Une féminisation qui dépasse plusieurs pays développés
C’est un tournant discret mais majeur pour l’économie marocaine.
D’après une étude présentée à Rabat lors de la première édition de la Journée internationale de la femme dans l’industrie, le Royaume affiche désormais 41% de main-d’œuvre féminine dans le secteur industriel.
Un taux qui place le Maroc au-dessus de plusieurs grandes économies comme la France, les États-Unis ou encore le Royaume-Uni. Mais au-delà du classement, c’est surtout la structure de cette présence qui attire l’attention.
Le textile reste le pilier de cette féminisation avec 62% de femmes, mais d’autres secteurs suivent de près.
L’industrie pharmaceutique compte 44% de femmes, l’agroalimentaire 43%, et même des domaines historiquement masculins comme l’automobile et l’aéronautique atteignent désormais 41%.
Une évolution qui donne une idée assez claire : les femmes ne sont plus cantonnées à un seul type d’industrie, elles s’installent progressivement dans tout le tissu productif.
Moins de chiffres, plus de responsabilités
Derrière cette progression, une autre réalité se dessine. L’industrie marocaine ne féminise pas seulement ses effectifs, elle transforme aussi les types de postes occupés.
Entre 2015 et 2025, les femmes accèdent de plus en plus à des emplois qualifiés. Elles représentent aujourd’hui 32% des postes qualifiés, avec une progression constante dans les secteurs techniques et industriels.
Les fonctions de responsabilité suivent la même tendance. Les femmes occupent désormais 30% des postes de cadres supérieurs et dirigeantes, soit une hausse de 8 points en dix ans.
Les postes managériaux atteignent 31%, tandis que les métiers d’ingénierie et techniques tournent autour de 30 à 33%.
En clair, la présence féminine ne se limite plus à l’entrée dans l’industrie. Elle s’étend désormais aux postes où les décisions se prennent.
Aéronautique et pharmacie, deux secteurs moteurs
Certains secteurs tirent clairement cette dynamique vers le haut. L’aéronautique se distingue avec 39% de femmes dans les postes qualifiés, mais surtout une progression forte dans les fonctions d’encadrement et d’ingénierie.
Les chiffres y montrent une montée rapide des femmes ingénieures, manageuses et directrices, avec des hausses à deux chiffres sur certaines catégories.
Mais le secteur le plus avancé reste l’industrie pharmaceutique. C’est aujourd’hui le seul domaine industriel au Maroc à approcher une forme de quasi-parité.
On y retrouve 44% de femmes dans les postes qualifiés, 42% dans la gestion et la direction, et près de 49% de techniciennes.
Un modèle qui montre qu’une autre organisation du travail est possible dans l’industrie.
Une transformation silencieuse mais structurante
Ce qui se dessine aujourd’hui dépasse les simples statistiques. L’industrie marocaine est en train de changer de visage, progressivement, sans rupture brutale mais avec une tendance claire.
Les femmes ne sont plus seulement présentes dans les usines, elles montent dans la hiérarchie, accèdent aux fonctions techniques, et commencent à occuper des espaces de décision.
Mais tout n’est pas encore acquis. Des écarts persistent, notamment dans certains métiers stratégiques et dans les niveaux les plus élevés de responsabilité. La dynamique est lancée, mais elle devra encore être consolidée pour devenir pleinement équilibrée.
Une chose est sûre : l’industrie marocaine ne se raconte plus sans ses femmes.












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