Une motion législative citoyenne, lancée discrètement, pourrait remettre sur la table un dossier longtemps évité.
L'objet : permettre aux descendants de juifs marocains émigrés de recouvrer la nationalité de leurs ancêtres. Vingt mille signatures manquent encore pour que la pétition franchisse le seuil parlementaire. Le débat, lui, est déjà engagé.
Le Maroc compte une diaspora juive estimée entre 700 000 et un million de personnes à travers le monde, principalement en Israël, en France, au Canada et en Amérique latine. Ces familles ont quitté le pays par vagues successives, à partir des années 1950, pour des raisons à la fois géopolitiques, économiques et identitaires. Le lien affectif n'a jamais été rompu, comme en témoignent les pèlerinages annuels, la transmission linguistique du darija et l'attachement aux saints judéo-marocains.
La Constitution de 2011 a inscrit le judaïsme comme l'une des composantes de l'identité marocaine plurielle. Le geste fut salué. Mais l'on peut se demander si cette reconnaissance symbolique trouve une traduction juridique concrète. Le Code de la nationalité, dans sa rédaction actuelle, n'offre pas de voie simplifiée à ces descendants, contrairement à ce que l'Espagne et le Portugal ont pu mettre en place pour leurs propres diasporas séfarades.
Les enjeux dépassent la seule dimension mémorielle. Économiquement, la diaspora représente un réseau d'investisseurs, d'entrepreneurs et de chercheurs déjà très impliqués dans le développement du pays.
Diplomatiquement, à l'heure où les relations entre Rabat et Tel-Aviv évoluent dans un contexte régional sensible, le geste serait fort. Politiquement, il rouvrirait des conversations que certains préfèreraient laisser closes.
Reste à savoir si le Parlement aura le courage de se saisir du sujet. Ou si la pétition mourra, comme tant d'autres, dans un tiroir administratif.
Le Maroc compte une diaspora juive estimée entre 700 000 et un million de personnes à travers le monde, principalement en Israël, en France, au Canada et en Amérique latine. Ces familles ont quitté le pays par vagues successives, à partir des années 1950, pour des raisons à la fois géopolitiques, économiques et identitaires. Le lien affectif n'a jamais été rompu, comme en témoignent les pèlerinages annuels, la transmission linguistique du darija et l'attachement aux saints judéo-marocains.
La Constitution de 2011 a inscrit le judaïsme comme l'une des composantes de l'identité marocaine plurielle. Le geste fut salué. Mais l'on peut se demander si cette reconnaissance symbolique trouve une traduction juridique concrète. Le Code de la nationalité, dans sa rédaction actuelle, n'offre pas de voie simplifiée à ces descendants, contrairement à ce que l'Espagne et le Portugal ont pu mettre en place pour leurs propres diasporas séfarades.
Les enjeux dépassent la seule dimension mémorielle. Économiquement, la diaspora représente un réseau d'investisseurs, d'entrepreneurs et de chercheurs déjà très impliqués dans le développement du pays.
Diplomatiquement, à l'heure où les relations entre Rabat et Tel-Aviv évoluent dans un contexte régional sensible, le geste serait fort. Politiquement, il rouvrirait des conversations que certains préfèreraient laisser closes.
Reste à savoir si le Parlement aura le courage de se saisir du sujet. Ou si la pétition mourra, comme tant d'autres, dans un tiroir administratif.












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