompagnatrice de proximité, animateur/animatrice) pas à sa place. Pensé par le haut, loin des usages réels, il rend les plus vulnérables encore plus invisibles. Conçu avec les jeunes et pas seulement pour eux, il devient un vrai levier mais jamais une fin en soi.
Votre recherche débouche sur l’idée d’une Agence nationale pour la jeunesse. Comment vos encadrants et le jury ont-ils accueilli cette proposition, et l’idée d’une agence ou d’un conseil des jeunes ?
D’abord, l’idée n’est pas tombée du ciel. Le Nouveau Modèle de Développement insistait déjà sur la nécessité d’un pilotage fort de la politique de jeunesse et recommandait une structure dédiée pour coordonner des acteurs très éclatés. Ce que j’apporte, c’est la voix du terrain. Dans plusieurs régions, les jeunes et les acteurs associatifs m’ont dit la même chose : il manque un échelon intermédiaire pour faire le lien. L’Agence nationale pour les jeunes que je propose, c’est exactement cela : une passerelle entre l’État et le terrain. Elle ne remplace personne ; elle relie, outille et sécurise ce que les associations font déjà, mais dans l’ombre. Et il faut bien distinguer deux choses : une agence, qui coordonne et accompagne les parcours ; et un conseil des jeunes, qui leur donne la parole. Les deux sont complémentaires. Côté universitaire, la discussion a moins tourné autour de l’idée de créer une institution de plus, il y a là-dessus une vraie prudence et elle est légitime, que sur la capacité de ce modèle à régler des problèmes concrets. C’est précisément ce que la thèse s’est attachée à montrer, en partant des besoins exprimés plutôt que d’un schéma plaqué d’en haut.
Au terme de cette recherche, qu’est-ce qui vous a le plus marquée ?
L’écart entre ce que disent les statistiques et ce que racontent les parcours, et un cas m’a particulièrement marquée : celui des jeunes placés en centres de protection de l’enfance. On imagine qu’un jeune NEET, c’est forcément un jeune « marginal », livré à lui-même. Or être NEET, ça ne veut pas dire être en dehors de toute institution : ça veut dire être en dehors de l’école, de la formation et de l’emploi. C’est là le paradoxe que j’ai observé sur le terrain : un mineur peut être à l’intérieur d’un centre censé le protéger et, en même temps, ne pas avoir accès à la scolarité. Il est dans un dispositif, mais le droit à l’éducation n’y est pas toujours garanti. Dans certains cas, ces centres finissent par produire exactement ce qu’ils devraient prévenir : ils deviennent des foyers de NEET. Ces jeunes sont présents, mais non reconnus. À leur sortie, beaucoup basculent vers la situation de NEET, puis vers un travail informel où ils/elles sont perdus de vue. C’est ce que j’appelle une invisibilité graduée : on disparaît par étapes. J’ai aussi rencontré, ailleurs, des jeunes étiquetés inactifs qui, en réalité, s’entraident et débrouillent une activité dans leur quartier. Tout cela m’a convaincue d’une chose : l’enjeu n’est pas seulement de rendre ces jeunes visibles, c’est de reconnaître ce qu’ils sont et ce qu’ils savent faire. Reconnaître, pour pouvoir transformer.
La majorité des NEET au Maroc sont des femmes. Qu’est-ce que cela change ?
C’est sans doute le chiffre le plus parlant. Les jeunes femmes sont largement majoritaires parmi les NEET, et le cas le plus fréquent, c’est celui de jeunes femmes rurales, sorties tôt de l’école et prises par les tâches familiales. Mais beaucoup ne sont pas inactives : elles assurent un travail domestique invisible et souvent bien plus. Les voir comme un bloc passif, c’est se tromper de cible. Toute stratégie d’inclusion qui négligerait d’intégrer les réalités propres aux jeunes femmes, telles que les enjeux de mobilité, les solutions de garde d’enfants ou la valorisation de leur savoir-faire, se condamne à manquer une part essentielle de son objectif.
Le terme NEET, apparu au Royaume-Uni dans les années 1980, visait à mettre en lumière une réalité ignorée : les statistiques du chômage omettent ceux qui ne sont pas en recherche active. Cette catégorie englobe des profils hétérogènes, des jeunes découragés, des personnes en souffrance physique ou mentale ainsi que des femmes assumant des responsabilités familiales, en passant par ceux qui développent des compétences de manière informelle. Plutôt qu'un profil unique, le concept de NEET recouvre une multitude de trajectoires de vie souvent invisibles pour les institutions. Au Maroc, c’est presque un jeune sur quatre entre 15 et 24 ans, et surtout des femmes, souvent à la campagne. Mais derrière ce chiffre, il y a des réalités qui n’ont rien à voir entre elles. Ce que je retiens, c’est qu’être NEET, ce n’est pas un statut : c’est un moment dans un parcours. On y entre, on en sort, on y revient. Tant qu’on ne regarde pas dans le détail, on passe à côté des jeunes qu’on entend justement aider.
Vous avez adopté une approche multidisciplinaire pour comprendre ces trajectoires. Quelle a été votre démarche ?
J’ai voulu partir des jeunes eux-mêmes, de leurs histoires, plutôt que des cases administratives. Et j’ai croisé plusieurs disciplines : la gestion publique, la sociologie, la psychologie du travail.
Sur le terrain, ça a duré six ans, de 2017 à 2023, sur cinq territoires. J’ai rencontré près de 390 personnes (des jeunes, mais aussi des associations et des responsables institutionnels) à travers des entretiens, des groupes de discussion, de l’observation, des ateliers et des récits de vie de jeunes en grande difficulté. J’ai tenu à travailler en darija, parce que la façon dont un jeune raconte sa propre situation en dit déjà beaucoup. Ce que ça révèle, c’est qu’il y a des parcours « lisibles », ceux que les institutions repèrent, et des parcours « illisibles », ceux qui passent sous le radar. Et que les difficultés de ces jeunes ne sont pas seulement personnelles : elles tiennent aussi à la manière dont les dispositifs sont organisés. Un exemple m’a marquée : faute de lieux publics ouverts, c’est souvent dans les locaux des associations que j’ai pu mener mon étude. Pour beaucoup de ces jeunes, les espaces gérés par l’État sont, souvent, considérés comme des espaces inaccessibles.
Comment votre travail peut-il contribuer à améliorer les politiques publiques ?
En rappelant qu'on ne peut pas mesurer l’inclusion uniquement avec des chiffres. Les indicateurs statistiques sont indispensables : ils nous disent combien de jeunes sont en situation de NEET. En revanche, ils disent beaucoup moins ce qu’ils deviennent, pourquoi certains y entrent, en sortent ou y reviennent. L’idée-clé, c’est de passer d’une logique de dispositifs à une logique de parcours. Cela suppose de compléter les indicateurs quantitatifs par des indicateurs plus qualitatifs, capables de suivre les transitions, les ruptures, les retours, mais aussi la qualité de l’accompagnement et la durabilité de l’insertion. Décrocher un emploi précaire ou informel ne signifie pas forcément sortir de la vulnérabilité. Enfin, ma recherche met en lumière un acteur souvent oublié : les associations de proximité. Elles sont souvent le premier, et parfois le seul, interlocuteur de jeunes que les institutions ne touchent plus. Elles accueillent, orientent et accompagnent, souvent avec peu de moyens et sans véritable reconnaissance institutionnelle. Mieux reconnaître leur rôle, c’est aussi renforcer l’efficacité des politiques publiques.
Dans votre travail, le numérique occupe une place importante. Quel rôle peut-il jouer ?
D’abord, disons ce qu’il ne doit pas être : une simple histoire d’équipement ou de nouvelles plateformes. Son vrai intérêt, c’est de relier les acteurs entre eux et de garder la trace des parcours dans le temps. Aujourd’hui, les informations existent, mais elles sont éparpillées et ne circulent pas d’un service à l’autre. J’ai proposé un outil qui fonctionne comme une mémoire des parcours, pour que le système apprenne de ce qu’il observe. Mais j’insiste sur un point : avec un public déjà fragilisé, le numérique peut autant réduire les inégalités que les aggraver. Il y a d’abord une question d’accès toute simple (une connexion, un équipement, la maîtrise de l’outil) et ce sont justement les jeunes les plus éloignés, en milieu rural ou les jeunes femmes au foyer, qui en sont le plus privés. Si on fait du numérique la seule porte d’entrée, on finit par exclure ceux-là mêmes qu’on veut atteindre. Sur le terrain, j’ai vu ces barrières d’accès réapparaître jusque dans les outils censés aider. Le numérique doit donc rester un moyen parmi d’autres, jamais le seul canal. Il vient en appui au contact humain (accompagnateur/accompagnatrice de proximité, animateur/animatrice) pas à sa place. Pensé par le haut, loin des usages réels, il rend les plus vulnérables encore plus invisibles. Conçu avec les jeunes et pas seulement pour eux, il devient un vrai levier mais jamais une fin en soi.
Votre recherche débouche sur l’idée d’une Agence nationale pour la jeunesse. Comment vos encadrants et le jury ont-ils accueilli cette proposition, et l’idée d’une agence ou d’un conseil des jeunes ?
D’abord, l’idée n’est pas tombée du ciel. Le Nouveau Modèle de Développement insistait déjà sur la nécessité d’un pilotage fort de la politique de jeunesse et recommandait une structure dédiée pour coordonner des acteurs très éclatés. Ce que j’apporte, c’est la voix du terrain. Dans plusieurs régions, les jeunes et les acteurs associatifs m’ont dit la même chose : il manque un échelon intermédiaire pour faire le lien. L’Agence nationale pour les jeunes que je propose, c’est exactement cela : une passerelle entre l’État et le terrain. Elle ne remplace personne ; elle relie, outille et sécurise ce que les associations font déjà, mais dans l’ombre. Et il faut bien distinguer deux choses : une agence, qui coordonne et accompagne les parcours ; et un conseil des jeunes, qui leur donne la parole. Les deux sont complémentaires. Côté universitaire, la discussion a moins tourné autour de l’idée de créer une institution de plus, il y a là-dessus une vraie prudence et elle est légitime, que sur la capacité de ce modèle à régler des problèmes concrets. C’est précisément ce que la thèse s’est attachée à montrer, en partant des besoins exprimés plutôt que d’un schéma plaqué d’en haut.
Au terme de cette recherche, qu’est-ce qui vous a le plus marquée ?
L’écart entre ce que disent les statistiques et ce que racontent les parcours, et un cas m’a particulièrement marquée : celui des jeunes placés en centres de protection de l’enfance. On imagine qu’un jeune NEET, c’est forcément un jeune « marginal », livré à lui-même. Or être NEET, ça ne veut pas dire être en dehors de toute institution : ça veut dire être en dehors de l’école, de la formation et de l’emploi. C’est là le paradoxe que j’ai observé sur le terrain : un mineur peut être à l’intérieur d’un centre censé le protéger et, en même temps, ne pas avoir accès à la scolarité. Il est dans un dispositif, mais le droit à l’éducation n’y est pas toujours garanti. Dans certains cas, ces centres finissent par produire exactement ce qu’ils devraient prévenir : ils deviennent des foyers de NEET. Ces jeunes sont présents, mais non reconnus. À leur sortie, beaucoup basculent vers la situation de NEET, puis vers un travail informel où ils/elles sont perdus de vue. C’est ce que j’appelle une invisibilité graduée : on disparaît par étapes. J’ai aussi rencontré, ailleurs, des jeunes étiquetés inactifs qui, en réalité, s’entraident et débrouillent une activité dans leur quartier. Tout cela m’a convaincue d’une chose : l’enjeu n’est pas seulement de rendre ces jeunes visibles, c’est de reconnaître ce qu’ils sont et ce qu’ils savent faire. Reconnaître, pour pouvoir transformer.
La majorité des NEET au Maroc sont des femmes. Qu’est-ce que cela change ?
C’est sans doute le chiffre le plus parlant. Les jeunes femmes sont largement majoritaires parmi les NEET, et le cas le plus fréquent, c’est celui de jeunes femmes rurales, sorties tôt de l’école et prises par les tâches familiales. Mais beaucoup ne sont pas inactives : elles assurent un travail domestique invisible et souvent bien plus. Les voir comme un bloc passif, c’est se tromper de cible. Toute stratégie d’inclusion qui négligerait d’intégrer les réalités propres aux jeunes femmes, telles que les enjeux de mobilité, les solutions de garde d’enfants ou la valorisation de leur savoir-faire, se condamne à manquer une part essentielle de son objectif.












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