Or, ces trois affirmations sont fausses.
Dès février 2025, certaines pratiques d’intelligence artificielle jugées inacceptables sont interdites et les organisations doivent former leurs équipes.
En août 2025, les obligations relatives aux modèles d’IA à usage général entrent en application.
En août 2026, la majorité des exigences devient effective. Et ce n’est qu’à l’horizon 2027 que l’ensemble des règles sera pleinement déployé. Dans ce contexte, la conformité ne peut plus être pensée comme un exercice ponctuel.
Elle devient un processus continu. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit une initiative portée par l’Observatoire de l’Intelligence Artificielle (OIA), fondé par Wald Maâlam.
Une plateforme de conformité au règlement européen sur l’IA, conçue non comme un outil supplémentaire, mais comme une réponse opérationnelle à une question stratégique : comment transformer une contrainte réglementaire en capacité de pilotage ?
La plateforme permet de générer automatiquement les documents exigés par le règlement — analyse des risques, documentation technique, audit de conformité.
Elle couvre seize secteurs d’activité, est accessible en plusieurs langues et permet une appropriation large. Une organisation peut, en renseignant quelques informations clés, obtenir en un clic une évaluation de son niveau d’intégration de l’intelligence artificielle dans ses processus automatisés.
Cette évaluation permet de se situer, de se comparer et d’accéder à des statistiques actualisées. Autrement dit, elle transforme la conformité en outil d’intelligence décisionnelle.
Mais l’impact du règlement dépasse largement l’Europe. Pour les startups et entreprises marocaines et africaines, les conséquences sont majeures. Le règlement impose des standards qui deviennent des références internationales.
Ainsi, une entreprise peut être concernée sans être située en Europe. D’un côté, un risque d’exclusion pour les structures incapables de répondre à ces exigences.
De l’autre, une opportunité stratégique pour celles qui sauront intégrer la conformité comme levier de montée en gamme.
Car le règlement encadre les usages. Il ne crée ni intelligence, ni souveraineté. Une organisation peut être conforme… et rester dépendante.
C’est ici que réside le risque majeur : confondre conformité et maîtrise. Dans les années à venir, la ligne de fracture passera entre ceux qui comprennent leurs systèmes… et ceux qui s’y conforment.
Dans un atelier, respecter les règles ne fait pas de vous un maître. Ce qui fait le Maâlam, c’est la compréhension du geste. L’intelligence artificielle n’échappe pas à cette règle.
Par Dr Az-Eddine Bennani.












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